Le projet d'un promoteur de construire 20 logements dans la maison Béthanie a récemment été bloqué par référendum.

Les résidents tranchent sur l'avenir de la Maison Béthanie

Les résidents du Quartier latin du Vieux-Québec tranchent aujourd'hui du sort de la Maison Béthanie. Le référendum tenu jusqu'à 20h vise à déterminer si oui ou non le promoteur immobilier Gilbert Trudeau se verra accorder le changement de zonage nécessaire à son projet immobilier de 20 logements.
La Maison Béthanie, ancienne demeure des Soeurs du Bon Pasteur, a pignon sur rue dans le Quartier latin depuis 1878. Le bâtiment est inhabité depuis deux ans et le promoteur Gilbert Trudeau, qui s'en est porté acquéreur, veut faire de l'endroit un immeuble de 20 logements. 
Or, le zonage actuel limite à 12 logements, comportant un minimum de deux chambres, le potentiel développement. L'administration municipale a donné son accord au changement de zonage, mais conformément au règlement de la ville, une pétition qu'ont ratifiée 140 résidents du quartier a forcé la tenue d'un référendum municipal sur la question. 
C'est que plusieurs résidents du quartier estiment qu'un immeuble de 20 petits logements attirera les touristes, et non des familles comme il le désire, handicapant ainsi la vie de quartier. L'absence de stationnement dans le projet immobilier inquiète également. 
En point de presse devant la Maison Béthanie, dimanche matin, la chef de l'opposition à l'Hôtel de ville, Anne Guérette, a réitéré son appui aux citoyens du Quartier latin s'opposant au changement de zonage. Elle en a également profité pour saluer la tenue du référendum. «Pour nous, à Démocratie Québec, le processus référendaire est fondamental. On sait très bien que le maire sortant et son équipe veulent abolir le processus référendum. Nous, nous voulons conserver ce levier qui aide à prévenir contre les abus potentiels et le manque d'écoute des élus.»
«Quand on vient comme voisin dans le Quartier latin ou le Vieux-Québec, on ne peut pas faire les choses de la même façon qu'en région. On est tous collés les uns sur les autres ici», lance pour sa part Christian Beaulieu, un voisin de la Maison Béthamie qui a milité dans les derniers mois contre le changement de zonage. 
Estimant qu'un compromis aurait pu être atteint avant de se rendre à un référendum, ce dernier reproche au promoteur beauceron Gilbert Trudeau le manque de dialogue avec les résidents du quartier. «Sans se parler, on ne peut pas trouver des points d'entente, des compromis. J'ai assisté à des rencontres et à des conseils de quartier. On a posé des questions et le promoteur est resté les bras croisés. On s'est fait dire que nos questions n'étaient pas bonnes et l'on arrive où l'on en est aujourd'hui. Pourtant, on n'est pas contre un développement immobilier.»
Rappelons qu'en mai, la vice-présidente du comité exécutif de la ville de Québec, Julie Lemieux, avait défendu le projet de Gilbert Trudeau dans une lettre ouverte publiée dans les pages du Soleil. «Des cellules de religieuses ne se transforment pas si facilement en grand appartement pour les familles lorsqu'on souhaite préserver leur cachet. Je suis choquée que des voisins de cet immeuble fassent déjà des procès d'intention au propriétaire en laissant sous-entendre qu'il pourrait louer les petits logements pour de l'hébergement illégal», écrivait-elle. 
Le résultat du référendum devrait être dévoilé dans l'heure suivant la fermeture du scrutin, à 20h.