Les cochers ont dû revoir leurs tours de ville puisque même les plus courts faisaient le détour par les plaines d'Abraham.

Les Plaines interdites aux calèches

La Commission des champs de bataille nationaux (CCBN) interdit désormais aux calèches de circuler sur les plaines d’Abraham, car les passages répétés des véhicules hippomobiles creusent des ornières dans la chaussée. La Ville de Québec, qui avait l’habitude de faire les réparations, refuse de s’exécuter avant de faire le compte des interventions à réaliser en terrain fédéral.

Les propriétaires de calèches ont été avisés à la fin de l’automne de ce changement important. Depuis, des panneaux d’interdiction ont fait leur apparition. Les cochers ont dû revoir leurs tours de ville puisque même les plus courts faisaient le détour par les Plaines. Ils déplorent que les touristes soient privés d’un beau paysage et d’un grand pan de l’histoire de Québec.

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«On a toujours été sur les Plaines. On en a réellement besoin», dit Danny Doyle, propriétaire des Calèches du Vieux-Québec, qui conduit des calèches depuis 1974. Pour lui, un tour de ville n’est pas complet sans une vue du champ de bataille où Anglais et Français se sont disputé le territoire au XVIIIe siècle. 

«C’est un attrait important pour les touristes. Si on n’y a plus accès, ça crée un préjudice. Malheureusement, on n’a pas un gros pouvoir de négociation», ajoute Jean-Pierre Martin, porte-parole de Calèches Québec. 

La Commission des champs de bataille nationaux et la Ville de Québec sont en effet seules à la table pour régler ce différend. 

Des panneaux d’interdiction ont fait leur apparition sur les Plaines.

L’organisation fédérale a demandé à la Ville de refaire le pavage comme elle s’y astreignait par les années passées, selon le principe d’utilisateur-payeur en vigueur dans le parc. Ce sont toutefois les caléchiers qui ont tiré la sonnette d’alarme, affirme Nathalie Allaire, porte-parole de la CCBN. «Ils se sont inquiétés, car ça [les ornières] peut être dangereux pour eux et leurs clients. Ce n’est pas idéal non plus pour nos usagers qui prennent des marches», détaille-t-elle. «Ce n’est pas un caprice, c’est une question de sécurité.»

Mme Allaire soulève également l’argument de «l’équité», car toutes les organisations qui tiennent des activités sur les Plaines ont l’obligation de remettre les lieux en état. 

La Ville de Québec insiste pour sa part sur le fait que la décision d’interdire les calèches «a été entièrement prise par la CCBN». 

Pas d'entente-cadre

«La Ville a constaté qu’il n’y avait jamais eu d’entente-cadre entre elle et la CCBN pour les diverses interventions qu’elle fait sur son territoire. Considérant que le territoire des plaines d’Abraham est un terrain fédéral n’appartenant pas à la Ville, nous en sommes venus à la conclusion qu’une entente doit être convenue entre les parties avant d’y exécuter des travaux. L’objectif de cette entente est entre autres d’identifier les travaux à effectuer, convenir des rôles et responsabilités et convenir du partage des coûts», explique David O’Brien, conseiller en communication. 

Parmi les interventions municipales en territoire fédéral, notons les travaux d’aqueduc, le nettoyage des rues, l’entretien hivernal et la réparation du pavage justement. 

La Ville espère arriver à une entente «dans les prochains mois». La CCBN ne s’avance pas sur un échéancier. Elle indique simplement que les calèches seront interdites tant que la chaussée ne sera pas réparée.