Sur la rue du Pont, la bande délaisse le trottoir pour guider les cyclistes au centre de la chaussée, entre les voies de circulation. Sans marquage vert, certains véhicules changent de voie en traversant la zone réservée aux vélos.

Les cyclistes toujours dans l’attente du marquage vert

Le tout premier SAS vélo qui devait apparaître cet été à Québec, aux coins des rues du Pont et Prince-Édouard, n’a toujours pas été aménagé, deux mois et demi après l’ouverture du réseau cyclable. La Ville renvoie la balle au sous-traitant, qui blâme un fournisseur.

Sur le site Web de la Ville, on laisse entendre depuis plusieurs semaines que le SAS a déjà été aménagé. Mais ce n’était toujours pas le cas vendredi.

Un SAS vélo est une zone marquée de couleur verte réservée aux cyclistes, qui peuvent ainsi s’installer à l’avant des véhicules à une intersection où il y a des feux de circulation. Il permet d’éviter les conflits entre les usagers de la route et facilite le virage sécuritaire à gauche pour les vélos, qui sont les premiers à s’élancer lorsque le feu tourne au vert.

Le SAS projeté à Québec, le premier dans la capitale, fait partie intégrante du très achalandé lien cyclable reliant la 3e Avenue, dans Limoilou, et le quartier Saint-Roch. 

L’an dernier, la bande cyclable, en direction sud (vers Saint-Roch), longeait le trottoir de la rue du Pont. L’aménagement créait un conflit entre les véhicules qui devaient tourner à droite sur Prince-Édouard et les cyclistes qui souhaitaient poursuivre leur chemin sur du Pont ou tourner à gauche.  

La version 2018 de la bande cyclable a causé une certaine confusion à l’ouverture du réseau, au mois de mai. La bande délaisse désormais le trottoir pour guider les cyclistes au centre de la chaussée, entre les deux voies de circulation vers le sud. Sans marquage vert, certains véhicules changent de voie en traversant la zone réservée au SAS.  

En temps normal, le revêtement qui caractérise un SAS permettrait aux automobilistes de distinguer clairement l’aménagement cyclable et de ne pas empiéter sur la zone réservée. À Montréal, où des SAS sont aménagés depuis 2011, il est interdit de circuler tant que le SAS n’est pas vide au feu vert et des contraventions peuvent être remises en cas de non-respect du marquage. 

La conseillère municipale de Limoilou, Suzanne Verreault, expliquait au Soleil, début juin, que la Ville avait «des difficultés» avec le fournisseur Scelltech, qui a décroché le contrat du SAS au montant de 24 000 $. Mme Verreault précisait que les travaux devaient se faire dans la première semaine de juin. 

Thermoplastique

Relancée par Le Soleil cette semaine, la Ville de Québec a expliqué que le sous-traitant avait des problèmes d’approvisionnement avec un fournisseur des États-Unis. «Le marquage en vert n’est pas fait en peinture, mais en thermoplastique, dont l’approvisionnement se fait en Caroline du Nord. Le thermoplastique permettra au marquage d’être plus durable», a expliqué Wendy Whittom, une porte-parole de la Ville.

Cette dernière a assuré que la sécurité des cyclistes n’était pas compromise par l’absence de signalisation. «Des observations terrains sont effectuées régulièrement ; elles ont démontré que la cohabitation entre les cyclistes et les automobilistes à cet endroit était adéquate.»

On assure à la Ville de Québec que le SAS devrait faire son apparition prochainement.