Le «stationnement pour piétons», une installation éphémère estivale qui égayait la 3e Avenue, à Limoilou, depuis trois ans, a été vendu à la SDC du quartier Griffintown, à Montréal.

Le «stationnement pour piétons» disparaît de la 3e Avenue

La disparition du «stationnement pour piétons», une installation éphémère estivale qui égayait la 3e Avenue depuis trois ans, suscite un «certain malaise» chez les instigateurs du projet qui auraient aimé être consultés en amont plutôt que d'être mis devant le fait accompli par la Société de développement commercial (SDC).
«C'est sûr qu'il y a une déception. Il y a beaucoup d'énergie bénévole qui a été investie là-dedans. C'est une initiative locale montée de toutes pièces par la communauté d'affaires et les résidents», mentionne Arnaud Bertrand, fondateur de Monlimoilou.com, l'un des créateurs de ce «beau projet rassembleur».
«Le concepteur n'a pas été avisé. Le minimum aurait été de lui donner un coup de fil», poursuit M. Bertrand, dont le média a révélé la semaine dernière la vente du «placottoir» à la SDC du quartier Griffintown, à Montréal.
Le «stationnement pour piétons» du quartier Limoilou avait été installé à l'été 2014, sur l'espace de deux cases de stationnement. Le module de bois, de couleur jaune vif, était composé d'un long banc public et de quelques plantes. Un piano était à la disposition de ceux qui avaient envie de laisser libre cours à leur inspiration.
Nicolas Marcoux, président de la SDC 3e Avenue, indique au Soleil en être arrivé à la décision de vendre le mobilier, en accord avec son conseil d'administration, en raison des «travaux prématurés» qui commenceront sur La Canardière jusqu'à la 3e Avenue. L'arrivée de la piste cyclable sur l'artère commerciale «nous a amenés à passer l'ensemble de nos activités au peigne fin», ajoute-t-il.
Entre 7000 $ et 8000 $
Des motifs financiers ont également pesé lourd dans la balance, la SDC étant chargée chaque année de déménager et d'entretenir le mobilier, d'acheter des plantes et des fleurs, et d'organiser le cocktail d'ouverture. La facture était évaluée entre 7000 et 8000$.
«Nous avons agi de façon responsable et intelligente. Nous sommes confortables avec notre décision, mais je comprends qu'il peut y avoir des gens insatisfaits», précise M. Marcoux, se disant avoir été «très ouvert» à la vente «pour un prix symbolique» du concept, mais qu'«aucune main ne s'était levée».
«Il y aurait pu y avoir consultation, oui, mais sur la manière de la faire, on pourrait en discuter longtemps.»
Arnaud Bertrand se demande si la Ville n'aurait pas pu s'impliquer pour assurer la pérennité du concept. «Je ne peux pas juste blâmer la SDC, je comprends qu'il y a des priorités financières, mais la Ville aurait eu aussi un rôle à jouer dans la gestion de cet espace urbain.»
Lors de l'inauguration du projet, en juin 2014, le maire Labeaume avait craqué pour l'idée. «Si vous avez d'autres projets fous comme ça, venez nous voir», avait-il déclaré.