Quelque 4000 manifestants venus de partout au Québec sont venus réclamer la fin des compressions dans les services sociaux mercredi autour de l'Assemblée nationale.

Les groupes communautaires cernent le parlement

Quelque 4000 manifestants de la mouvance communautaire venus de partout au Québec ont bruyamment encerclé l'Assemblée nationale mercredi pour crier leurs revendications aux élus : un meilleur financement pour assumer leur mission et la fin des compressions gouvernementales dans les services sociaux.
Dès le début de l'événement, il était évident que l'appel à la mobilisation avait été entendu. Même les deux gradés du Service de police de la ville de Québec assis dans leur camion, questionnés par Le Soleil, convenaient que l'évaluation de la foule faite par les organisateurs était tout à fait valide; ils n'ont eu qu'à compter le nombre d'autobus nolisés stationnés sur le boulevard René-Lévesque pour s'en convaincre. Ils étaient 4000.
Dans la foule, des banderoles de nombreuses régions du Québec. Et des représentants d'organisations fort variées. Des maisons des jeunes de la Gaspésie; le Comité logement du Plateau-Mont-Royal; les auberges du coeur ; un groupe de défense des droits des personnes vivant avec un handicap de Lanaudière; la Concertation des organismes communautaires de l'Abitibi-Témiscamingue...
Dès le début de l'après-midi, donc, les représentants des quelque 4000 groupes communautaires reconnus du Québec sont débarqués près du Grand Théâtre. Les marcheurs ont fait un détour par l'avenue Cartier avant de se diriger vers le Conseil du Trésor et l'Assemblée nationale sur la Grande Allée Est. Puis les participants ont symboliquement encerclé le parlement histoire d'interpeller les élus ; le thème de cette action : Vous êtes cerné.e.s.
«Depuis 15 ans, la situation des groupes communautaires ne fait que péricliter», dénonce Véronique Laflamme, une des porte-parole de la campagne Engagez-vous pour le communautaire. «Dans le dernier budget, alors qu'on avait des surplus records, on n'a même pas indexé le financement des groupes communautaires famille, des groupes communautaires en défense collective des droits, des groupes communautaires en environnement, en éducation...»
«Il y un problème actuellement», balance-t-elle. «C'est 475 millions $ qu'on revendique.»
«Tous les secteurs de l'action communautaire autonome sont ici présents au rendez-vous et très très mobilisés et très déterminés à obtenir des engagements d'ici le prochain budget», avertit à son tour une autre porte-parole, Caroline Toupin.
Les groupes communautaires réclament depuis plusieurs années un rehaussement de leur financement. Aussi une reconnaissance de leur rôle dans le maintien du filet social. Ils demandent en outre que le gouvernement cesse de sabrer les dépenses étatiques : «Les services publics et les programmes sociaux sont en péril. Que ce soit en réduisant les budgets, l'accès aux services et aux programmes, ou en privatisant, une entreprise de démolition est en cours et c'est la population qui en paie le prix», dixit le site Web http://engagezvousaca.org 
Soulignons que les oppositions à l'Assemblée nationale sont descendues dans la rue pour saluer les manifestants. Nous avons croisé une bonne délégation du Parti Québécois; les Agnès Maltais, François Gendron, Maka Kotto, Nicole Léger, Pascal Bérubé, Catherine Fournier, et Cie. Ainsi que (les très populaires auprès de la foule) porte-parole de Québec Solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois et Manon Massé; celle-ci nageait particulièrement dans son élément. François Legault est aussi passé... en coup de vent.
Les représentants des groupes communautaires n'entendent pas s'arrêter là. Déjà ils planifient une autre manifestation nationale, fin octobre, à Montréal.
Et un Manifeste pour une grève générale du communautaire vient d'être lancé sur les réseaux sociaux.
Au fait, les policiers de la Sûreté du Québec semblaient bien plus détendus que durant une récente manifestation des travailleurs de la construction! Plutôt que de sortir l'artillerie, ils étaient en habits plutôt relax et regardaient (presque) en souriant tout le monde grimper dans les autobus pour rentrer à la maison.