La nouvelle idée provient d’une tendance actuellement dans l’univers de la mode qui consiste à créer des plafonds artificiels ou flottants, en formes de parapluies ou d’accessoires du quotidien.

Les parapluies du Petit Champlain font tourner les têtes

Les fameux parapluies de la rue du Cul-de-Sac, dans le Quartier Petit Champlain, continuent de faire énormément jaser à Québec. Sur la toile, les photos du nouveau décor s’accumulent pour souligner l’effet unique qui est ainsi créé. Le projet contribue définitivement à assurer une visibilité à cette petite avenue «trop souvent oubliée» dans le secteur, selon la coopérative qui le gère.

«On est très contents, on ne s’attendait pas à un effet aussi fort», avoue d’emblée la directrice de la coopérative du Quartier Petit Champlain, Pascale Moisan. «L’effet que ça crée avec le soleil est assez hallucinant. Et c’est autant magnifique du haut de la ville que au sol, directement sur place.»

La nouvelle idée provient d’une tendance actuellement dans l’univers de la mode qui consiste à créer des plafonds artificiels ou flottants, en formes de parapluies ou d’accessoires du quotidien. «J’ai reçu tellement de photos d’amis et de citoyens qui nous en parlaient et qui imaginaient le concept vivre dans le quartier. Ça m’a plu.»

Le projet remplace cette année les boules colorées qui avaient été installées au même endroit en 2017. «On a ajouté les parapluies dans les mêmes couleurs pour garder une certaine uniformité et on a déplacé les boules à l’autre bout, dans le parc Petit-Champlain», poursuit la directrice. 

Nombreux sur place chaque jour, les touristes et les citoyens de Québec se prennent en photos par dizaines et dizaines depuis environ deux semaines, ce qui contribue assurément à attirer une nouvelle clientèle pour les commerces du coin. «On fait ça parce que la rue du Cul-de-Sac est oubliée, négligée, ajoute Mme Moisan. Tout le monde va sur Place Royale, sur Petit-Champlain, mais on ne passe pas par ici. On se disait qu’il fallait quelque chose de gros pour dévier l’itinéraire du public. Et ça a marché.»

«C’est bon pour les commerçants. Ils y trouvent leur compte, parce qu’évidemment, plus de gens, ça signifie aussi plus de visibilité», ajoute-t-elle.

Depuis l'installation des parapluies, un nombre beaucoup plus grand de gens passent par la rue du Cul-de-Sac, auparavant oubliée dans le quartier.

Réception unanime

Les quatre commerçants de la rue du Cul-de-Sac partagent tous à peu près le même discours sur la question, à quelques exceptions près : les parapluies ont un impact positif, mais pas toujours sur les ventes en particulier.

«C’est certain que ça attire l’oeil, ça prend des photos et les gens nous posent des questions. C’est plaisant, mais je ne trouve pas que ça ait vraiment amené plus d’achalandage au niveau des ventes ou au niveau de mon commerce», concède à ce sujet la gérante de Bilodeau, spécialisé dans les vêtements de fourrure et de nature.

Pour Andrew Murphy, propriétaire du resto-pub Q-de-Sac, les parapluies ont un impact plus que positif sur ses ventes. «Ça amène beaucoup de curieux au restaurant, et c’est un super décor pour la rue qui est un peu méconnue dans le quartier. À ce temps-ci de l’année, c’est toujours une bonne saison, mais là, c’est encore mieux que les dernières années.»

Il estime à ce sujet que l’impact des parapluies se fait ressentir sur les réseaux sociaux, mais aussi dans la rue. «C’est beaucoup plus fort qu’avec les ballons l’an dernier, ça c’est sûr. On nous en parle constamment», lance-t-il.

Comme plusieurs autres, une touriste se prend ici en photo devant les parapluies de la rue du Cul de sac.

Le G7, l’ennemi du commerçant 

Joint par téléphone, le propriétaire de la Fudgerie, autre établissement de la rue du Cul-de-Sac, affirme ne pas être en mesure d’évaluer l’impact des parapluies, à peine deux semaines après la tenue du G7.

«Ce sommet-là a baissé considérablement nos chiffres d’affaires à mes collègues et à moi, parce qu’il n'y avait personne dans les rues, indique-t-il. Comme les parapluies sont arrivés deux semaines avant le G7, c’est difficile de dire si on ressent vraiment encore des effets positifs.»

L’homme d’affaires, qui détient aussi une succursale dans Charlesbourg, voit toutefois le projet comme une excellente idée. «C’est très cute pour les gens qui passent, c’est concept, et c’est tant mieux s’il se prend énormément de photos, ajoute-t-il. On véhicule une belle image avec ça.»

Même son de cloche pour le propriétaire du Pape Georges, Philippe Tremblay, qui voit en l’installation de ces parapluies un sujet de discussion profitable pour tous. «Ça fait jaser, et ça éclaire la rue. On sent que ça crée un lien avec les clients qui viennent nous voir par eux-mêmes. On apprécie vraiment et on trouve ça beau nous aussi.»

Le propriétaire se réjouit de plus du fait que les installations soient constamment bien entretenues. Quand le vent déplace un parapluie, le tout est rapidement réparé, dans la même journée. Deux employés sont d’ailleurs disponibles à temps plein pour surveiller l’état des parapluies. «Sans dire que c’est immense, ça prend une certaine organisation sur le terrain pour assurer la sécurité de tout le monde», confie à ce sujet Pascale Moisan.