Les Nouvelles-Casernes — 160 mètres de longueur par 10 mètres de large — forment une des plus longues constructions de la Nouvelle-France. Elles sont abandonnées durant plus de 50 ans et ont été grandement abîmées par des incendies et les intempéries.

L'échéancier du sauvetage des Nouvelles-Casernes étiré d’un an

La Commission de la capitale nationale du Québec (CCNQ) étire d’au moins un an l’échéancier pour le sauvetage des Nouvelles-Casernes du Vieux-Québec. Et met de côté ses démarches pour trouver une vocation aux bâtiments patrimoniaux, réflexions qui ont encore abouti dans un cul-de-sac.

Les travaux de stabilisation de la phase 1 ont été lancé au printemps 2018, cinq ans après l’annonce du sauvetage de l’ensemble architectural bordé par la côte du Palais. Les ouvriers devaient conclure cette partie de l’entreprise d’ici l’été.

Mais la CCNQ vient de réviser ses objectifs, indique au Soleil la conseillère stratégique aux communications et relations publiques, Valérie Lesage.

L’entrepreneur a tenté de rattraper l’échéancier fuyant en enveloppant une partie de la structure pour l’hiver. Cela lui permet d’accélérer la cadence de reconstruction en chauffant; les maçons peuvent donc poursuivre la besogne malgré le climat hivernal.

Cependant, force est de constater que l’ouvrage ne sera pas fini cette année. «On parle plutôt de l’été 2020 dans le nouvel échéancier», dixit Valérie Lesage.

La préparation de la phase 2 débute néanmoins tranquillement, la Commission commençant à réunir une équipe d’experts en ingénierie pour l’épauler. Officiellement, ce second volet doit toujours être fini en 2021, tel qu’inscrit à l’échéancier initial. Mais cette portion de l’aventure pourrait aussi être repoussée, puisqu’elle doit débuter seulement une fois la phase 1 terminée, tel qu’inscrit dans les documents de la CCNQ.

Quoique le calendrier devienne élastique, Valérie Lesage maintient que le budget sera respecté. Une enveloppe de 20 millions $ avait été octroyée par Québec. Et les travaux de construction à proprement parler coûteront autour de 14 millions $.

Pas de vocation

À ce prix, il n’est aucunement question de réaliser des aménagements intérieurs pour y installer un musée, des bureaux ou des commerces, rappelle cependant Valérie Lesage. «On n’est pas dans des travaux d’aménagement.»

Il faut dire que la recherche de vocations est difficile. En 2014, un appel à tous pour trouver des occupants n’avait pas permis de dénicher suffisamment de projets pour faire revivre le vaste complexe historique.

La Commission de la capitale nationale a retenté le coup au printemps 2018. Une soixantaine d’experts du patrimoine, de citoyens, d’architectes et autres personnes intéressées par les bâtiments érigés ont été réunis pour une journée de réflexion, d’idéation. N’attendez toutefois pas la publication du rapport de recommandations, il n’y en aura pas. Les propositions n’ont pas été entérinées, note Valérie Lesage.

En plus, dans les mois précédant sa défaite électorale, le gouvernement libéral avait décidé d’inclure les Nouvelles-Casernes dans les délibérations quant à l’avenir de l’Hôtel-Dieu voisin dont les patients seront relogés dans le nouveau centre hospitalier en construction dans Limoilou.

«En mai, le gouvernement a mandaté le CIUSSS [avec un budget de 500 millions $] pour trouver une nouvelle vocation aux bâtiments de l’Hôtel-Dieu dans le même secteur d’activités du Vieux-Québec et il y a eu la volonté exprimée par les dirigeants d’inscrire la Commission dans cette grande réflexion du réseau de la santé pour travailler en cohérence face à l’avenir des Nouvelles-Casernes. C’est donc dans ce sens que nous allons poursuivre nos efforts», précise Mme Lesage.

50 ans d’abandon

Les Nouvelles-Casernes —160 mètres de longueur par 10 mètres de large — forment une des plus longues constructions de la Nouvelle-France. Elles ont été abandonnées durant plus de 50 ans et ont été grandement abîmées par des incendies et les intempéries.

Les Nouvelles-Casernes ont d’abord été destinées au logement des troupes et à des services auxiliaires de l’armée française de 1749 jusqu’à la Conquête anglaise de 1759. Les Anglais s’y sont installés jusqu’en 1871, quand la couronne a légué le site aux Canadiens. Durant les années 1880, le premier arsenal canadien (usine de cartouches) y a été installé. Il restera en activités longtemps, même durant les grandes guerres mondiales. L’Arsenal a fermé en 1964.