Walther et sa bande parcourront plus de 160 km sur leur bécane samedi, afin d’amasser des fonds pour les enfants victimes d’abus.

Les «gentils motards» dans les rues pour les enfants

L’intimidation et les abus laissent des traces sur la vie d’un enfant. Les motards du groupe Bikers against child abuse seront dans les rues de Québec samedi pour lancer un message clair : n’ayez pas peur de dénoncer, nous sommes là pour vous accompagner.

Le départ de la randonnée 100 miles de l’association B.A.C.A. se fera à 10h15 samedi de chez Prémont Harley-Davidson, et tous sont invités à y participer. 

«Tous les chapitres de B.A.C.A. dans le monde vont rouler pour les enfants cette journée-là. Les sous demeurent à B.A.C.A., c’est pour acheter des patchs pour les enfants, des toutous, des sacs à dos, c’est pour payer la ligne téléphonique d’assistance qu’on a pour les enfants. Les sous qu’on ramasse servent à ça, ça ne sert pas à mettre du gaz dans nos bicycles», assure Walther (tous les bikers utilisent un nom fictif pour protéger leur identité). 

Plus de 300 chapitres de B.A.C.A. existent dans près de 17 pays. Leur rôle est de créer un environnement sûr pour les enfants victimes d’agression physique, sexuelle ou psychologique. 

Il s’agit de la première randonnée organisée par le chapitre de Québec, fondé en 2018. Suivant la randonnée, une soirée festive est organisée au Centre communautaire du Plateau. Les billets sont vendus au coût de 20 $. 

«Le message qu’on veut passer, c’est vraiment qu’il ne faut pas avoir peur de dénoncer son agresseur. Le mal qu’ils font à un enfant, il est là pendant toute sa vie. Ça peut le détruire. On va souvent rencontrer des madames ou des messieurs plus âgés, et ils nous disent qu’ils sont encore marqués par leur agresseur et qu’ils auraient eu besoin de nous autres quand ils étaient jeunes», exprime Walther, président de l’association de Québec.

Présence nécessaire

Voilà un an que B.A.C.A. est présent dans la capitale. Ses membres déplorent que leur existence soit nécessaire.

«Le besoin, il est partout. Et ce que l’on sait, c’est seulement la pointe de l’iceberg. On ne peut pas nommer le nombre d’enfants qu’on aide à Québec, mais on est bien installés. On aimerait mieux que B.A.C.A. n’existe pas, mais la demande est là. On va être là pour tous les enfants qui en ont besoin, le maximum qu’on peut aider», indique aussi Walther.

Tous les motards de B.A.C.A. — de gentils motards, précisera Walther — sont membres bénévolement. Que ce soit un accompagnement en cour lorsque vient le temps de témoigner ou une présence devant la maison pour permettre au jeune de dormir en paix, les bikers seront en poste.

«On n’est pas là pour intimider un agresseur, on n’a pas le droit de rentrer en contact avec lui, même pas de le regarder. Ce qu’on fait c’est qu’on apporte un confort à l’enfant. Notre job, c’est de faire en sorte que l’enfant n’ait pas peur. On n’est pas des intervenants. Notre job à nous, c’est d’être présent», ajoute-t-il.

Est-ce que ces gentils motards font une différence? «On le vit, ça marche et ça fonctionne. Quand on prend un enfant sous notre aile, on voit le changement après la première rencontre. Quand on lui remet sa petite veste, il commence à grandir après cette journée-là. On lui redonne confiance.»

Il est possible de rejoindre l’association sur la ligne d’assistance (418 580-2131) en tout temps.