Pour l’heure, le Très-Saint-Sacrement est solidement sur pied. Assez pour tenir durant les années de réflexion à venir.

L'église du Très-Saint-Sacrement menacée

L’église du Très-Saint-Sacrement de Québec pourrait être fermée au culte dès l’été. Restera alors à sceller le sort du bâtiment religieux dont la structure blessée requerra des soins de plus de 3 millions $. Une charge trop importante pour la paroisse.

Le mot «démolition» est dans la liste des hypothèses, convient le responsable du Département des fabriques et du patrimoine au diocèse de la capitale, Rémy Gagnon. Il s’empresse cependant de tiédir les esprits échauffés: «On n’en est pas rendu là. […] Démolir une église, c’est toujours la dernière des solutions.»

Mais il demeure que la structure du lieu de culte du chemin Sainte-Foy est déficiente. D’aucuns se souviendront que l’effondrement d’un mur extérieur avait nécessité des travaux d’environ 800 000 $ il y a quelques mois. Les expertises réalisées à ce moment ont réservé une mauvaise surprise: «On s’est rendu compte que l’église était en plus mauvais état qu’on ne le pensait.»

En fait, des erreurs auraient été commises durant la construction qui s’est étirée entre 1920 et 1923. 

Pour l’heure, le Très-Saint-Sacrement est solidement sur pied. Assez pour tenir durant les années de réflexion à venir. 

Défi financier

Mais il faudra trancher. Les finances de la paroisse ont été passablement hypothéquées par les travaux d’urgence de 2017, note M. Gagnon. Les millions de dollars à décaisser durant les prochaines années représentent donc un «défi financier énorme».

«Qu’est-ce que l’on fait?» demande à propos notre interlocuteur. Trois avenues ont été présentées aux paroissiens au cours d’une récente assemblée.

Il serait peut-être possible d’investir dans la pierre. Une option peu populaire puisqu’il ne resterait plus d’argent pour les «œuvres». 

Deux choix sont donc toujours évalués. D’abord la vente de l’église à un promoteur qui décidera avec la Ville s’il la détruit; une voie que dit vouloir éviter le diocèse. 

Ensuite: la conclusion d’un partenariat avec une institution publique ou privée qui rénovera les lieux en changeant la vocation et louera une salle de 200 places à la paroisse. «Ça semble être l’hypothèse la plus plausible. On souhaite continuer à faire nos œuvres.»

Pas simple, toutefois, de trouver le bon projet. L’église Saint-Charles-de-Limoilou est fermée depuis 2012, l’église Saint-Jean-Baptiste depuis 2015, souligne justement Rémy Gagnon. Et pour ajouter à l’incertitude, il note que l’église du Très-Saint-Sacrement ne jouit d’aucune protection patrimoniale qui aurait pu faciliter l’obtention de subventions.

Un comité qui évalue le dossier remettra sa recommandation à l’archevêque Gérald Cyprien Lacroix sous peu. C’est lui qui aura le dernier mot.

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De fusion en fusion

Le diocèse de Québec poursuit une grande réforme administrative afin de réduire le nombre de paroisses. 

Depuis 2011, l’Église cherche à s’adapter au «changement de culture religieuse», explique le responsable du Département des fabriques et du patrimoine, Rémy Gagnon. Les fidèles sont moins présents dans les lieux de cultes, dans les structures de gestion. 

D’ici 2020, il ne restera qu’entre 35 et 40 fabriques de paroisses à Québec contre 220 en 2005 — une fabrique est un conseil d’administration. Du nombre, les paroisses Saint-Michel de Sillery, Saint-Charles-Garnier et Très-Saint-Sacrement partagent déjà leur curé et ont regroupé leurs services. Elles seront officiellement fusionnées le 1er janvier 2019… et décideront si elles conservent toutes leurs églises.