«C'est sûr que c'est dans l'illégalité. Mais c'est aussi illégal ce que le gouvernement fait.» Le président des 1200 cols bleus, Daniel Simard, justifie ainsi la position de son syndicat et la décision de ses membres.

Les cols bleus de Québec votent pour un débrayage illégal

Malgré un contrat de travail valide jusqu'en 2018, les cols bleus de la Ville de Québec participeront au «grand dérangement» contre le projet de loi 3 sur les régimes de retraite prévu par la Coalition syndicale pour la libre négociation. Quelque 160 d'entre eux ont voté, lundi, pour l'application de moyens de pression pouvant aller jusqu'à un débrayage illégal de 24 heures.
«C'est sûr que c'est dans l'illégalité. Mais c'est aussi illégal ce que le gouvernement fait.» Le président des 1200 cols bleus, Daniel Simard, justifie ainsi la position de son syndicat et la décision de ses membres.
«On a une entente signée jusqu'en 2018, poursuit-il. Le droit de grève, on ne l'a pas. Si tout le monde dit : "On ne fait rien par rapport à la situation, bien, il ne se fera rien. Ceux [les syndicats] qui ont des mandats de grève vont participer à 100 %. Nous, on va voir si on le fait à 100 %.»
La résolution adoptée lundi, à l'unanimité, prévoit «de mettre en place tous les moyens de pression jugés nécessaires, incluant le cas échéant une journée de 24 heures de «grand dérangement» qui pourrait se traduire par un arrêt de travail d'une journée [...]» Le président Simard s'est dit satisfait du résultat du vote qu'il estime représentatif malgré le taux de participation à l'assemblée jugé «un peu décevant».
«Du moment que j'ai le quorum, on est légitimé. On a expliqué aux membres la vérité. On ne les a pas forcés à voter Oui ou Non. Je pense que la table est mise et que les gens [les membres non présents] vont suivre.»
Le président a rappelé que ce vote renforce la position des cols bleus qui sont contre tout partage à parts égales du remboursement des déficits passés des régimes de retraite et au gel de l'indexation.
Le RTC dans la danse
On apprenait aussi dimanche que les membres du Syndicat des employés de bureau, techniques et professionnels du Réseau de transport de la Capitale (RTC) ont voté en faveur de moyens de pression qui pourraient aller jusqu'à une participation de 24 heures au grand dérangement.
Les cols blancs se prononceront pour leur part demain en assemblée générale sur une participation ou non à cette journée contre le projet de loi 3 sur les régimes de retraite. «Les syndiqués de Montréal, Laval, Sherbrooke, Longueuil, tant dans le domaine du transport public que du secteur municipal, ont déjà tenu des votes afin de participer à ce mouvement», avait indiqué le président du syndicat des fonctionnaires municipaux, Jean Gagnon, dans le bulletin interne adressé à ses membres.
«J'ai donc pris la décision de vous soumettre ce dossier lors d'une assemblée générale spéciale qui aura lieu le 29 octobre. Lors de cette assemblée, vous serez appelés à vous prononcer en rapport à ce mouvement national et un vote aura lieu», pouvait-on lire.
Pas de débordement à Québec, prédit Labeaume
Le maire de Québec estime que le grand dérangement annoncé par les syndicats ne fera pas beaucoup de vagues dans la capitale. «Je ne pense pas qu'il y ait débordement à Québec. Jusqu'à date, ça s'est passé ailleurs qu'à Québec. Ça ne m'inquiète pas beaucoup», a fait valoir Régis Labeaume, lundi, en marge d'une conférence de presse à laquelle il a assisté dans Saint-Roch. Selon lui, les gens de Québec sont bien informés des enjeux. «Les gens sont très raisonnables, d'autant plus qu'ils sont heureux qu'on ait signé de nouvelles conventions. Et je pense peut-être qu'à Québec, on a été plus pédagogues. On a expliqué ce qui en serait de l'application de la loi 3.» Les employés municipaux comprennent que les conséquences ne sont pas majeures pour eux, a ajouté le maire. Il rejette plutôt le blâme sur les syndicats. «Les syndicats font fausse route. Ils avaient une belle occasion de participer au changement. Ils ont décidé de se buter et de travailler pour que rien ne change.» 
 
Avec Stéphanie Martin et Valérie Gaudreau