La Coalition avenir Québec (CAQ) renonce à l’idée de transformer le Salon de jeux de Québec en casino.

Le Salon de jeux de Québec ne sera pas transformé en casino

La Coalition avenir Québec (CAQ) renonce à l’idée de transformer le Salon de jeux de Québec en casino. La concurrence avec le Casino de Charlevoix et les casinos déjà présents à l’intérieur des navires de croisières en escale à Québec ont fait reculer le gouvernement.

«Je peux indiquer et dissiper les inquiétudes de Charlevoix que ce ne sera pas un casino. Nous ne bonifierons pas l’offre [de jeu à Québec]», a commenté le ministre des Finances Éric Girard jeudi, en marge du caucus du parti à Rivière-du-Loup.

Même s’il n’a pas encore entre les mains l’étude d’opportunité finale commandée à Loto-Québec, le ministre a pris la décision de mettre de côté l’idée lancée il y a un peu plus d’un an, par les candidats de la CAQ à Québec. 

M. Girard dit avoir écouté les élus de Charlevoix quant aux répercussions négatives qu’un casino à Québec pourrait avoir sur les revenus de l’établissement situé à La Malbaie. «J’ai compris qu’il y avait des inquiétudes et ma collègue Émilie Foster notamment m’a sensibilisé.» 

Le ministre rappelle que le gouvernement du Québec est propriétaire du Casino de Charlevoix et actionnaire de l’hôtel du casino. «C’est tout dans notre intérêt que ça se passe bien.»

En se fiant à une étude préliminaire qu’il a reçue en juin, le ministre Girard arrive à la conclusion que la création d’un nouveau casino pourrait même être nuisible à l’industrie des croisières à Québec. «L’étude a démontré que la plupart de ces bateaux-là ont déjà leur propre casino et verraient d’un mauvais œil la concurrence d’un casino de Québec. Il y a une espèce d’entente mutuelle. Les bateaux de croisières ont leur propre casino et les villes ne sollicitent pas ces clients-là.»

Le ministre croit même que Québec pourrait «perdre des croisières pour essayer de gagner quelques joueurs.»

Déménagement

En mai 2018, les caquistes s’étaient toutefois engagés à déménager le Salon de jeux pour le sortir du secteur de Vanier, afin d’éloigner les machines de loterie vidéo des citoyens les plus démunis de la capitale. En engagement que la CAQ n’est pas certaine de réaliser. «Les décisions ne sont pas prises quant au déménagement ou non-déménagement», indique le ministre Girard. 

À l’époque, le député François Bonnardel disait qu’il fallait «corriger une erreur historique» d’installer le Salon de jeux dans ce secteur. Le Salon de jeux est situé depuis 2014 au centre commercial Place Fleur de Lys, un endroit critiqué par la Santé publique de la Capitale-Nationale, étant donné l’accès facile pour des populations plus vulnérables. 

Aujourd’hui, le ministre Girard indique que le critère socioéconomique de l’endroit sera étudié, mais que des critères comme le coût d’un déménagement, l’accès au Salon de jeux et sa rentabilité seront également évalués. L’étude finale concernant le déménagement du Salon de jeux de Québec sera rendue publique dans les prochaines semaines. 

Soulagement 

À La Malbaie, l’annonce du ministre Girard a été accueillie par un soupir de soulagement. «Ça nous rassure. On a fait valoir un argumentaire qui était logique, qui n’était pas misérabiliste, alors je suis très content», commente le maire Michel Couturier. 

Inquiets de ne pas avoir de nouvelles du gouvernement de la CAQ sur cette idée d’ouvrir un casino à Québec, les élus et gens d’affaires de Charlevoix étaient en train de se mobiliser. Une marche populaire en appui au Casino de Charlevoix et à ses travailleurs était prévue pour le 21 septembre. 

«Maintenant, on tend la main au gouvernement pour bonifier l’offre de jeu dans Charlevoix. Les touristes internationaux, trouvons une stratégie pour les amener dans Charlevoix, car on fait aussi partie de la grande région de la Capitale-Nationale», commente M. Couturier.