Paradis des amateurs d'activités de plein air, les plaines d'Abraham sont annuellement le théâtre de près de 250 évènements.

Les Plaines affichent complet

Festival d'été, Carnaval, Pentathlon et autres utilisateurs des plaines d'Abraham ont versé plus d'un million $ en quatre ans pour utiliser le précieux parc. L'équilibre a été atteint, croit la présidente de la Commission des champs de bataille nationaux, Margaret Delisle. Et malgré les demandes croissantes, pas question d'augmenter le nombre de joueurs.
«Si on acceptait tout ce qui nous est demandé, le parc serait fermé 365 jours par année!» s'exclame Mme Delisle en entrevue au Soleil. Près de 250 événements ont lieu sur les plaines annuellement. «Il y a certainement plus d'événements et de demandes depuis dix ans», poursuit la présidente, selon qui l'immense îlot de verdure au coeur de Québec attire l'attention à l'international. 
«Le parc est fait pour donner à la population, ça a été créé pour ça en 1908. Mais il faut tenir compte de la mission de la Commisison des champs de bataille nationaux [CCBN], qui est de respecter le caractère commémoratif, historique, patrimonial, archéologique du parc tout en étant un grand parc urbain.» 
À cet égard, beaucoup de travail a été fait depuis 2012, année où Mme Delisle est entrée en poste. Après un été particulièrement occupé, notamment avec les mégaproductions de Roger Waters et de Madonna, elle avait juré que jamais plus les Plaines ne seraient assaillies de cette façon. Revenant sur cet épisode qui avait fait grand bruit dans les médias en raison de la réplique cinglante du maire Régis Lebaume, la présidente rappelle que c'est surtout l'équipement des productions qui l'avait dérangé parce qu'il entravait l'accès à la population. 
Un équilibre
La Commission et les différents organisateurs ont ainsi depuis trouvé des façons de collaborer afin que tout le monde y trouve son compte, explique-t-elle ajoutant qu'un équilibre a été trouvé. «Mais c'est toujours perfectible», tient à préciser l'ancienne mairesse de Sillery et députée libérale de Jean-Talon. 
La politique d'utilisation du territoire, entrée en vigueur en 2013, visait à mieux planifier l'usage des plaines. Selon une compilation obtenue par Le Soleil en vertu de la Loi d'accès à l'information, les plus grands organisateurs d'événements - soit une trentaine - ont versé à la CCBN plus de 1 million $ entre 2013 et 2016. Les montants perçus annuellement varient entre 200 000 $ et 350 000 $. Sans surprise, au cours de ces quatre années, ce sont le Festival d'été de Québec, le Carnaval de Québec, le Pentathlon des neiges et les organisateurs de la Fête nationale qui ont déboursé le plus pour avoir accès au parc pendant leurs événements respectifs. 
«Le but était que l'argent perçu soit remis dans le parc», souligne Margaret Delisle, qui dit mission accomplie à cet égard. La politique tombait à point nommé, dit-elle, puisque comme de nombreuses organisations fédérales, la Commission des champs de bataille nationaux a vu son budget être réduit au fil des années. 
Il est par ailleurs prévu que celle-ci soit revue en 2018, soit cinq ans après avoir été adoptée. La présidente juge que pour toute organisation qui se respecte, un tel exercice est nécessaire et sain. «Peut être qu'il n'y aura presque rien à ajuster, peut être qu'il y aura des points importants», affirme Mme Delisle, qui jure n'avoir aucune idée de l'issue de la révision.
Margaret Delisle sollicitera un deuxième mandat à la tête de la CCBN
Margaret Delisle a le goût de poursuivre son aventure à la Commission des champs de bataille nationaux, où son mandat de présidente arrivera à échéance le 12 juin. ­­­
Après cinq années mouvementées à la tête de la Commission des champs de bataille nationaux (CCBN), Margaret Delisle a le goût de poursuivre l'aventure. Elle sollicitera un deuxième mandat lorsque le sien arrivera à échéance le 12 juin prochain.
«J'aime ça! Ça bouge beaucoup», répond spontanément l'ancienne politicienne lorsque questionnée sur ses intentions au terme de son premier mandat. Mais Margaret Delisle devra être candidate à sa propre succession, puisque le gouvernement libéral s'est assuré, lorsqu'il est entré au pouvoir en 2015, qu'il n'y aurait aucune reconduction automatique pour ce type de poste afin de contrer les nominations partisanes. Le sien est bénévole et n'implique aucune rémunération. 
