Le Temps Partiel est situé depuis 2001 à l’intersection des rues d’Aiguillon et Sainte-Geneviève, dans le quartier Saint-Jean-Baptiste.

Le Temps Partiel ferme à son tour

Après le Beaugarte, le Maurice et le Cercle, une autre institution de la vie nocturne de Québec disparaîtra le 31 janvier alors que le bar alternatif Temps Partiel, dans le quartier Saint-Jean-Baptiste, mettra la clé sous la porte.

«C’est la baisse des ventes depuis deux ans qui nous force à fermer. On parle de ventes cinq fois moins élevées. La masse salariale était devenue trop forte pour les ventes», a expliqué au Soleil François Fradet, l’un des administrateurs de la coopérative de travail qui est propriétaire du Temps Partiel. 

L’édifice et le bar étaient en vente depuis six mois, mais n’avaient pas trouvé preneur. «Alors là, on remet ça dans le résidentiel et on laisse tomber les permis. Ça veut dire qu’il ne pourra plus y avoir de bar là, car c’était un droit acquis», poursuit M. Fradet. 

Situé depuis 2001 à l’intersection des rues d’Aiguillon et Sainte-Geneviève, l’histoire du Temps Partiel remonte cependant jusqu’à 1987. La coopérative de travail qui possède l’établissement est en effet la même qui gérait autrefois le défunt bar alternatif La Fourmi Atomik, sur D’Auteuil.

Expulsée de ses locaux par la Régie du bâtiment, qui considérait les lieux comme dangereux, la coop s’était établie dans les locaux qui abritaient autrefois le Bar Mâle et la Taverne Mallette sur une base qui se voulait au départ temporaire, d’où le nom «Temps Partiel», avec l’espoir de revenir éventuellement dans le Vieux-Québec..

La relocalisation est cependant devenue permanente quand les anciens locaux du D’Auteuil et de la Fourmi Atomik ont été transformés pour devenir l’École de la Rue de la Maison Dauphine. «En haute ville, avec tout l’achalandage touristique de l’été, c’était possible de rattraper un hiver difficile avec un bel été grâce aux terrasses. Pas ici», explique François Fradet.

Nouvelles habitudes

Celui-ci pointe aussi du doigt les nouvelles habitudes de vie de la jeune génération pour expliquer les déboires du Temps Partiel. «Je pense que c’est à cause des téléphones intelligents! Le rythme de vie que les jeunes ont n’est plus le même que dans les années ‘80. Les jeunes ne sortent plus, les vieux non plus. Ils se retrouvent sur les réseaux sociaux et sortent ensuite chez l’un ou chez l’autre», illustre-t-il.

Pour M. Fradet, qui faisait partie de la coopérative depuis 1995, la fermeture représente la fin d’une époque. «Ça fait un pincement au cœur, c’est certain. En plus, ma conjointe faisait partie de la coopérative depuis le début. Elle a contribué à la mettre sur pied.»

En plus des cinq sociétaires de la coopérative, deux employés auxiliaires perdront leur gagne-pain avec la fermeture. Les sociétaires n’ont pas encore décidé s’ils tenteraient de lancer un autre établissement licencié après la fin de l’aventure du Temps Partiel. «Il faudra voir ce qu’il restera quand on aura vendu la bâtisse...» a-t-il laissé tomber.