Le 31 janvier, l’Aéroport international Jean-Lesage a fait livrer par huissier des mises en demeure à quelque 26 personnes. Une démarche, appuyée par le président de l’entreprise Gaëtan Gagné.

Les 26 mis en demeure par l'Aéroport ripostent

Les 26 personnes mises en demeure par l’administration de l’aéroport de Québec répliquent : une version «actualisée» du rapport du Comité de travail sur l’accessibilité aérienne sera diffusée rapidement. Et leur avocat menace d'en découdre au tribunal pour poursuite bâillon.

«On va faire une conférence de presse sous peu», annonce Jenna Dubé, conseillère en communication et relations publiques à l’Office du tourisme de Québec. «On a décidé de ne pas céder à la tentative de bâillon.»

Le 31 janvier, l’Aéroport international Jean-Lesage a fait livrer par huissier des mises en demeure à quelque 26 personnes. La démarche, appuyée par le président de l’entreprise Gaétan Gagné, visait à bloquer la publication d’une analyse du Comité réunissant des représentants de la communauté d’affaires, de l’industrie touristique et de la Ville de Québec.

La direction a expliqué son geste en se disant «d’avis que le Comité aurait excédé son mandat en se prononçant sur la gouvernance de l’aéroport». Elle n’aurait eu «d’autre choix que de signifier [son] opposition au projet de rapport».

Contre-attaque

Le Comité créé par la Ville de Québec fin 2017 vient de lancer sa contre-attaque. Le rapport sera donc publié d’ici la fin de la semaine, note Mme Dubé.

Puis la charge est sonnée contre l’aéroport et son patron. «Manque de respect»; «absence d’empathie»; «nonchalance»; «velléités belliqueuses et totalement inappropriées»… le ton de la réponse de leur avocat et d’un communiqué de presse émis mercredi laisse croire que les personnes mises en demeure n’ont pas l’intention de courber l’échine.

Ils dénoncent au premier chef que des mises en demeure aient été transmises à 26 individus alors que le comité compte aujourd’hui 16 membres. Les 10 autres n’ont rien à voir avec les travaux du comité, déplore Jenna Dubé, au téléphone.

Elle ajoute que l’aéroport tente de discréditer des représentants d’organisations reconnues de la capitale qui se sont investis bénévolement dans le Comité : Québec International, Office du tourisme, Ville, Centre des congrès, Chambre de commerce, Tourisme Wendake…

«Le travail des membres du Comité, dont vous remettez injustement et gratuitement en cause la bonne foi, les a menés à des constats», ajoute l’avocat du Comité, Marc-André Gravel. «Que vos clients soient en désaccord avec ces constats, soit. D’ailleurs, il ne se prive pas pour le dire. Mais les membres du Comité n’entendent pas pour autant censurer les conclusions, constats ou recommandations qu’ils ont formulés dans l’intérêt de la communauté et du développement régional.»

Me Gravel précise néanmoins que le Comité a pris soin de n’inclure aucune information confidentielle concernant [l’aéroport] dans son rapport. Et qu’une «version actualisée» du document litigieux sera envoyée à l’administration aéroportuaire avant sa diffusion.