En raison de retards dans l'approbation de subventions fédérales transitant par le provincial, le RTC doit augmenter temporairement son crédit à 60 millions $.

Le RTC obligé d'emprunter 35 millions $

Le Réseau de transport de la Capitale (RTC) se voit forcé d'augmenter la limite de sa marge de crédit de la rondelette somme de 35 millions $ en raison de retards dans l'approbation de subventions fédérales transitant par le provincial.
Le conseil d'administration du transporteur public a entériné mercredi soir une demande de «crédit spécial» à même la marge de crédit bancaire qu'il utilise déjà pour payer les comptes courants. De 25 millions $, celle-ci passera temporairement à 60 millions $.
Ce crédit supplémentaire servira notamment à payer NovaBus pour les 22 autobus hybrides livrés récemment au RTC sur une commande totale de 36.
Cet important projet ainsi qu'une cinquantaine d'autres ont été soumis par l'organisme municipal au Fonds pour les infrastructures du transport en commun (FITC) mis sur pied l'an dernier par le gouvernement du Canada. Ils totalisent 90 millions $ et pourraient être subventionnés jusqu'à 90 %. Habituellement, Québec paie à hauteur de 75 % les infrastructures pour le transport collectif.
Mais voilà, le gouvernement québécois, qui administre le programme fédéral, tarde à approuver les projets. Résultat : l'argent est bloqué à Ottawa. «On est sans nouvelles du statut du programme. Il y a encore des tractations, semble-t-il, entre le fédéral et le provincial», rapporte Rémy Normand, président du RTC.
«Ce que ça cause comme inconvénient ici - et on sait qu'ailleurs d'autres sociétés de transport vivent des problèmes similaires à différents niveaux - ce sont des coûts additionnels avec des frais d'intérêt plus grands parce qu'on va aller sur la marge de crédit en attendant le financement», détaille-t-il. Ces frais d'intérêt n'ont pas été estimés encore, mais chose certaine, ils ne seront pas récupérables en vertu des règles du programme.
La haute direction du RTC a choisi la marge de crédit plutôt qu'un règlement d'emprunt, car elle demeure confiante que le dossier se règle assez rapidement, dans les six prochains mois. À la connaissance du président et du directeur général, Alain Mercier, c'est la première fois qu'une telle situation se produit au RTC.
En décembre, Le Soleil écrivait que le Québec tarde à réclamer l'argent mis à sa disposition pour le transport en commun par le fédéral. Seulement six projets ont été financés, soit 173 des 923 millions $ disponibles. Le bilan n'a pas bougé depuis. D'autres provinces ont pourtant fait le plein et déjà dépensé l'ensemble des sommes qui leur étaient accessibles.
Augmentation salariale de 1 % pour les cadres du RTC
Alors qu'il négocie avec ses chauffeurs, mais également d'autres groupes d'employés, le RTC accorde à ses cadres supérieurs ainsi qu'à son personnel-cadre, professionnel et administratif non syndiqué une augmentation salariale de 1 % pour l'année 2017. Cette décision approuvée mercredi par le conseil d'administration a été prise «en fonction du marché de l'emploi, de l'augmentation de l'indice des prix à la consommation pour la région de Québec, des augmentations salariales consenties au sein des administrations publiques et de la situation financière du RTC», peut-on lire dans la documentation remise aux administrateurs. Une clause prévoit également que les économies récurrentes engendrées à la suite du renouvellement des conventions collectives seront partiellement redistribuées à tous les corps d'employés, comme c'est le cas depuis plusieurs années déjà. Le président Rémy Normand considère que ce modèle de rémunération témoigne de la «communauté de pensée» au RTC. Il ne craint pas que l'augmentation salariale des cadres nuise aux négociations en cours, notamment avec les chauffeurs qui s'apprêtent à tenir un vote de grève. «Ça envoie un très bon message», va-t-il jusqu'à déclarer. 
Grève potentielle: le président du RTC tente de rassurer la clientèle
Le président du Réseau de transport de la capitale (RTC), Rémy Normand, est conscient que des clients s'inquiètent d'un possible conflit de travail qui affecterait le transport en commun à Québec. Les négociations avec les chauffeurs se poursuivent et la grève n'est pas pour dimanche, dit-il pour rassurer les usagers.
«Les parties sont sérieuses. Ça négocie bien jusqu'à date; des nouvelles que j'en ai, en tout cas. Les parties sont aux tables et on s'attaque aux différends qu'il peut y avoir pour essayer de les résorber», a déclaré M. Normand mercredi matin, sans entrer dans les détails.
Ce dernier ne se sent pas pressé outre mesure, malgré l'annonce de la tenue d'un vote de grève dimanche pour les 950 chauffeurs du RTC. La convention collective du Syndicat des employés du transport public du Québec (SETPQM), affilié à la CSN, est échue depuis le 30 juin 2016. 
«Ce n'est pas nécessaire de régler avant dimanche. Ce que le syndicat recherche actuellement, c'est d'avoir un mandat. Va-t-il l'exercer ou pas, c'est une autre ball game, une autre question», affirme le président du RTC. 
«Nous, notre souci premier, c'est la clientèle. On s'occupe de nos clients, on les rassure pour le moment en leur disant qu'il n'y a pas de geste immédiat qui va être posé, il n'y a pas de coupure de service. Donc, on les incite à poursuivre l'utilisation du transport en commun», poursuit-il, sans cacher que plusieurs usagers ont manifesté leur inquiétude. 
Le conseiller municipal, membre du comité exécutif de la Ville de Québec, où il est chargé du dossier de la mobilité, constate lui aussi les effets des nouvelles lois longuement réclamées et finalement obtenues par le monde municipal, qui précipitent les moyens de pression en début de négociation. 
«La loi 15 sur les régimes de retraite et la loi 24 sur les régimes de négociation dans les secteurs publics imposent des contraintes plus grandes qu'auparavant, à la fois à la partie syndicale et à la partie patronale. De telle sorte que quelque part, il y a des contraintes d'échéance qui pèsent sur eux et qui pèsent sur nous. Est-ce que ça pèse plus sur eux que sur nous, ça reste à déterminer», a fait valoir M. Normand mercredi.