Le conseil municipal de Sainte-Brigitte-de-Laval a mandaté une firme spécialisée de faire état de la gestion de l'ancien directeur général Gaétan Bussières.

L'ex-dg de Sainte-Brigitte-de-Laval sévèrement critiqué dans un rapport

Le style de gestion de l'ancien directeur général de Sainte-Brigitte-de-Laval Gaétan Bussières est sérieusement critiqué dans un rapport confidentiel de neuf pages dont Le Soleil a obtenu copie.
<p>Gaétan Bussières</p>
À la suite du départ de M. Bussières de la ville, le conseil municipal a mandaté une firme de capital humain des entreprises, Synergica, afin de faire état de l'ambiance de travail et de l'efficacité des troupes au boulot chez les cadres, les cols blancs et dans le département des travaux publics, notamment. Le constat de l'auteur du rapport, Gordon Bouchard, est sévère à propos de l'ancien dg, congédié par le conseil municipal le 20 janvier.
«Les obstacles à l'efficacité et au moral des cadres [...] démontrent des lacunes importantes sur le plan de la gestion de la part du directeur général», écrit M. Bouchard, dans son document de neuf pages. «En effet, les exemples d'abus de pouvoir et d'absence de communication, de motivation, de valorisation, de travail d'équipe, d'équité, de respect, d'organisation et de résolution de problèmes représentent des déficiences majeures en gestion du personnel et des opérations.»
Pour rédiger son rapport, M. Bouchard a rencontré différents employés et cadres de la municipalité. Il a dégagé plus de 80 obstacles à la productivité des cadres et des cols blancs, dont plusieurs touchent la gestion qu'exerçait M. Bussières alors qu'il était en poste.
Des membres de la haute direction près de M. Bussières «semblaient jouir d'un appui et d'une liberté supérieurs et d'une certaine complicité avec le directeur général», notamment en ce qui a trait à l'octroi des vacances et des congés.
Des fonctionnaires ont dénoncé les «absences répétées du directeur général et d'autres cadres qui faisaient partie de son cercle privilégié» et le fait que M. Bussières n'était pas accessible.
Peur de parler
Certains cadres ont affirmé avoir peur de parler dans les comités de gestion, de peur de se faire réprimander par la garde rapprochée de M.Bussières. Souvent, des réunions entre cadres et le dg étaient annulées ou remises à la dernière seconde.
Les employés ont aussi souligné le «manque de respect en général de la part du directeur général et du directeur des services juridiques», Me Sylvain Déry, qui a aussi été congédié récemment par le conseil municipal.
Les directives de l'ex-dg n'étaient pas claires et certains fonctionnaires ont aussi reproché «l'absence d'écoute et d'ouverture de la part du directeur général». Les cadres n'étaient pas soumis à des évaluations régulières.
Dans l'espace du rapport réservé aux cols blancs, on parle encore des absences répétées de certains cadres «qui travaillent hors du bureau et dont on ne connaît pas les allées et venues», et qui ne sont donc pas disponibles pour répondre aux questions des employés. On revient aussi souvent avec la perception que les fonctionnaires ont peur de perdre leur emploi.
Dans ses recommandations, M. Bouchard affirme que le prochain directeur général à temps plein devra «adopter une forte présence en tant que gestionnaire responsable de la culture et de l'efficacité de l'organisation pour éliminer les abus de pouvoir, les attitudes négatives, le travail en silo et les paroles intimidantes», et devra éviter de travailler à la maison, pour assurer le bon fonctionnement des opérations et pour servir d'exemple pour les autres employés.
«Le directeur général doit traiter tous les cadres également» [...] et «créer une culture dans laquelle tous peuvent s'exprimer librement, sans craindre de se faire intimider ou de devenir le sujet de sarcasme».
M. Bouchard a aussi affirmé que selon les témoignages recueillis auprès du personnel, la vaste majorité des cadres et des fonctionnaires réalisent très bien leurs tâches.
Rappelons que Gaétan Bussières conteste son congédiement devant la Commission des relations du travail. Il a depuis été embauché à la municipalité de Shannon.
Bussières étonné
L'ancien directeur général de Sainte-Brigitte-de-Laval Gaétan Bussières a choisi de répondre par une déclaration écrite à la demande d'entrevue formulée par Le Soleil concernant le rapport de la firme Synergica. «Durant mes huit années comme directeur général, j'ai eu la chance de travailler avec une équipe exceptionnelle», a écrit M. Bussières, tard jeudi soir, dans un courriel.
«Ensemble, nous avons contribué de manière significative à la croissance et à l'essor de la ville de Sainte-Brigitte-de-Laval. Je suis fier d'avoir été membre d'une telle équipe. Je suis étonné des nouvelles allégations relatives à ma gestion des ressources humaines, d'autant que je n'ai jamais fait l'objet de critique, réprimande ou sanction de la ville au cours de la dernière décennie. Je ne m'étonne pas par ailleurs de cette campagne de salissage: je la perçois comme étant la continuité de ce qui est fait par la Ville depuis quelques mois.»
C'est la première fois que M. Bussières sortait publiquement depuis son congédiement de la municipalité, le 20 janvier.