L’église construite en 1924 nécessite de coûteuses rénovations : en 2017, une partie d’un des murs s’est effondrée et des réparations de 3 millions $ sur 10 ans sont nécessaires.

L’Église Saint-Sacrement est à vendre

Même si elle est mise en vente, l’église du Très-Saint-Sacrement ne disparaîtra pas demain. Elle restera encore plusieurs années dans le paysage du quartier.

L’annonce de la vente aux fidèles a été faite dimanche lors de la célébration de la parole. Le diocèse de Québec a pris la décision le 1er octobre sur la recommandation de l’assemblée du conseil de fabrique.

Le curé de la paroisse, le père Gérard Busque, aussi président de la fabrique, a expliqué au Soleil que l’offre d’achat doit respecter certaines conditions, dont l’aménagement d’un service de pastorale dans la communauté de Saint-Sacrement.

On sait depuis longtemps que le bâtiment de 1924 nécessite de coûteuses rénovations. En 2017, l’effondrement d’une partie d’un mur de l’église a vidé les coffres du conseil de fabrique. Les travaux ont coûté plus de 775 000 $. La fabrique possédait une réserve de 400 000 $ et le diocèse a accordé un prêt de 300 000 $ afin de payer les factures. C’est sans compter que le lieu de culte requiert d’autres mises à niveau de 3 millions $ sur 10 ans.

L’idée de vendre l’église fait l’objet d’une réflexion depuis déjà plusieurs mois. En août, la fabrique avait signifié son intention de rechercher un promoteur prêt à acheter le terrain pour construire un nouvel édifice à revenu. Le terrain de l’église est évalué à 5 millions $ par la Ville de Québec.

Huit églises sauvées

Le conseiller du district, Yvon Bussières, qui est aussi marguillier, a tenté de sauver l’église. Il aurait souhaité l’inclure parmi les huit églises qui recevront de l’aide financière d’une fiducie, bientôt mise sur pied, pour préserver le patrimoine culturel d’exception à caractère religieux. L’argent proviendra de dons privés, de la Ville, du ministère de la Culture et du diocèse.

Les églises retenues sont : Saint-Jean-Baptiste, Saint-Roch, Saint-Sauveur, Saint-Charles-Borromée (Charlesbourg), la Nativité (Beauport) et Saint-Charles-de-Limoilou ainsi que la cathédrale anglicane Holy Trinity. Une résolution déposée à la Ville en ce sens a été rejetée par Équipe Labeaume, majoritaire au conseil.

Un sondage fait auprès des citoyens du quartier montrait que 66,8 % des répondants croient que la rénovation et la préservation de l’église font partie des priorités du quartier.

Une seule fabrique

Malgré ces efforts, le marguillier Bussières a dû se ranger derrière le conseil de fabrique qui a voté en majorité pour vendre le lieu de culte. «J’ai une tristesse. Je suis endeuillé, mais je dois être solidaire au conseil de fabrique», laisse tomber M. Bussières qui, sans trop y croire, aimerait que le prometteur conserve le bâtiment.

Les récents travaux de consolidation de la façade sécurisent l’église pour les trois à cinq prochaines années. Il serait étonnant qu’une vente même rapide aboutisse à une démolition d’ici là. Avant d’y mettre le pic des démolisseurs, un promoteur devra soumettre un projet à la Ville. Comme quoi, le clocher trônera au sommet de la côte Saint-Sacrement encore bien des années.

«Il va continuer à y avoir des cérémonies religieuses encore quelques années. La vie continue», assure le père Busque. La prochaine étape est la dissolution de la fabrique le 31 décembre prochain. Les églises Saint-Charles-Garnier, Saint-Michel et Saint-Sacrement ne formeront plus qu’une entité administrative. Dorénavant, on parlera de la fabrique Bienheureuse-Dina-Bélanger.

À savoir si le père Busque continuera d’officier les cérémonies jusqu’à la fin, le curé de 74 ans rappelle qu’il a dépassé l’âge auquel les prêtres demeurent en service. «Je ne sais pas si j’y serai encore longtemps. Je reste pour les besoins de la cause. Les curés sont une denrée rare de nos jours», conclut-il.