Le maire Régis Labeaume et certains membres de son administration ont présenté les résultats financiers de la Ville de Québec, lundi, pour l'exercice de 2017.

Léger surplus budgétaire à Québec en 2017

La Ville de Québec affiche un léger surplus de 20,6 millions $ au terme de son exercice financier 2017 dont les revenus atteignent 1,4407 milliards de dollars. Un surplus qui aurait pu être plus imposant n’eût été d’un dépassement de coût de 10 millions $ du budget de déneigement et 7 millions $ payés en heures supplémentaires, notamment attribuable à la fusillade de la grande Mosquée et à la présentation de grands événements.

C’est un rapport financier sans aucune grande surprise présentée lundi par l’administration Labeaume. En 2017, la Ville a enregistré des revenus de 1,4447 milliards $ et des dépenses de 1,4201 milliards de dollars.

Parmi les postes budgétaires qui ont fait gonfler la colonne des dépenses, la Ville explique que «les conditions climatiques plus rudes que la normale et de fortes précipitations de janvier à mars 2017 ont causé un dépassement de 10,1 millions $ sur un budget de 43,7 millions $. 

La Ville se targue de ne pas avoir pigé dans sa réserve pour éponger ce déficit d’opération. Le manque à gagner provient de restrictions effectuées à l’intérieur d’autres postes budgétaires.

Autre écart défavorable, la Ville a versé 7 millions $ en rémunérations supplémentaires, seulement pour la sécurité incendie et à la police. 

Par exemple, la fusillade de la Grande Mosquée et la présentation d’événements majeurs comme les grands voiliers ont exercé une pression sur le personnel policier qui a reçu 4,5 millions $ en heures supplémentaires. Du côté incendie, l’application du schéma de couverture de risques explique les 2,5 millions $ supplémentaires versés en salaire.

Dans l’ensemble, le maire de Québec se montre très satisfait de cet autre exercice, surtout que la dette consolidée poursuit sa descente. Elle atteignait 1,5923 milliards $ en 2017, en baisse de 34,9 millions $ sur l’année précédente. Pour la première fois depuis 2008, elle est moins importante que les revenus totaux (incluant les revenus d’investissement), pour un ratio égalant 97,8 % de ces revenus. À titre comparatif, ce ratio était de 120,6 % en 2010.

«On suit le plan. Ça fait neuf ans qu’on s’est donné un cadre financier et sept ans qu’on contrôle la dette», a commenté Régis Labeaume. 

Fait non négligeable, la Ville a terminé plus tôt que prévu le remboursement d’une mesure d’allègement fiscal mise en place après la crise financière de 2008. Elle a versé 23,1 millions $, soit 11,9 millions $ de plus que prévu pour assurer la pérennité des régimes de retraite. L’argent provient du surplus non affecté de 2016.

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PROJET DE MÉTRO AÉRIEN : TENTATIVE DE CORRUPTION ALLÉGUÉE

Le maire de Québec demande à l’Unité permanente anticorruption (UPAC) d’enquêter sur une rencontre tenue à l’automne 2017 entre les promoteurs d’un projet de métro aérien et un membre de son administration.

«On envoie le dossier à l’UPAC. Pour nous autres, ça n’a pas de bon sens. Vous vous demandez pourquoi on a transféré ça à l’UPAC? Parce que ça ne sent pas bon», a confirmé le maire lundi deux fois plutôt qu’une, après avoir discuté avec le personnel du contentieux de la Ville.

La semaine dernière, Le Journal de Québec révélait qu’un consortium formé de PricewaterhouseCoopers (PwC), Arup, Solutrans et Loctrans, avait rencontré un membre de l’administration Labeaume pour la construction de 61 km de voies aériennes d’un métro «aux allures d’un monorail».

Selon ses promoteurs, l’équipement pouvait desservir Québec et Lévis pour 2,3 milliards $, soit 700 millions $ de moins que le projet actuel de tramway et de trambus.

Selon ce qu’a appris Le Journal de Québec, une première rencontre s’est déroulée en août entre le lobbyiste Jean O’Keefe (Solutrans) et le président de l’organisme Québec International, Carl Viel. Il était alors question d’une usine de fabrication de monorail.

Une seconde rencontre a eu lieu entre M. O’Keefe et Charles Marceau, directeur général adjoint, responsable des grands projets à la Ville. Toujours selon l’administration Labeaume, la discussion aurait alors porté sur l’obtention d’un contrat de gré à gré pour la construction d’un réseau. Cette proposition aurait incité la Ville à prendre ses distances. Cette grave accusation a été démentie par un porte-parole du consortium, Louis Aucoin.

Lundi, le chef de l’opposition officielle, Jean-François Gosselin, a soutenu que cette plainte à l’UPAC était une diversion du maire pour faire oublier qu’il n’avait pas étudié, comme promis, toutes les options de transport en commun avant de faire un choix définitif. 

Le chef de Québec 21 se demande aussi pourquoi la Ville a attendu aussi longtemps avant de porter plainte. «Ça aurait dû être fait dans les semaines qui ont suivi la rencontre», laisse-t-il savoir.  

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QUÉBEC CONTINUE AVEC LES CALÈCHES

Le maire de Québec n’a pas l’intention d’interdire les calèches dans le Vieux-Québec. «On a toujours notre instant calèche chaque année, a lancé Régis Labeaume, à la blague, questionné si son administration compte mettre fin à cette activité comme Montréal en 2020. Après la métropole, la section canadienne de l’organisme Humane Society International a confirmé au Soleil vendredi vouloir faire pression sur Québec pour arrêter cette industrie. «Pour une 11e année, je me suis fait ressortir le cadre qui gère les calèches et Montréal n’est pas organisé comme nous autres. Dans la mesure ou tout ça est très bien contrôlé et que le cheval est très bien défendu, oui, on va continuer», a confirmé M. Labeaume.