Le bâtiment sera érigé sur le terrain à l’angle nord-ouest du boulevard Pierre-Bertrand et de la rue des Rocailles.

Les coûts de la nouvelle centrale de police explosent

Le projet de construction d’une nouvelle centrale de police dans Lebourgneuf et la transformation de l’édifice F.X. Drolet en poste de quartier dans Saint-Roch passe de 40 à 72 millions $. L’espoir «exagéré» de réaliser un projet au plus faible coût expliquerait cette hausse vertigineuse.

«Je pense qu’on l’a fait entre nous autres sans en parler à la police et aux avocats. On en a échappé quelques-unes. Nos espoirs étaient vraiment exagérés», a admis le maire Labeaume lors de la présentation du budget lundi. Le plan triennal d’immobilisations prévoit un investissement de 72 millions $ d’ici 2020 plutôt que la quarantaine de millions annoncée en mai 2016. 

Jonatan Julien, vice-président du comité exécutif et responsable des infrastructures, explique que l’omission d’inclure certains équipements liés à la détention et à la sécurité explique principalement la hausse. Il précise aussi que le projet de 2016 était évalué à 50 millions $ et non pas 40 millions $ comme il avait été dit dans les médias. Un chiffre qui n’a pourtant jamais circulé. Que ce soit un ou l’autre, la hausse est quand même impressionnante.

«Mal ficelé»

D’autres sources contactées par Le Soleil estiment que le projet présenté il y a deux ans était à la base «mal ficelé». Le centre de détention initialement prévu dans l’édifice F.X. Drolet sera finalement construit à Lebourgneuf où seront regroupés les enquêteurs. Ce rapprochement, qui rendra la logistique plus efficace, oblige à revoir les plans de construction du bâtiment qui sera érigé sur le terrain de 15 000 mètres carrés à l’angle nord-ouest du boulevard Pierre-Bertrand et de la rue des Rocailles, voisin du quartier général de la Sûreté du Québec.

Autre changement, le site de formation, qui devait initialement déménager à Lebourgneuf, demeurera dans des locaux loués par la Ville, rue Saint-Sacrement. Une décision prise, semble-t-il, pour ne pas faire gonfler davantage la facture.

Passé inaperçu

Le chef du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ), Robert Pigeon, avait mentionné mardi dernier en conférence de presse que la nouvelle centrale de police allait coûter environ 72 millions $, mais sans préciser que le coût avait explosé.

«On a fini, nous, comme service de police, de recenser l’ensemble de nos besoins. Donc, on s’en va vers une centrale qui va nous coûter approximativement 72 millions $ si j’en crois les calculs de mon collègue du service de la gestion des immeubles», a-t-il dit. 

M. Pigeon avait également indiqué que la haute direction ne serait pas transférée à Lebourgneuf et allait rester au poste de police Sainte-Foy–Sillery–Cap-Rouge, à l’édifice Andrée-P.-Boucher, sur la route de l’Église.

Ce n’est pas ce qu’il aurait souhaité. «Mais à un moment donné, on est dans le monde du respect de la capacité de payer des citoyens, et on a dû faire des choix. Donc, on va rester ici à Sainte-Foy», a dit Robert Pigeon. 

Selon le chef du SPVQ, les contrats pour la nouvelle centrale seront octroyés après les Fêtes.

En 2014, un premier projet de reconstruction de 85 millions $ d’une centrale sur l’actuel bâtiment désuet du parc Victoria avait été mis sur la glace parce qu’il avait été jugé trop onéreux.

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TROP DE TAXES FONCIÈRES AU GOÛT DE LABEAUME

«Frappé» par le fait que 80% des revenus de la Ville de Québec proviennent des taxes foncières, le maire Régis Labeaume appelle à une diversification, mais hésite à se lancer dans une bataille épique avec le gouvernement du Québec.

«Les gouvernements ne veulent pas partager leurs revenus de taxes, qui viennent des activités économiques. Quoi que vous fassiez chez vous pour stimuler l’économie ou poser des gestes qui font en sorte que votre ville est attrayante, qu’il y a des gens qui viennent y vivre, qui dépensent et consomment, vous n’êtes pas récompensés pour ça. C’est une aberration pour moi», a lancé le maire de Québec en marge de la présentation du budget, lundi. 

Ce dernier aimerait bien ramener autour de 50% la part des revenus municipaux basés sur la valeur foncière en récoltant plutôt une partie des taxes à la consommation. Mais il prédit que cela génèrerait «un bouleversement dans la taxation au Québec au complet» et il n’est pas certain que les astres soient alignés pour que cela se produise. 

«Celle-là je ne suis pas prêt à l’attaquer encore. Ce n’est pas rien, c’est vraiment une réforme de la taxation au Québec», a admis M. Labeaume. 

Il sait pourtant que les municipalités du Québec l’appuieraient dans sa lutte. «Le problème est pas là. Il y en a d’autres dont l’appui est sûrement pas acquis quelque part pas loin d’ici», a-t-il lancé, en référence aux députés de l’Assemblée nationale. 

En attendant, la Ville de Québec lorgne les revenus du cannabis, «au minimum un tiers». Par revenus, le maire entend tous les bénéfices après amortissement de la future Société québécoise du cannabis, mais aussi les taxes perçues. 

Quant aux pouvoirs qui lui sont conférés par son statut de capitale nationale, la Ville de Québec refuse de les utiliser s’il y a un effet prévisible sur le fardeau de taxes des citoyens. Il n’est donc toujours pas dans les plans d’imposer une taxe supplémentaire sur l’essence, mais des ajustements législatifs sont demandés pour aller de l’avant avec une surtaxe sur les stationnements de surface.  Annie Morin

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STATU QUO AU CENTRE VIDÉOTRON

Les années se suivent et se ressemblent au Centre Vidéotron. 

La Ville de Québec prévoit pour 2018 des revenus de 4,5 millions $ et des dépenses de 3,6 millions $ pour un profit d’un peu moins d’un million de dollars correspondant grosso modo à la somme des redevances de 4 $ imposées sur chaque billet vendu. Le loyer de 2,5 millions $ est encore une fois inscrit comme revenu et comme dépense. Le Groupe sports et divertissement de Québecor se dirige en effet vers un déficit pour cette troisième année complète d’opération. Le contrat avec la Ville prévoit alors un remboursement du loyer.

 Alors qu’en mars, le maire Régis Labeaume manifestait sa hâte «que Québecor se mette à faire de l’argent avec l’amphithéâtre», il se montre maintenant confiant. «Je vous dirai qu’avec les gestes qui ont été posés dernièrement et l’arrivée de Martin Tremblay, les coûts d’opération vont diminuer, c’est certain, ce qui est une bonne chose. Autrement, nous, l’opération est bénéficiaire. C’est juste qu’on aurait pas dû écrire dans le contrat qu’on remboursait le loyer s’ils ne faisaient pas de bénéfices, on aurait juste dû dire qu’ils paieront des loyers lorsqu’ils feront des bénéfices», a-t-il analysé.  Annie Morin