Les longues files pour monter à bord des voiliers n'ont pas refroidi les ardeurs de ceux qui patientaient sous un soleil de plomb.

Les géants des mers font fureur

«On veut être là pour dire qu'on y était, simplement.» Johanne et son conjoint Jacques sont de ceux qui n'ont pas attendu le coup d'envoi officiel mercredi pour s'immerger dans l'expérience des grands voiliers. Le couple les admire depuis mardi et le fera «fort probablement» jusqu'à leur départ dimanche.
Accostés dans le Vieux-Port, les 38 géants des mers font fureur. Jeudi, des centaines de curieux affluaient sur la promenade, se laissant charmer par les majestueux voiliers du Rendez-Vous 2017. «Les gens veulent s'en faire mettre plein la vue et ils en ont plein la vue», affirme, convaincue, la dame qui habite Lévis. 
Johanne et Jacques sortaient tout juste du Alexander Van Humboldt II quand Le Soleil les a accrochés pour savoir ce qu'ils pensaient de l'événement jusqu'à présent. «C'est très agréable, les gens sont en vacances et ça paraît», souligne la femme, qui promettait déjà d'être de retour sur les quais vendredi. Pas de fausse note, selon elle. 
Le couple a d'ailleurs expérimenté tous les moyens pour atteindre le site depuis Lévis. «Tout va assez bien», assure-t-elle, surtout les navettes et le traversier. Devant leur popularité, le Réseau de transport de la Capitale (RTC) a doublé jeudi le nombre de navettes, offrant des départs tous les 10 minutes plutôt qu'aux 20 minutes. 
Les longues files pour monter à bord des voiliers n'ont pas non plus refroidi les ardeurs de ceux qui patientaient sous un soleil de plomb. «C'est quinze à vingt minutes», a estimé un homme rencontré. «Ça va bien, c'est assez rapide», a lancé un couple de Boisbriand. Un seul bémol sur le nombre insuffisant d'espaces de stationnement, selon eux. 
«Nous avons pris une journée de congé pour venir ici. Nous avons traversé à pied par Lévis, mais impossible de se garer. Nous nous sommes finalement stationnés dans une rue assez loin du traversier», a déploré la dame. Mais qu'à cela ne tienne, la journée en valait la peine selon le couple, qui s'apprêtait à monter dans le Esmeralda
«C'est spécial, on ne les reverra pas», résume l'homme. De l'animation divertissait aussi ceux qui faisaient le pied de grue devant les voiliers. Ici, une petite saynète rappelant la Nouvelle-France et là, un groupe de six plongeurs-danseurs qui, armés de palmes et tuba, exécutaient une chorégraphie spontanée, au plaisir des passants qui s'arrêtaient. 
«C'est effervescent!»
Dans la Cour arrière du Festibière, les places pour faire trempette dans les bassins se faisaient rares. «La bière est bonne», a rigolé un trio de Québécois, qui prenait une pause «bien méritée» entre deux visites. Des dizaines d'autres ont eu la même idée désaltérante avec la grande chaleur qui chauffait la capitale, jeudi. 
«On a un gros achalandage, c'est effervescent, c'est festif», a résumé un serveur de l'endroit, Maxime. «Ça n'arrête pas. Les grands voiliers amènent beaucoup de monde et jusqu'à tard le soir. C'est vraiment plein de 11h à 23h. Habituellement, ça devient tranquille en soirée, mais là ce n'est pas le cas.»
Un peu avant 16h, heure où prennent fin les visites à bord des navires, la foule commençait seulement à se disperser. Un couple de croisiéristes de Brossard, qui voyage à bord du CTMA Vacancier vers les Îles-de-la-Madeleine, comptait bien pour sa part poursuivre son expérience, son escale se prolongeant jusqu'à 19h. 
«On vient tout juste d'arriver, c'est une belle surprise, on ne savait pas qu'il y avait ça», indique le monsieur. Toujours dans le secteur des écluses, les curieux laissaient place à des membres d'équipage, assez enthousiastes, qui étaient allés se ravitailler en prévision de la soirée. La musique et la fête n'étaient pas sur le point de s'éteindre.
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Des centaines de matelots s'éclatent dans le Vieux-Québec
Des centaines de matelots se sont bruyamment éclatés dans les rues du Vieux-Québec alors que les différents équipages des grands voiliers ont rivalisé d'originalité par leurs cris et leurs costumes pour amuser l'imposante foule venue les saluer.
Après avoir trimé dur en mer, il était temps pour les marins de lâcher leur fou sur terre. Les voiliers envahissaient déjà le port depuis trois jours. Jeudi après-midi, ils ont décidé d'investir également la ville.
La procession a quitté le port vers 14h et s'est terminée vers 15h à l'Agora par une remise de prix.
La parade des bateaux civils, colorée et festive, a joint celle des embarcations militaires, beaucoup plus rangée et officielle celle-là, vers 14h20 devant l'ancien bureau de poste rue de Buade.  Annie Mathieu