Les maires réclament la loi avant les élections

Les maires du Québec veulent partir en campagne électorale avec en poche une loi sur l'autonomie municipale. Or le temps file et ils craignent d'être «victimes de stratégies parlementaires» qui reporteraient l'adoption de la pièce législative portant le numéro 122.
«Il semble qu'il y ait un problème au niveau des stratégies parlementaires. On a l'impression, si on écoute tout le monde, que cette loi-là ne sera pas votée avant l'été et pour nous autres, c'est inadmissible», a résumé lundi le maire de Québec.
Régis Labeaume était accompagné d'une quinzaine d'élus municipaux de la province, réunis pour une conférence de presse à l'hôtel de ville de Québec où ils ont réclamé l'adoption rapide du projet de loi instituant les gouvernements de proximité. Cette promesse libérale est en gestation depuis plusieurs années. 
Les maires font du projet de loi à l'étude une affaire personnelle. «On a l'impression que s'ils (les députés provinciaux) bloquent son adoption, c'est comme s'ils enlevaient cet élément-là du bilan de ceux qui sont élus et qui ont travaillé là-dessus. J'ai un problème là-dessus. Dans le fond, c'est un peu s'impliquer dans les campagnes municipales que de faire ça», a lancé M. Labeaume. 
Amplement de temps
Bernard Sévigny, président de l'Union des municipalités du Québec (UMQ), considère que les parlementaires ont amplement de temps pour venir à bout du texte de loi avant la relâche estivale le 16 juin. D'autant que plusieurs articles ont été étudiés pour Montréal et Québec, qui ont déjà leur loi respective. 
Celui qui est aussi maire de Sherbrooke a refusé de pointer un parti politique en particulier pour le climat actuel. «On n'est pas au niveau des reproches», selon lui, mais à un appel du pied pour que «l'ensemble des parlementaires travaillent ensemble». De la même façon, il ne veut pas dire s'il approuverait le recours au bâillon pour forcer la main des oppositions. 
Le projet de loi 122 implique plus d'autonomie et de nouveaux pouvoirs en aménagement du territoire et en urbanisme. Les règles d'adjudication des contrats sont également mises à jour avec une hausse des seuils pour tenir un appel d'offres. 
C'est toutefois la fin de l'obligation de tenir un référendum, advenant une contestation citoyenne sur les questions de zonage, qui a retenu davantage l'attention jusqu'à maintenant. 
M. Sévigny affirme que les politiciens provinciaux et les citoyens n'ont rien à craindre même si la forme des consultations qui remplaceront les référendums n'est pas encore déterminée. Une réflexion est en cours avec l'Institut du Nouveau-Monde et Vivre en ville. Le rapport est attendu le 1er juillet. 
«Faites-nous confiance même si ça arrive deux semaines après l'adoption de la loi. De toute façon, dans la loi, c'est clair : il n'y a pas de levée de l'approbation référendaire sans l'adoption d'un processus de consultation publique et on est en train d'y travailler», expose le président de l'UMQ.