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En conférence de presse virtuelle, jeudi matin, Mme D’Amours s’est attardée aux nombreux défis créés par la crise sanitaire.
En conférence de presse virtuelle, jeudi matin, Mme D’Amours s’est attardée aux nombreux défis créés par la crise sanitaire.

L'enseignement à distance fait plus que jamais partie du futur à l'Université Laval

Normand Provencher
Normand Provencher
Le Soleil
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L’Université Laval tentera d’offrir «un maximum d’activités en présence» à la rentrée automnale, tout en cherchant à accommoder les étudiants qui désirent continuer à étudier à distance. Chose certaine, il n’y aura pas de «retour à la normale» pour la rectrice Sophie D’Amours, pour qui la «formule mixte» s’inscrit comme une tendance lourde et incontournable dans «l’université du futur».

En conférence de presse virtuelle, jeudi matin, Mme D’Amours s’est attardée aux nombreux défis créés par la crise sanitaire, dont celui de satisfaire à la fois les étudiants aspirant à un retour en classe et à une vie sociale sur le campus, et les autres qui aiment la flexibilité que procure l’enseignement à distance.

«L’Université Laval était déjà un leader canadien en techno-pédagogie. La pandémie a accéléré cette tendance. Tout le monde a goûté à l’apprentissage en ligne. Certains ont adoré et ne jurent que par ça, alors que d’autres (veulent) revenir en classe. La réalité se trouve quelque part entre les deux.»

Un «beau grand défi», enchaîne-t-elle, au sujet de la façon de composer avec les nouvelles technologies d’enseignement «tout en maintenant une expérience d’apprentissage animée, interactive et vivante.»

Bond des inscriptions

Presque un an après le début de la pandémie et le déploiement des cours à distance, l’Université Laval brosse un tableau somme toute positif de ses activités pendant cette période. Le nombre d’inscriptions d’étudiants a fait un bond de 10 pour cent par rapport à l’année précédente pour s’établir à quelque 55 000.

«Au cours de cette année pandémique, l’Université Laval a donc ajouté un effectif de 5000 personnes, ce n’est pas rien», mentionne Mme D’Amours.

Dans la foulée, les étudiants semblent avoir fait preuve de persévérance, puisque la direction note une diminution de 10 pour cent de ceux qui ont abandonné au moins un cours pendant la session d’automne 2020 comparativement à l’an dernier.

Et selon un sondage du Service de placement de l’institution, 87 pour cent des diplômés de la cohorte 2019-2020 ont décroché un emploi en lien avec leur champ d’études.

Consciente que «les chiffres ne disent pas tout» et que derrière eux se cachent des étudiants et des employés «qui souffrent d’un manque de vie sociale, d’isolement et d’angoisse», Sophie D’Amours a indiqué qu’un «optimisme prudent» aiguillera ses décisions afin de «rehausser l’expérience étudiante, autant à distance qu’en présence».

René Lacroix, vice-recteur à la coordination COVID-19, explique que la direction se prépare «à tous les scénarios» afin d’accueillir «le plus de personnes possibles sur le campus dans le respect des critères de la Santé publique». Aucune éclosion de coronavirus n’a eu lieu jusqu’à maintenant, seulement «quelques cas» de transmission communautaire parmi les étudiants et le personnel.

L’université a déjà permis à plusieurs étudiants de revenir sur le campus, surtout des cohortes de 2e et 3e cycle qui doivent avoir accès aux laboratoires. 


« On a une recrudescence du nombre d’étudiants. On s’attend à un nombre plus important après la semaine de lecture »
René Lacroix, vice-recteur à la coordination COVID-19


Puisqu’il reste beaucoup de temps d’ici la prochaine rentrée et que le gouvernement fait connaître ses modifications sanitaires aux deux semaines, «il est encore trop tôt pour dire de quelle façon les cours seront donnés à l’automne. Que ce soit en présentiel, à distance, en formule hybride ou comodale, nous travaillons à bâtir un horaire réaliste et s’assurer que les modalités (pour la rentrée) vont se préciser.»

Flexibilité

Pour sa part, la Confédération des associations d’étudiants et d’étudiantes de l’Université Laval (CADEUL) prévoit elle aussi «différents scénarios» pour la session d’automne. Pour le président Keven Imbeault, «l’important, pour les étudiants, c’est de les connaître assez tôt» afin qu’ils se préparent en conséquence.

«Dans tous les cas, ce qu’on veut, c’est de la flexibilité, mentionne-t-il en entrevue au Soleil. Il y a des étudiants qui vivent des situations d’isolement qui sont néfastes pour la santé psychologique et qui veulent revenir sur le campus. On demande à ce qu’ils puissent le faire. Il y en a aussi d’autres qui préfèrent continuer d’étudier à distance et qui méritent d’être accommodés.»

Par ailleurs, la pandémie a porté un dur coup aux finances de l’université, admet Sophie D’Amours. «La situation financière est difficile. On travaille fort à attacher le budget de l’année prochaine.»