Le secteur sud-est du site archéologique Cartier-Roberval en cours de fouille en 2008. Le site et ses artéfacts sont désormais classés par le ministère de la Culture.

Le site Cartier-Roberval mieux protégé

EXCLUSIF / Le site de la première colonie française établie à Cap-Rouge en 1541-1543 et les vestiges déterrés, comme ceux qui s’y trouvent encore, bénéficient désormais de la protection du ministère de la Culture qui les a classés en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel.

«En officialisant le classement d’un site archéologique et d’une collection d’objets immensément riches en histoire, le gouvernement du Québec désire ainsi assurer la pérennité de ce joyau de notre patrimoine culturel et sa transmission aux générations futures, s’est réjouie la ministre Marie Montpetit. Ceux-ci constituent des témoins exceptionnels d’un événement majeur de l’histoire du Québec», ajoute-t-elle.

Cette protection ne certifie pas seulement la valeur exceptionnelle du site situé sur le promontoire de Cap-Rouge aux abords du fleuve. Elle empêche aussi toute utilisation des lieux à d’autres fins que l’archéologie sans l’autorisation du Ministère. Le terrain désigné appartient à la Commission de la Capitale-Nationale.

Le site a été découvert en 2005, un peu par hasard pendant des fouilles exploratoires avant le projet de la promenade Samuel-De Champlain. On y a mis au jour des vestiges de la colonie installée par Jacques Cartier et Jean-François de La Rocque de Roberval à partir de 1541, 67 ans avant la fondation de Québec par Champlain. Il est considéré comme la première tentative de colonie française en Amérique.

Une première phase de fouilles de 2006 à 2010 au coût de 8 millions $ a permis d’explorer 25 % de la superficie du site. Un rapport d’archéologues conseillait de poursuivre les fouilles sur une superficie supplémentaire de 25 %. L’argent n’a jamais suivi.

Le nouveau statut accordé au site et aux vestiges ne garantit pas le versement de nouvelles sommes pour terminer les fouilles. Devant la crainte de certains que le site ne se dégrade, le Ministère a envoyé il y a quelques mois des experts pour s’assurer de l’intégrité des lieux protégés par des bâches. Il semble n’y avoir aucun risque d’altération.

Plusieurs des 6000 artéfacts retrouvés sur le site — tessons de verre, manches d’ustensiles, boutons plaqués d’argent, fragments d’une cotte de mailles, pion de jeu de dames et de trictrac — font partie de l’exposition La colonie retrouvée présentée au Musée de l’Amérique francophone.