Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Du 2 au 16 mai, les patrouilleurs ont effectué 3600 minutes de surveillance au cours de 59 opérations sur Grande Allée, de Bougainville aux portes Saint-Louis, à l’intérieur des murs et dans le Vieux-Port, du Quai Saint-André au boulevard Champlain jusqu’à la côte Gilmour.
Du 2 au 16 mai, les patrouilleurs ont effectué 3600 minutes de surveillance au cours de 59 opérations sur Grande Allée, de Bougainville aux portes Saint-Louis, à l’intérieur des murs et dans le Vieux-Port, du Quai Saint-André au boulevard Champlain jusqu’à la côte Gilmour.

Les bruyantes «parades de chars» au centre-ville dans la loupe des policiers

Jean-François Néron
Jean-François Néron
Le Soleil
Article réservé aux abonnés
Il pourrait bientôt être interdit de «rincer son moteur» à un feu rouge à Québec. Un levier législatif réclamé par la police pour diminuer la nuisance du bruit excessif des véhicules sport dans les rues du Vieux-Québec et du quartier Montcalm. Mais il faudra plus pour régler le problème qui fait rager les résidents. Du civisme, peut-être?

Le Soleil rapportait en mai l’exaspération des citoyens du Vieux-Québec face à la vitesse excessive dans les rues du quartier. Les porte-parole des citoyens parlaient même de «courses de rue». Une problématique aussi observée par des citoyens de Montcalm sur Grande-Allée. Selon eux, la Ville nie le problème.

La semaine dernière, l’inspecteur Dominic Gaudreau, commandant du poste du parc Victoria, a fait le point sur la situation au conseil de quartier Vieux-Québec-Cap-Blanc-Colline-Parlementaire. Le Soleil lui a parlé.

«Ce qui a été dénoncé préalablement, ce sont des courses de rue. J’ai demandé plusieurs opérations dans le secteur. C’est beaucoup plus une question de bruit que de course. Il y a beaucoup d’informations erronées. Je sais ce qu’on a fait et je sais qu’on travaille pour les citoyens de Québec», soutient-il, sans nier qu’il puisse y avoir de la vitesse excessive.

«Je pense qu’il y a vraiment une concentration de véhicules avec ou sans modification dans ces secteurs. Le Vieux-Québec fait partie d’un circuit. Il y a des randonnées de voitures, des “parades”. C’est la popularité de la Grande Allée», explique-t-il.

Ces parades sont accompagnées d’accélérations rapides entre deux feux de circulation, de crissements de pneus et de révolutions élevés du moteur (rinçage) aux feux rouges. La proximité des édifices sur les rues étroites augmente le son. «À Saint-Augustin ou à Val-Bélair, on n’en parlerait pas», croit l’inspecteur.

Du 2 au 16 mai, les patrouilleurs ont effectué 3600 minutes de surveillance au cours de 59 opérations sur Grande Allée, de Bougainville aux portes Saint-Louis, à l’intérieur des murs et dans le Vieux-Port, du Quai Saint-André au boulevard Champlain jusqu’à la côte Gilmour.

«On a remis 64 constats pour de la vitesse et d’autres infractions liées au bruit. C’est un ratio bas en proportion du nombre de minutes de patrouille, comparativement à d’autres types d’infraction», constate-t-il. Il reste que le bruit excessif est un réel problème dans ce tissu urbain peuplé. Ça fait beaucoup de paires d’oreilles endolories. Les remèdes pour les soulager sont limités.

La police parfois impuissante

«Nous avons vu [et entendu] des corvettes sans aucune modification. C’est bruyant, admet l’inspecteur. Mais on ne peut pas les empêcher de circuler parce que leur véhicule est conforme», ajoute-t-il du même souffle.

La police est donc impuissante à agir devant certains comportements dérangeants, mais légaux. Une accélération rapide de 0 à 50 km/h, sans excéder la vitesse permise, en est un exemple.

«On intervient quand il y a des comportements délinquants comme des crissements de pneus ou des modifications illégales au véhicule, illustre M. Gaudreau. On fait des interventions pour outiller les policiers sur le terrain pour légiférer la révolution des moteurs.» Les patrouilleurs pourraient alors émettre un constat d’infraction à un conducteur qui fait révolutionner son moteur à un feu rouge. Un pareil règlement municipal est en vigueur dans d’autres villes comme à Saguenay. 

Le commandant invite les citoyens à signaler au 311 toute «problématique récurrente» et à composer le 911 lorsqu’il y a un enjeu de sécurité. «Un citoyen nous a fait parvenir une vidéo à la fin mai pour ouvrir une enquête. On a retrouvé les gens qui résident à l’extérieur de la Ville», indique celui, qui assure faire tous les efforts pour endiguer les désagréments. Un photo-radar a aussi été placé sur Grande Allée.

«Oui, il y a un problème. Oui, il y a des moyens de le solutionner. Mais ce n’est pas tout. J’aimerais plus de civilité. Tout le monde est bienvenu au centre-ville, mais avec un bon comportement», conclut M. Gaudreau.

Maintenir la surveillance

Le président du conseil de quartier Vieux-Québec-Cap-Blanc-Colline-Parlementaire, Alain Samson, est satisfait de la présentation faite par le commandant. «Après analyse, je suis d’accord que c’est davantage une question de bruit que de courses de rue, explique celui qui avait sonné l’alarme en mai. Sa présentation a permis de mesurer l’exaspération des citoyens et les rassurer que la police s’occupait du dossier», ajoute-t-il. Une quarantaine de personnes étaient présentes pour entendre l’officier.

À savoir si les opérations policières ponctuelles sont suffisantes. La réponse est «non». Selon M. Samson, la Ville doit répondre favorablement à la demande d’ajout réglementaire, et surtout de maintenir la pression avec des opérations régulières.

Surtout, il avait un message à livrer aux gens de la grande région de Québec. «Ils doivent réaliser qu’il y a des gens qui habitent le Vieux-Québec. Quand vous venez lâcher votre fou, ce n’est pas la place. On sait que nous ne sommes pas à la campagne. Mais il y a une sacrée limite quand il y a des contrevenants qui viennent rincer leur moteur au bas de nos bâtisses.»