Le SPOT (Sympathique Place Ouverte à Tous) compte s'implanter cet été devant l'édifice Frédérick-Back, rue de Salaberry, mais rien n'est encore gagné à la suite de l'opposition d'une poignée de citoyens.

Le SPOT n'est pas bienvenu en haute ville

Désireux de s'installer pour la première fois en haute ville, l'été prochain, les organisateurs de la place publique festive et éphémère SPOT sont confrontés à une opposition citoyenne. Alors que tout laissait croire à une implantation devant le centre Frédéric-Back, rue de Salaberry, il n'est pas exclu que le concept déménage près de l'Îlot des Palais.
La Sympathique Place Ouverte à Tous, qui a connu un franc succès chez les jeunes au cours des deux dernières années dans Saint-Roch et Saint-Sauveur, ne semble pas attendue avec le même enthousiasme dans le quartier Montcalm. Les étudiants de l'École d'architecture de l'Université Laval, maîtres d'oeuvre du projet, sont confrontés à la grogne de quelques résidents soucieux de conserver la quiétude du quartier. Une pétition a jusqu'à maintenant recueilli quelque 75 signatures.
Une réunion d'information tenue mardi soir a mis à jour les critiques des opposants, minoritaires parmi la quarantaine de participants, selon le directeur du Centre Culture et Environnement Frédéric-Back, Alexandre Turgeon, présent à la rencontre.
«La pétition a été présentée comme 75 soirs de party dans votre cour. Les gens ont peur qu'une fois la soirée terminée, les gens traversent dans le parc en face (le parc Lockwell) pour continuer le party, déplore-t-il. Les étudiants en architecture veulent une place conviviale, agréable pour la famille, ce n'est pas pantoute un projet de party.»
Selon M. Turgeon, «un maximum de sept huit personnes» se sont exprimées en défaveur du projet lors de cette réunion. «Ils n'étaient ouverts à aucun compromis. C'était une attitude extrêmement désagréable. Pour certaines personnes, on dirait qu'il n'y a jamais de trucs assez petits pour les empêcher de chiâler.»
Cacher «une verrue»
Pour la direction du Centre Frédérick-Back, il n'est pas question de lâcher le morceau, d'autant plus que le projet permettrait la mise en valeur de la «verrue» que constitue son stationnement. «On garde le cap et on continue à soutenir les étudiants, des jeunes extrêmement dévoués, engagés et qui ont toute mon admiration. On ne va pas abandonner un projet aussi novateur, d'autant plus qu'il amènerait du monde au Centre. Quelque part, c'est aussi une perte de revenus pour nous.»
Le président de la Société de développement commercial (SDC) Montcalm, Jean-Pierre Bédard, indique au Soleil être aussi «très favorable» à l'arrivée de SPOT, précisant que le concept s'inscrit parfaitement dans la nouvelle signature du quartier axée sur les arts. Toutefois, ajoute-t-il, «il y a des gens qui craignent un niveau de décibels trop élevé.»
Une porte-parole de la Ville, Rose-Marie Ayotte, mentionne qu'un plan B est envisagé par les instigateurs du projet, à savoir une implantation à l'Îlot des Palais, près de la rue de la Potasse. Une réunion d'information s'est tenue mercredi soir pour prendre le pouls des citoyens du secteur.
Précisant que la Ville n'est pas le promoteur de SPOT, mais plutôt «un partenaire», Mme Ayotte estime qu'il était encore trop tôt pour déterminer l'emplacement final. «Nous avons invité les étudiants à consulter la population, lui présenter leur programmation et l'ajuster selon les commentaires.»
Il n'a pas été possible de joindre mercredi un représentant de l'équipe d'étudiants de l'École d'architecture. La communauté de SPOT sur Facebook compte plus de 6000 personnes.