Le président du RTC, Rémy Normand

Le RTC passe en «mode de service COVID-19»

Le Réseau de transport de la capitale (RTC) passe du «mode de service régulier» au «mode de service COVID-19» pour faire face à une chute importante d’achalandage, suivie d’une chute des revenus à l’avenant.

«C’est une situation jamais vue chez nous», observe le président du RTC, Rémy Normand. Il y a eu des grèves par le passé qui ont chamboulé l’entreprise municipale. Mais rien de comparable à la crise mondiale de la COVID-19.

«Hier soir, le conseil d’administration du RTC a tenu une séance extraordinaire afin de prendre des décisions importantes», annonce donc le conseiller municipal. «Tout cela va induire des impacts, des conséquences pour la clientèle. […] Il va falloir que les gens vérifient comme il faut les nouveaux services mis en place à partir de lundi.»

Les mesures de distanciation sociale imposée par l’État, «ça a des conséquences importantes sur notre achalandage», fait remarquer M. Normand. Lui-même voit passer les bus peu utilisés : «Souvent des bus vides.»


« On est tout près de 80% de baisse d’achalandage. »
Rémy Normand, président du Réseau de transport de la capitale

Habituellement, le RTC compte autour de 150 000 passages d’usagers par jour. Il en est à plus ou moins 30 000. «On opère pour 20% d’achalandage.»

Dès lundi, 30 mars, il y aura moins de véhicules sur les routes de la capitale. Pour l’instant, la diminution est d’environ 30 %. Mais des ajustements sont à prévoir.

Les métrobus seront toujours fréquents. Les autres parcours seront largement modifiés. M. Normand évoque l’horaire d’un «samedi bonifié».

«Ces mesures-là sont en vigueur jusqu’à temps que la situation se soit résorbée.»

Finances

Bien sûr, comme les autres organisations, entreprises et commerces, les finances du RTC écopent. «Il y aura un impact certain.»

Avant que le coronavirus SARS-Cov-2 change nos vies, le réseau de transport avait des revenus d’environ 6,1 millions $ par mois. Ils ont fondu : «Il n’y a pas de clientèle qui achète de titres de transport.»

À la maison

Puisqu’il y aura moins d’autobus sur les routes, quelque 300 chauffeurs devront rester à maison. «L’effectif chauffeur est réduit de 30%.» Ils seront «sur appel», pourront être appelés au travail selon les besoins.

Ils ne sont pas mis à pied, insiste M. Normand. Ils seront rémunérés.

Le RTC compte 1605 employés, dont 926 chauffeurs. Ceux-ci effectuent en moyenne 4223 départs par jour, sur 134 parcours, dans 607 autobus. Ils ont sillonné 27 341 824 kilomètres en 2018.

Depuis un peu plus d’une semaine, les usagers peu nombreux doivent entrer par la porte arrière; une exception était faite pour les personnes à mobilité réduite. Mercredi, toutefois, le RTC a biffé cette permission spéciale: les usagers qui ont besoin d’une rampe d’accès pour embarquer dans un bus doivent maintenant faire appel au Service de transport adapté de la capitale (STAC).

D’ailleurs, la STAC connaît aussi une diminution considérable de son achalandage : 85%.

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ATTENTION AU NOMBRE DE PASSAGERS

Afin de maintenir une certaine distance entre les usagers du transport en commun, le RTC limitera leur nombre dans chaque véhicule. Des autobus supplémentaires seront ajoutés sur les parcours où ces normes seront dépassées.

-> Midibus : 15 passagers maximum

-> Autobus standard : 25 passagers maximum

-> Autobus articulé : 35 passagers maximum