Plusieurs ont embelli leur balcon en y accrochant une grande variété de bacs à fleurs.

Les ruelles vertes dans Limoilou, un succès florissant

Un bac à fleurs par-ci, un dessin sur le bitume par-là. Une pousse de vigne plus loin, des tomates en pot en face. Rien de grandiose. Nature Québec est néanmoins satisfaite de son projet pilote À vos ruelles vertes qui a guidé quatre cohortes de citoyens de Limoilou dans le verdissement de leur ruelle durant l'été.
Nous avons écrit «leur» ruelle, mais ces voies arrière caractéristiques de quelques quartiers centraux appartiennent plutôt à Revenu Québec. Une particularité de la capitale.
N'empêche, certains riverains veulent se les approprier pour les embellir, y réduire la circulation automobile. S'offrent alors deux choix : se regrouper, élaborer un projet d'une certaine envergure et faire une demande subvention à la Ville de Québec qui épongera jusqu'à 75 % de la facture; ou contacter Nature Québec qui les aidera à se mobiliser, les guidera dans la réalisation d'aménagements simples.
Pour Gabriel Marquis et Noémie Brazeau-Béliveau, de Nature Québec, les résidents préfèrent les bacs de végétaux qui limitent la circulation automobile dans les ruelles.
Pour cette première année de son projet qui vise notamment la lutte aux îlots de chaleur, l'organisme a donc sélectionné quatre interventions. Sont ainsi nées La ruelle des casseroles (une référence à un été de contestation bruyante), La ruelle parminous (dans le sens de minous qui déambulent en nombre) et Les jardins de Limoilou.
Regrouper les voisins
Alors, ça ressemble à quoi une ruelle verte? Ça ressemble à un lieu où les voisins se sont regroupés; ont sorti de leurs remises des planches inutilisées, des palettes de bois, de vieux bancs; ont fait une corvée pour nettoyer, peindre, planter. C'est donc d'une envergure humaine. Simple.
Côté verdure, il faudra attendre que les plantes poussent pour saisir le changement. Des vignes sur les clôtures, d'autres sur les poteaux d'électricité [même si Hydro-Québec déconseille fortement cet usage]. Des lilas, aussi.
Dans la ruelle Les jardins de Limoilou, les résidents ont créé ces panneaux qui indiquent où demeurent les enfants.
Autre chose? Quelques fleurs en pot permettent de bloquer la circulation de transit; des bancs favorisent les rencontres. Là où des artistes participaient, des jeux pour enfants ont été peints au sol. Ailleurs, une citoyenne a prêté son stationnement pour y installer une maisonnette pour les petits du coin, un autre a prêté le sien pour y installer un jardin collectif en sacs de géotextile.
Certains aménagements n'ont rien coûté, fait valoir notre guide du jour, l'agente de projet Noémie Brazeau-Béliveau. «Tout le monde s'est aidé.»
Et qu'ont-ils le plus apprécié, les citoyens qui verdissent les ruelles? «Les bacs de végétaux pour limiter la circulation automobile, ça a été un gros succès», avance-t-elle. Les résidents, surtout les enfants, se sentent plus en sécurité. Et il y a moins de pollution sonore.
Satisfaite de cette expérience, Mme Brazeau-Béliveau espère poursuivre le programme. «On aimerait que le projet devienne permanent. Pour l'instant, c'est juste à Québec, mais on aimerait l'étendre à d'autres villes.»
Intéressés? Il faut contacter Mme Brazeau-Béliveau : 418 648-2104 ou par courriel à noemie.brazeau-beliveau@naturequebec.org.