«Je vais devoir envoyer mon CV et être passée en entrevue», explique la septuagénaire très active et impliquée dans beaucoup d'autres organisations. Les cinq dernières années n'ont pas été de tout repos et ont commencé sur des chapeaux de roue avec le débat public entourant l'utilisation des plaines par les promoteurs de spectacles.
Encore du boulot 
Sous sa gouverne, la Commission a adoptée la Politique d'utilisation du territoire obligeant les organisateurs d'événement à payer pour occuper les plaines, ainsi que celle permettant aux agents de sécurité de donner des contraventions aux délinquants qui promènent leurs chiens sans laisse ou qui se déplacent en planche à roulettes. C'est également au cours des cinq dernières années que le dossier de l'utilisation de la côte Gilmour en hiver a été réglé et qu'un nouveau sentier pédestre et cycliste y a été inauguré. 
Malgré ces gros dossiers réglés, Margaret Delisle juge qu'il y a encore beaucoup de boulot, notamment pour démocratiser les plaines d'Abraham et impliquer davantage la population. «J'aimerais beaucoup mieux faire connaître leurs origines», cite-t-elle en exemple. Et si un nouveau mandat ne lui est pas confié, elle n'a aucune intention de retourner en politique. «Jamais! J'ai donné!» jure-t-elle.
Les Plaines en bref
Étude archéologique
Dans le cas où la Commission des champs de bataille nationaux (CCBN) voudrait agrandir les zones où les événements organisés sont permis, elle a fait réaliser une étude archéologique sur l'ensemble du parc des plaines d'Abraham pour identifier les zones qui seraient proscrites en raison de l'histoire qui se cache sous son sol. Trois principales zones «à risque» ont été identifiées, soit près de la promenade des Gouverneurs, à l'endroit où les Plaines arrivent à niveau avec le mur de la Citadelle, ainsi que sur le site des grands événements où se trouvent de petits monticules. «Il n'y a pas vraiment de surprise», souligne la présidente de la CCBN, Margaret Delisle. En 1992, d'importantes fouilles archéologiques avaient été menées tandis que cette fois, le travail a été accompli en surface avec l'aide de cartes.
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Côte Gilmour et sentier d'interprétation
L'ouverture à l'année de la côte Gilmour et l'aménagement d'un sentier d'interprétation qui serpente la falaise remplissent de fierté Margaret Delisle. «Nous recevons constamment des félicitations», affirme celle qui met de l'avant le  travail d'équipe réalisé dans ces dossiers complétés trois ans après leur annonce en août 2013. «Ce qui nous agaçait pour l'ouverture de la côte, c'était toute la question du trafic», rappelle-t-elle. Mais grâce à la collaboration avec la Ville de Québec, Mme Delisle est satisfaite du résultat. «Il n'y a pas d'autobus, pas de trafic lourd et les voitures ne circulent pas devant le musée», cite la présidente en exemple. De plus, toutes les normes environnementales ont été suivies à la lettre pour l'aménagement de la route, signale-t-elle.
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La tour Martello numéro 4
L'argent encaissé par la Commission des champs de bataille nationaux (CCBN) par l'intermédiaire de sa politique d'utilisation du territoire a notamment servi à réaliser d'importants travaux de restauration sur la tour Martello numéro 4, située dans le quartier Saint-Jean-Baptiste. Ceux-ci ont été complétés à l'automne. La quatrième ex-tour de défense, qui a pignon sur la rue Lavigueur entre les rues Philippe-Dorval et Félix-Gabriel-Marchand, était parfois louée pour une valeur symbolique, tandis que les deux autres servent de lieu de diffusion. Mais pour l'instant, la vocation de la tour retapée n'a pas été choisie,  explique Margaret Delisle. Rien n'est exclu, ni même de faire un appel au public pour des idées.
Les Plaines en cinq sommes
1 044 601,15 $ : Argent versé à la CCBN par les 27 plus importants organisateurs d'événement sur les plaines d'Abraham depuis quatre ans
84 454,83 $: Montant payé par le Festival d'été de Québec pour le spectacle d'AC/DC en 2015
306 532,74 $: Montant payé depuis quatre ans par le Festival d'été de Québec pour ses éditions de 2013, 2014, 2015 et 2016
34 379,73 $: Montant payé par le Carnaval de Québec en 2016 pour sa dernière présentation tenue sur les plaines d'Abraham avant de déménager de site
24 487 $: Montant payé par la Corporation d'événement d'hiver de Québec pour le Ski Tour Canada 2016