Selon Jean Gagnon, président du syndicat des cols blancs, la menace découle de la campagne de Régis Labeaume contre les syndiqués.

Les cols blancs de Québec en grève cet été

Il y aura grève des fonctionnaires municipaux cet été à Québec. Reste à déterminer quand, mais déjà, le syndicat avertit qu'il va cibler des journées bien précises.
«C'est pas une menace, c'est une promesse. Vous pouvez partir la loto pour savoir quand ça va arriver. Parce que ça va arriver, c'est clair.» Le président du Syndicat des fonctionnaires municipaux de Québec (SFMQ), Jean Gagnon, a confirmé que les cols blancs passeront bientôt «de la parole aux actes» si les négociations entourant le renouvellement de leur convention collective échue depuis 39 mois n'aboutissent pas.
Ils déclencheront des journées de grève bien ciblées qui auront pour conséquence de perturber les services municipaux durant l'été. M. Gagnon refuse de dire quand, ni combien de jours seront ciblés. Mais il souligne qu'il s'agira d'un premier débrayage des fonctionnaires municipaux dans l'histoire de la Ville de Québec. 
On ne parle pas de grève générale illimitée, précise M. Gagnon, qui souligne tout de même que son syndicat dispose d'un mandat de grève octroyé par ses membres à 88 % en octobre. «On va respecter le Code du travail, donc l'avis légal de sept jours. Mais c'est fini, on n'attend plus.» 
Ces journées ponctuelles de grève s'ajouteront à un boycottage de certaines entreprises membres de la Chambre de commerce de Québec et dont les dirigeants avaient pris position lors des élections municipales de novembre. Ils s'étaient rangés au côté du maire Régis Labeaume sur la question du partage des déficits passés des régimes de retraite, une question qui est au coeur des négociations avec les cols blancs.
La liste des entreprises qui subiront les foudres des quelque 2300 cols blancs n'est pas encore élaborée. «Un choix sera fait parmi les membres de la Chambre de commerce», se limite à dire Jean Gagnon. Sur la base de quels critères? Comment savoir quel dirigeant endosse la position de M. Labeaume? «Tout cela est à considérer, mais s'ils désirent nous donner la liste, ça va faciliter notre choix. Dans le cas contraire, nous allons choisir.»
Ces deux actions sont, selon le SFMQ, les seuls moyens qui restent aux cols blancs pour faire bouger la partie patronale qui exige une baisse de 16 % dans leurs conditions de travail globales. Les fonctionnaires demandent pour leur part une hausse de 8 % de leurs avantages globaux et assurent qu'ils seraient prêts à faire des concessions pour assurer la pérennité de leur régime de retraite.
Les cols blancs avaient claqué la porte en janvier, après une rencontre de quelques minutes entre les négociateurs de la Ville et le syndicat. La Ville campe sur ses positions, déplore Jean Gagnon. «C'est pas sérieux!» dit-il et il n'est pas question pour les fonctionnaires de négocier si les autorités municipales ne mettent pas de l'eau dans leur vin.
«En janvier, quand on s'est présentés à la table de négociation, on s'attendait à des progrès significatifs. Et ça n'a pas été du tout le cas. On est encore à - 16 % et après 39 mois de négociations, de convention collective échue, on se ramasse dans une impasse et je ne vois pas quand ça va se régler.»
Le maire de Québec, Régis Labeaume, a répliqué à l'annonce du boycottage, lundi matin. «Au lieu d'organiser des boycotts et tenter de se venger de la campagne, ils [les cols blancs] devraient vraiment se préoccuper des négociations. Pendant ce temps-là, je vous annonce que leurs membres vont perdre des choses. Ils ont vraiment les mauvaises priorités», a-t-il déclaré au Journal de Québec, qui l'accompagne lors d'une mission économique de cinq jours en Californie.
«Tu ne peux pas aller en grève quand tu n'as pas négocié. Ils ne négocient pas, ces gens-là», a-t-il ajouté.
Les fonctionnaires municipaux en bref...
Il y a quelque 2300 fonctionnaires municipaux dans l'appareil administratif à Québec. Ils occupent des postes dans tous les services de la Ville. Ce sont eux qui délivrent les permis de construction, reçoivent et répartissent les appels d'urgence, donnent les services dans les bibliothèques, accompagnent et informent des touristes dans le cadre de visites guidées, répondent au téléphone, perçoivent les taxes, reçoivent les citoyens dans les bureaux d'arrondissement, s'occupent de l'inscription aux loisirs, gèrent les archives et l'accès à l'information, effectuent des tâches de secrétariat. Ils regroupent aussi tous les techniciens, que ce soit à la circulation, à la gestion de l'eau potable, aux loisirs, en évaluation foncière, en environnement ou en génie civil, pour ne nommer que ceux-là.