Le tir du canon de retour à la Citadelle

Après 15 ans de bâillon, le canon de la Citadelle de Québec annonçant traditionnellement l'Angélus du midi et le couvre-feu de fin de soirée a retenti de nouveau hier, faisant renaître une tradition militaire plus que centenaire.
Le chef guide du Musée du Royal 22e Régiment à la Citadelle de Québec, Réal Léveillé, soutient qu'on ne connaît pas la date exacte de l'instauration du traditionnel coup de canon à Québec, mais qu'il est probable qu'elle remonte à 1871, année où les Britanniques ont passé la garde à l'Artilerie royale canadienne.
Chose certaine quand le Royal 22e Régiment a établi ses quartiers dans la Citadelle en 1920, le rituel était bel et bien lancé. «Le canon retentissait deux fois par jour. À midi pour annoncer la prière ou l'Angélus, et à 21h30 pour signifier aux soldats de rentrer pour le couvre-feu, mais aussi pour rappeler aux commerçants et aux taverniers de fermer leur commerce», expose M. Léveillé.
«Au fil du temps, le coup de canon de midi était devenu si ancré dans la population que les ouvriers des usines, qui n'avaient pas sirène pour annoncer le dîner, attendaient le coup de canon», continue-t-il.
Or, en 1994, le gouvernement fédéral, aux prises avec d'imposants déficits budgétaires, choisit de faire taire le canon. «La tradition est de retour officiellement cet été à la demande du maire. Nous en sommes très heureux. On a pointé le canon vers la mairie, et on va entendre l'explosion jusqu'à Beauport et sur la rive sud», enchaîne M.Léveillé.
«C'est évident que nous étions favorables au retour de cette tradition. Je me souviens de l'avoir entendu dans mon enfance. Québec est une ville de garnison où la présence de troupes a toujours été significative», reconnaît Jacques Perron, conseiller en communications à la Ville de Québec.
On pourra entendre le canon retentir sur le coup de midi et à 21h30, du 24 juin jusqu'à la fête du Travail.