Le maire de Lévis Gilles Lehouillier
Le maire de Lévis Gilles Lehouillier

Lévis planifie son rétablissement

Isabelle Mathieu
Isabelle Mathieu
Le Soleil
Le maire de Lévis Gilles Lehouillier veut voir sa ville tomber en mode rétablissement et mise sur l’accélération de certains travaux d’infrastructure pour participer à la relance économique. Il plaide aussi pour une réouverture rapide des plus petits commerces pour éviter une vague de fermetures définitives.

Le plan de rétablissement présenté jeudi matin par l’administration Lehouillier prévoit une remise en marche des activités municipales au gré du déconfinement progressif annoncé par le gouvernement provincial. 

Déjà, des travaux de réparation de nids-de-poule et de nettoyage sont en cours. Tous les parcs seront accessibles dès le 1er mai (sauf les structures de jeux) et l’éco-centre ouvrira ses grilles le 30 avril. «On veut assurer un retour à la normale des services de façon ordonnée et progressive, insiste Gaétan Drouin, coordonnateur à la sécurité civile. Et il faut qu’on soit prêt à revenir aux services essentiels uniquement, si jamais la santé publique nous le demande.»

Le maire Gilles Lehouillier n’en fait pas une cachette; il est de ceux qui croient que le gouvernement devrait rapidement élargir la palette des commerces qui peuvent ouvrir leurs portes, en respectant la distanciation sociale. «Si le confinement se poursuit, on va atteindre un moment critique pour les commerçants, martèle le maire Lehouillier. Il faudra alors s’attendre à un plus grand nombre de fermetures définitives.»

À Lévis, environ 80% commerces et entreprises sont fermés à l’heure actuelle. Presque 200 entreprises ont fait une demande d’aide financière à la Ville.

Un sondage mené auprès de 725 entreprises (sur les 4500 que compte le territoire) révèle que 6414 personnes ont perdu leur emploi depuis le début de la crise de la COVID-19 en mars et que 2300 autres pourraient subir le même sort.

Le maire Lehouillier est convaincu que si les grandes surfaces d’épicerie et de quincaillerie peuvent mettre en place des mécanismes pour assurer la sécurité de tous, les commerces et entreprises de proximité sont aussi capables de le faire.

Travaux en accéléré

Pour, dit-elle, participer à la reprise économique locale et régionale, la Ville de Lévis annonce l’accélération de certains travaux déjà prévus à son programme triennal des immobilisations. Elle cible en priorité la construction de la centrale de police et de la cour municipale (projet de 52,8 M$), dont elle adoptera le règlement d’emprunt lundi prochain. Ce projet municipal est un de ceux qui crée le plus d’emploi chez les sous-traitants, indique le maire.

Lévis va aussi bonifier de 31 M$ les projets de réfection de rues, bordures et trottoirs et prioriser les réfections d’aqueducs et d’égoûts. Certains projets, comme le prolongement de la rue Saint-Omer peuvent repartir immédiatement, dit le maire Lehouillier. Et comme les grands espaces verts risquent de devenir des lieux d’évasion pour les citoyens, la Ville de Lévis entend leur accorder un soin particulier de manière générale et faire l’aménagement du parc de la Pointe Benson (8,4 M$) en particulier.

À la lumière des informations venant des promoteurs, le maire de Lévis croit que la reprise passera aussi par la construction résidentielle. Selon les promoteurs, 183 unités résidentielles sont prêtes à être mises en chantier immédiatement et un total de 500 unités pourraient voir le jour d’ici la fin de l’année.

Dans le cadre du plan de relance, le directeur du développement économique Philippe Meurant a annoncé un programme de crédits de taxes foncières à la rénovation.

«On veut favoriser la multiplication des chantiers sur tout le territoire, notamment dans les vieux quartiers», explique M. Meurant.

Incertitude pour les camps de jour

La Ville de Lévis, comme plusieurs autres municipalités, souhaite que le gouvernement public fasse connaître ses lignes de conduite en santé publique d’ici le 15 mai afin de pouvoir planifier l’ouverture des camps de jour, si c’est bien sûr possible. Parce que si la norme de distanciation physique de deux mètres reste en vigueur pour les enfants, il sera très compliqué pour ne pas dire illusoire, dit le maire, de penser ouvrir les camps municipaux fréquentés par 2200 enfants ou le Patro (1000 enfants) et les camps privés du territoire.