L'École Vision, sur le chemin Gomin, dans Sillery, a été vendue il y a quelques semaines au promoteur immobilier Marc Simard. L'édifice sera éventuellement démoli pour faire place à des maisons en rangée.

L'École musulmane s'installerait dans Sillery

À la recherche d'un nouveau toit depuis plusieurs mois, l'École de l'Excellence, seul établissement primaire musulman de Québec, s'installerait à compter du mois prochain dans l'ancienne École Vision, dans Sillery. L'occupation du lieu ne devrait durer qu'un temps puisque le nouvel acheteur compte démolir l'édifice pour faire place à un ensemble résidentiel.
Le Soleil a tenté de joindre à de multiples reprises, jeudi, la directrice et fondatrice de l'École de l'Excellence, Amira Boulmerka. Une réceptionniste a indiqué en fin de journée que cette dernière était très occupée «à travailler sur la relocalisation» de son établissement.
Fondée il y a 10 ans, l'École de l'Excellence avait reçu en juin une lettre confirmant le non-­renouvellement du bail de l'édifice qu'elle occupait, avenue De Lévis, à la limite ouest du quartier Montcalm, près de l'avenue Belvédère.
La recherche d'un nouveau local a été longue et pénible pour cette école privée trilingue qui «offre une scolarité où l'enseignement de la langue arabe est au coeur de la transmission des traditions et des valeurs musulmanes [...] et ancré dans la culture locale de la ville de Québec», peut-on le lire sur le site Web de l'établissement.
Approches vaines
Neuf propriétaires d'immeubles, ainsi que la commission scolaire de la Capitale et le diocèse de Québec, ont été approchés pour accueillir l'école d'une centaine d'élèves, mais en vain. 
En entrevue au Soleil en juin, Mme Boulmerka avait expliqué que les nombreux refus essuyés pouvaient être motivés, dans certains cas, par sa vocation religieuse.
«Je ne dis pas que chaque refus est dû au seul fait que l'école enseigne à des élèves de confession musulmane. Parfois, ç'a pu être un frein», avait-elle avoué.
Agréée par le ministère de l'Éducation, l'École de l'Excellence ne reçoit aucune subvention, d'où son incapacité à devenir propriétaire. Mme Boulmerka avait lorgné un moment l'École Vision, mais avait fait marche arrière en raison du prix d'achat trop élevé.
Maisons en rangée
Le promoteur Marc Simard, des Immeubles Simard, a indiqué au Soleil mercredi avoir fait l'acquisition de l'édifice il y a environ un mois et accepté de le louer à l'École de l'Excellence pour janvier, et «sûrement pour l'autre année» scolaire. À long terme, il prévoit toutefois détruire l'école afin de construire des maisons en rangée et des jumelés.
«Nous allons demander un changement de zonage, mais ça peut prendre du temps. C'est prématuré d'en dire plus, j'aimerais attendre qu'on soit plus avancé [dans le projet]», a-t-il fait savoir laconiquement.
L'ancien locataire, l'École Vision, un établissement privé trilingue, avait fermé ses portes à quelques jours de la rentrée scolaire 2015, 13 ans après son ouverture, laissant sur le carreau une soixantaine d'élèves. La plupart avaient été transférés à l'école des Ursulines, dans le Vieux-Québec.
L'arrivée d'une école primaire dans une rue aussi calme que le chemin Gomin avait déclenché une controverse. Plusieurs résidents du secteur s'étaient opposés à l'arrivée de ce nouveau voisin, craignant une hausse importante du trafic automobile.