Vendredi, la direction de la radio communautaire montréalaise CIBL a mis à pied l’ensemble de ses employés, en raison d’une situation financière très difficile.

Les radios communautaires de Québec s’en sortent bien

Les radios communautaires de Québec sont touchées par le sort incertain de la radio CIBL, à Montréal. Même si elles sont pour le moment en bonne santé financière, elles soutiennent que faire de la radio communautaire en milieu urbain est tout un défi.

«On est toujours attristés quand on voit un membre qui est en difficulté. Ils ont pris une décision qui n’est pas facile, mais c’est un geste qui veut aussi dire qu’ils veulent s’en sortir, au lieu d’abandonner», exprime Tanya Beaumont, directrice de la programmation à CKRL (89,1) et présidente de l’Association des radios communautaires du Québec.

Vendredi, la direction de CIBL a mis à pied l’ensemble de ses employés, en raison d’une situation financière très difficile, qui l’empêche de poursuivre ses activités. Les 13 employés licenciés ont toutefois reçu au cours de la fin de semaine un grand nombre de messages de soutien de la part de membres et d’auditeurs de CIBL, ce qui les pousse à se mobiliser. Dans une lettre, ils ont indiqué lundi vouloir sauver la station et réaffirmer sa mission. 

Mme Beaumont explique que la situation financière des radios communautaires au Québec est très variable. En région, ces radios sont souvent seules dans leur marché et brassent de bonnes affaires. Par exemple, Radio-Gaspésie ou CIHO dans Charlevoix sont devenues des médias incontournables de leur région. 

En milieu urbain toutefois, la compétition est forte avec les radios privées et tous les autres médias. «On a le mandat de faire autre chose, d’aller ailleurs, dans des styles marginaux», explique Mme Beaumont. Les revenus publicitaires de ces radios sont bas et elles doivent davantage compter sur des subventions des gouvernements fédéral et provincial, de même que sur des donateurs. 

Reste que ce type de radio réussit à aller chercher des auditoires. «C’est malheureux, mais les crises du genre font prendre conscience à la communauté que c’est important le travail qu’on fait», lance Mme Beaumont. 

«Le financement, un combat incessant»

CKRL a connu des années difficiles au début des années 2000, mais elle a réussi à se relever, employant aujourd’hui huit personnes et comptant sur une équipe de plusieurs bénévoles. 

CKIA (88,3) a quant à elle vécu une situation très semblable à celle de CIBL en 2010. Les administrateurs ont renvoyé tous les employés et un comité de relance a tenu la station à bout de bras durant quatre ans. CKIA a réussi à réembaucher des employés à partir de 2014 et en compte cinq aujourd’hui.

«Le financement, c’est un combat incessant, mais c’est un combat important», exprime la directrice générale Lorinne Larouche. Selon elle, le défi est de produire des émissions de qualité en comptant sur une équipe restreinte de bénévoles, souvent instable. «Il y a un équilibre qu’il faut essayer d’atteindre. Soit de faire une radio qui soit écoutable, tout en gardant les portes ouvertes à tous et chacun», explique Mme Larouche. 

Comme les autres joueurs, les radios communautaires offrent leur contenu en direct sur le Web ou en baladodiffusion, mais ces nouveaux supports demandent des investissements importants. 

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LA RADIO COMMUNAUTAIRE EN CHIFFRES

  • 35 stations, réparties dans 16 régions du Québec
  • 12 M$ de chiffre d’affaires annuel
  • 225 emplois

Source : Association des radios communautaires du Québec