Distribués de porte en porte dans l'arrondissement La Cité-Limoilou depuis le printemps 2015, les sacs de plastique bleutés sont désormais plus populaires que les bacs rectangulaires de 64 litres.

Le sac bat le bac

La disponibilité de sacs transparents pour mettre à la rue les vieux journaux, boîtes de conserve et autres pots de yogourt a permis d'augmenter la participation des citoyens des quartiers centraux de Québec au recyclage.
Distribués de porte en porte dans l'arrondissement La Cité-Limoilou depuis le printemps 2015, les sacs de plastique bleutés sont désormais plus populaires que les bacs rectangulaires de 64 litres. Près de la moitié des adresses du centre-ville les utilisent, contre 22 % pour les petits bacs. Les gros bacs sur roues sont privilégiés par le tiers des portes, selon les chiffres obtenus par Le Soleil.
Les sacs sont plus utilisés «dans les secteurs historiques et commerciaux et dans les secteurs les plus denses où se trouve un plus grand nombre d'immeubles multilogements», moins là où il y a des résidences unifamiliales, indique Mireille Plamondon, porte-parole de la Ville de Québec. C'est une question d'espace, tant dans la cour que sur le trottoir.
Souvent, les sacs sont appelés à la rescousse quand le bac traditionnel est plein. Les citoyens ne sont donc plus limités dans leur effort de recyclage. «En évitant que les matières ne s'envolent, comme c'était le cas avec le bac de 64 litres, [les sacs] permettent une meilleure propreté des rues et une plus grande accessibilité aux trottoirs», ajoute Mme Plamondon.
Après deux ans d'utilisation, la Ville de Québec peut également dire que les sacs bleus ont incité davantage de citoyens à donner une seconde vie à leurs déchets. De 50 % qu'ils étaient en 2015, ils sont désormais 80 % à faire du recyclage dans l'arrondissement La Cité-Limoilou. Les quartiers centraux sont ainsi en voie de rattraper le taux de participation moyen de 85 à 90 % calculé sur l'ensemble du territoire.
L'administration municipale continue de distribuer gratuitement les sacs de recyclage dans La Cité-Limoilou. Ils sont livrés de porte en porte en paquets de
20 deux fois par année et autrement disponibles dans les bureaux de l'arrondissement.
Pour 2015 et 2016, l'opération a coûté 479 633 $ pour plus de
3,2 millions de sacs distribués. Pour 2017, les contrats accordés après des appels d'offres publics totalisent un peu plus de 200 000 $ pour une quantité de 1 632 000 sacs, pour un prix unitaire sous les 10 cents.
Mme Plamondon assure qu'«il n'est pas prévu qu'on arrête de distribuer les sacs gratuitement».
Une entrée chaotique
Quand la Ville de Québec a réorganisé la collecte des ordures et du recyclage au centre-ville en 2015, il était prévu que les sacs de recyclage remplacent à jamais les bacs bleus de 64 litres. Ça n'est jamais arrivé parce que les citoyens se sont plaints en grand nombre dès que l'orientation municipale a été annoncée.
Pour plusieurs, le sac était considéré comme moins écologique, moins propre et moins pratique. Devant le tollé, l'administration Labeaume n'a pas tardé à décréter que les deux contenants pouvaient cohabiter temporairement.
À la faveur d'autres critiques concernant notamment les heures de collecte, le maire de Québec a finalement annulé la réforme, qui avait pour but de simplifier l'opération de ramassage des déchets. Les économies annuelles de 2,5 millions $ ne se sont jamais matérialisées.
Les sacs de recyclage ont tout de même survécu à ce qu'il est convenu d'appeler la «saga des vidanges» et ont fini par s'imposer au fil des ans comme un contenant valable pour les matières recyclables.