Le maire de Lévis Gilles Lehouillier voit le futur tunnel sous le fleuve comme un outil de développement démographique et économique pour la région de la Capitale-Nationale.

Le troisième lien pour renverser le déclin de la population, argue Lehouillier

Le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, n’en peut plus des arguments anti-3e lien lancés par les opposants qui contestent la nécessité même du projet autoroutier. Il faut plutôt voir le futur tunnel sous le fleuve comme un outil de développement démographique et économique pour la région, comme un stimulant qui aidera à renverser le vieillissement et le déclin de la population, clame l’élu de la Rive-Sud.

«Si on ne pose pas des gestes concrets pour renforcer la grande région de la capitale et de Chaudière-Appalaches, […] son poids démographique dans l’ensemble du Québec va diminuer», avertit le maire Lehouillier, en entrevue avec Le Soleil. «Alors qu’on connaît une forte croissance économique».

Il y aurait donc lieu d’améliorer, d’embellir, afin de rendre la région plus attractive. À la fois en matière de routes que de transports en commun. Sans quoi l’élan prospère pourrait être freiné, selon lui.

Gilles Lehouillier se positionne donc sans surprise à l’opposé du Conseil régional de l’environnement de la Capitale-Nationale. Le directeur général de l’organisme, Alexandre Turgeon, soulignait récemment que la capitale et ses satellites vieillissent. La cohorte des plus de 65 ans gonflera significativement, tandis que les tranches d’âge plus «actives» stagneront, voire connaîtront un déclin.

L’écologiste conclut qu’il y aura moins d’automobilistes sur les routes aux heures de pointe, donc que le 3e lien entre les deux rives n’est pas justifié.

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Le maire de Lévis ne conteste pas les données populationnelles de l’Institut de la statistique du Québec. Mais invite à contrer la tendance. «Il faut arrêter de se tirer dans le pied.»

Le «paquet» à Montréal

Selon lui, le gouvernement national investit gros dans la métropole tandis qu’il délaisse la région de la capitale. «À Montréal, on met le paquet dans le transport.» Il calcule grosso modo que des projets de 30 milliards $ y sont réalisés ou promis : prolongement du métro, pont Champlain, échangeur Turcot…

«La région métropolitaine de Montréal va connaître encore un poids démographique positif d’ici 2041», observe-t-il. «Et nous, si on ne fait rien pour renverser la tendance, ça va être négatif. Donc, il faut qu’on se remette à niveau au niveau du transport, à la fois routier et à la fois du transport en commun.»

«Je suis en faveur de la métropole, […] mais il ne faut pas que les autres régions soient laissées pour compte. […] Nous avons droit, comme région, à notre part dans les investissements dans les transports.»