Le gouvernement est en attente d’une étude pour transformer le salon de jeux de Vanier en casino et le déménager dans un endroit qui permettra d’«aller chercher davantage d’argent neuf dans les poches des touristes», avait promis la CAQ en amont de la campagne électorale.

«Le Salon de jeux de Québec doit fermer», plaide l’ex-maire de Pointe-au-Pic

Un acteur de la première heure dans l’ouverture du Casino de Charlevoix en 1994 craint que le déménagement du Salon de jeux de Québec souhaité par la Coalition avenir Québec (CAQ) signe l’arrêt de mort de l’établissement de La Malbaie qui a vu le jour il y a maintenant 25 ans.

À l’époque, Jean Lajoie était maire de Pointe-au-Pic et préfet de la MRC de Charlevoix-Est. Dans une lettre ouverte publiée dans Le Soleil, et préalablement dans l’hebdo Le Charlevoisien, il demande au gouvernement de François Legault de fermer le Salon de jeux de Québec.

Dans cette lettre, il rappelle que le gouvernement libéral de l’époque avait accordé l’ouverture d’un casino à La Malbaie (secteur Pointe-au-Pic) pour en faire un levier économique et touristique avec la promesse qu’il n’y en aurait aucun autre dans la région de la Capitale-Nationale. Depuis, les choses ont bien changé.

«Il n’y a jamais rien d’acquis», lance M. Lajoie au bout du fil, en observant le glissement fait vers Québec alors que Charlevoix-Est est considéré comme une des régions les plus pauvres au Québec et qu’elle a déjà subi des pertes d’emplois avec l’ouverture d’un salon de jeux. «Le Casino de Charlevoix a perdu près de 40 % de ses employés et comme effet négatif, les salaires qui accompagnent ces pertes», écrit-il dans sa lettre.

«Ça me fait tellement de la peine. On a travaillé là-dessus pendant cinq ans avant de l’avoir. Quand on réussit à arracher quelque chose à Québec, c’est bon. Le Casino n’engrange pas ici les millions qu’il aurait à Québec, mais je ne suis pas sûr que Québec en a besoin», soutient l’ancien élu municipal, qui ne pouvait se taire devant ce qui se trame.

En effet, le gouvernement est en attente d’une étude pour transformer le salon de jeux de Vanier en casino et le déménager dans un endroit qui permettra d’«aller chercher davantage d’argent neuf dans les poches des touristes», avait promis la CAQ en amont de la campagne électorale.

«S’ils font ça, le Casino de Charlevoix va devenir [au mieux] une grosse arcade», se désole M. Lajoie. Ce dernier se méfie des conclusions de l’étude en marche parce qu’il est facile, selon lui, d’interpréter comme on veut ce genre d’exercice. Parallèlement, les élus locaux ont aussi demandé une étude sur l’impact pour la région d’une éventuelle fermeture du Casino de Charlevoix.