À lui seul, le démontage des trois imposantes pièces formant la flèche, et qui se trouvent toujours sur le parvis de l’église Saint-Sauveur, a coûté 770 000 $.

L'église Saint-Sauveur sans clocher?

L’église Saint-Sauveur pourrait ne pas récupérer son clocher qui, avant d’être démonté d’urgence l’été dernier, trônait à son sommet depuis 1892. La paroisse a récemment demandé à un architecte d’élaborer une solution minimale, à défaut d’une reconstruction intégrale.

L’église Saint-Sauveur, située sur la rue des Oblats, est amputée de son clocher depuis plus de six mois, lui qui menaçait de s’effondrer sur la cour de l’école voisine. Se basant sur les rapports d’ingénieurs chargés d’analyser l’état du bâtiment, l’architecte Gilles Duchesneau a présenté la semaine dernière trois scénarios aux autorités religieuses.

Le premier, soit une restauration intégrale comme le souhaitait au départ le curé de la paroisse, Jean Picher, est évalué à 1,4 million $. Cette somme représente exclusivement les coûts de restauration et d’installation du clocher. La facture est donc plus salée que prévu, puisqu’on l’estimait au même montant, mais pour l’ensemble des travaux, incluant le démontage, il y a six mois. À lui seul, le démontage des trois imposantes pièces formant la flèche, et qui se trouvent toujours sur le parvis de l’église, a coûté 770 000 $. 

Le second, dit «hybride», consisterait à récupérer le clocher, mais seulement «en partie», en lui imposant un régime minceur. La facture serait alors de 800 000 $ à 900 000 $. Ces deux premiers scénarios exigeraient de remplacer la structure de bois pourrie qui supporte le clocher, ce qui explique leurs coûts plus élevés, selon l’architecte. 

Le troisième scénario serait de construire une toiture en acier et d’y ajouter «une petite coupole tout en récupérant la croix», a expliqué M. Duchesneau. «Là, on tombe dans le 420 000 $.» Mais la flèche, qui faisait à l’origine 200 pieds, perdrait alors 60 pieds de hauteur. Cette solution permettrait à tout le moins, selon le spécialiste, de conserver «le langage architectural de l’époque», puisque des coupoles similaires ont été utilisées dans les mêmes années que la construction de l’église. 

Pas suffisant

Ces trois options n’ont pas complètement satisfait les autorités religieuses. Au terme de la rencontre de la semaine dernière, les représentants du Diocèse de Québec et de la paroisse Saint-Sauveur ont demandé à M. Duchesneau d’élaborer une quatrième solution qui avoisinerait plutôt les 200 000 $. Ils ont fait référence à «une structure légère pour tenir la croix, mais de facture moderne, sans référence au clocher». L’architecte déposera son plan cette semaine.

Puisque l’église est considérée comme un bien patrimonial, ce dernier privilégierait la restauration intégrale, quitte à attendre d’avoir les fonds nécessaires pour aller de l’avant. Il estime que toute autre solution constitue une «perte» de patrimoine. En attendant le début des travaux, il faudrait investir 30 000 $ sur une toiture en acier pour remplacer le toit temporaire installé d’urgence en septembre dernier. Il faudra d’ailleurs le faire cet été, peu importe le scénario choisi, si les travaux de restauration ne débutent pas avant l’hiver, selon M. Duchesneau. 

La Ville de Québec a promis, en 2016, 15 millions $ sur 10 ans pour restaurer sept églises, dont celle de Saint-Sauveur. Le ministère de la Culture a depuis accepté de doubler la mise. Le Conseil du patrimoine religieux du Québec peut lui aussi fournir de l’aide. Ces trois bailleurs de fonds seront rencontrés d’ici le prochain mois par la paroisse de Saint-Sauveur, a affirmé le curé Jean Picher, jeudi. Les différents scénarios de M. Duchesneau seront alors explorés. Une campagne de financement sera également lancée par la paroisse, en avril, pour éponger une dette de 70 000 $ contractée par cet énorme imprévu.