Le vérificateur général de la Ville de Lévis, Yves Denis, a déposé lundi son rapport annuel au conseil municipal de Lévis.

Lévis planifie mal ses achats d’immeubles, selon son vérificateur général

La Ville de Lévis doit améliorer sa gestion d’acquisition d’immeubles pour éviter de se retrouver avec des bâtiments qui ne répondent pas à ses besoins et devoir investir des sommes importantes pour les adapter. De plus, elle doit mieux évaluer les coûts d’achat.

C’est le constat du vérificateur général de la Ville de Lévis, Yves Denis, contenu dans son rapport annuel déposé lundi au conseil municipal de Lévis. 

«L’approche utilisée par la Ville ne lui permet pas toujours de s’assurer qu’elle acquiert ses immeubles selon un besoin clairement défini et de façon économique», écrit-il dans son rapport.

M. Denis pose ce jugement après avoir retenu un échantillon de 10 acquisitions dites stratégiques, réalisées entre 2016 et 2018 d’une valeur de 8,4 millions $. Pour trois d’entre elles, d’une valeur de 3,8 millions $, il évalue que leur utilisation n’était pas «suffisamment définie».

Mais surtout, le vérificateur reproche à la Ville de manquer de planification lors de ces acquisitions. Il donne en exemple le cas d’un bâtiment acheté pour 550 000 $ et pour lequel la Ville prévoyait des travaux de 876 000 $. C’est près de trois fois plus cher que l’estimation initiale de 300 000 $.


« L’approche utilisée par la Ville ne lui permet pas toujours de s’assurer qu’elle acquiert ses immeubles selon un besoin clairement défini et de façon économique »
Extrait du rapport du vérificateur général de la Ville de Lévis, Yves Denis

D’autre part, même le prix payé et les indemnités versées aux propriétaires sont plus élevés que l’estimation de départ dans 7 des 10 dossiers à l’étude. 

Le vérificateur explique cette situation, en partie, du fait que la Ville agit souvent dans l’urgence, pointant encore une fois le manque de planification. Comme les ententes sont négociées rapidement dans un contexte de raccourcissement des échéanciers des travaux, la Ville se prive de son pouvoir d’expropriation, considère le vérificateur. Cela lui donnerait pourtant un levier supplémentaire pour faire des acquisitions à meilleur prix.

Malgré tout, M. Denis ne peut dire clairement qu’une gestion plus efficiente permettrait de faire des économies substantielles. Le problème semble plutôt surgir, en amont, de la mauvaise planification. Chose certaine, mieux planifier permettrait d’avoir moins d’écart entre le coût estimé d’un projet et son coût réel.

Changements à prévoir

«L’ensemble des recommandations sera pris en considération», a réagi le directeur général de la Ville, Simon Rousseau. «Les changements que nous apporterons feront en sorte que l’estimation prévue sera plus rigoureuse et cohérente. Nous devrons avoir une meilleure connaissance des coûts qu’implique l’acquisition d’un immeuble.»

D’autre part, il émet l’hypothèse que la forte croissance de la Ville ces dernières années a pu amener un plus fort volume d’acquisitions, et par le fait même, créer une pression sur les processus impliqués dans ces acquisitions.

«La Ville se transforme, c’est pourquoi il faut consolider cette gestion de projet. Le processus d’acquisition demande l’implication de plusieurs divisions. On veut éviter de procéder en silo. Il faut adapter notre façon de faire.»

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LE VIADUC DE SAINT-RÉDEMPTEUR INAUGURÉ LE 20 JUILLET

Les citoyens du secteur Saint-Rédempteur auront d’ici quelques jours une autre option que d’emprunter la route 116, avec l’ouverture le 20 juillet d’un nouveau viaduc attendu depuis plus de 20 ans, maintenant relié à la rue de Bernières.

Le maire Gilles Lehouillier était visiblement fier lundi d’annoncer la date d’inauguration, en marge du conseil municipal. L’infrastructure de 16,8 millions $, payée en totalité par la Ville, soulagera quotidiennement la route 116 de 8000 véhicules, la moitié de la circulation totale.

«C’est l’aboutissement d’un travail énorme. Dans l’ex-ville de Saint-Nicolas, on discutait déjà de la nécessité de ce nouveau lien», a lancé le maire, quelques minutes avant la séance du conseil.

«La 116 était un passage obligé. Il y a 15 000 véhicules qui y passent actuellement chaque jour. Elle est déjà sursaturée. C’est l’effet entonnoir», ajoute le maire, qui ne digère toujours pas le refus du précédent gouvernement libéral de financer une partie du projet alors qu’il permet d’alléger la circulation sur une route provinciale (116).

Report de huit mois

Le viaduc devait ouvrir à la circulation en 2018, mais l’instabilité des sols a obligé d’en reporter l’ouverture de huit mois pour laisser le temps au sol de se «tasser». Les ingénieurs évaluent que le sol pourrait encore bouger de 45 millimètres sur 75 mètres, ce qui est considéré comme négligeable.

L’an prochain, la phase deux de ce grand chantier consiste à réaménager la rue de Bernières en boulevard urbain. Un projet évalué à 14 millions $. La Ville de Lévis a d’ailleurs adopté lundi une résolution pour demander au gouvernement du Québec de réaménager les bretelles de l’autoroute Jean-Lesage où mène la rue de Bernières, afin d’accueillir les milliers de véhicules qui devraient maintenant y défiler.