Autrefois volontaires, les pompiers de Shannon reçoivent un salaire depuis le mois de février.

Les pompiers de Shannon bientôt syndiqués

Quelques semaines après la démission fracassante de leur chef et une réunion houleuse avec le nouveau conseil municipal, les 33 pompiers à temps partiel de la municipalité de Shannon sont en voie d’obtenir l’accréditation au Syndicat des pompiers du Québec, affilié à la FTQ.

Le pompier Marc Gagnon, président de la section locale, n’a pas voulu préciser les raisons qui avaient mené à la demande. «Compte tenu des circonstances de 2017, les pompiers ont préféré se syndiquer», a-t-il simplement déclaré au Soleil, ajoutant que tout devrait être officiel d’ici un mois.

Autrefois pompiers volontaires, les sapeurs de Shannon reçoivent un salaire depuis le mois de février. Leur chef Claude Langlois a cependant démissionné avec fracas le 6 décembre après que le directeur général de la Ville ait accusé ses officiers d’insubordination, de manque de loyauté et de désobéissance à la suite d’une réunion avec le nouveau conseil municipal élu le 5 novembre.

Le service de protection contre les incendies de Shannon était aussi au centre d’un conflit avec les pompiers de la base militaire de Valcartier concernant la couverture de la route de la Bravoure et des logements familiaux et des écoles situés à l’extérieur du territoire de la base. Le nouveau maire, Mike James Noonan, a déclaré que le conflit était réglé quelques jours après la démission de M. Langlois.

Marc Gagnon a cependant refusé de faire le lien entre ces événements et la demande de syndicalisation. «Je préfère ne pas commenter là-dessus...», a-t-il brièvement déclaré.

Le maire Noonan a refusé d’accorder des entrevues sur le sujet, préférant réagir par voie de communiqué de presse. «Le maire de Shannon accueille favorablement la récente demande d’accréditation syndicale qui touche le Service des incendies de Shannon [...] et entend respecter toutes les étapes qui mèneront à l’adoption d’une première convention collective. Le syndicat peut compter sur la bonne foi et l’entière collaboration de la Ville», déclare-t-il.

Sécurité

De son côté, le président du Syndicat des pompiers du Québec, Daniel Pépin, a indiqué au Soleil que la demande d’accréditation avait été déposée le 14 décembre, soit six jours après la démission du chef Langlois et 15 jours après la fameuse réunion avec le conseil.

«Tous les papiers sont entrés au ministère, il reste la question de la vérification de la majorité qui ne devrait être qu’une formalité, d’autant plus que la demande n’est pas contestée par l’employeur. Une fois l’accréditation accordée, ce qui devrait arriver en janvier, on se met en marche pour la négo», a-t-il expliqué.

Le Syndicat des pompiers du Québec représente environ 3800 pompiers à temps partiel de 170 villes du Québec sur les quelque 16 000 à 18 000 que compte la province. «Ce que recherchent la plupart des pompiers à temps partiel qui demandent à se syndiquer, ce sont surtout des clauses de sécurité d’emploi, des assurances et des clauses de sécurité au travail au cas où ils devraient arrêter temporairement leur travail régulier en raison d’une blessure subie en tant que pompiers», résume M. Pépin.