Pour Régis Labeaume, les ajouts au service de transport en commun en périphérie sont «une réponse aux résidents de ces secteurs qui se demandent comment ils profiteront» du projet de tramway.
Pour Régis Labeaume, les ajouts au service de transport en commun en périphérie sont «une réponse aux résidents de ces secteurs qui se demandent comment ils profiteront» du projet de tramway.

Le RTC courtise la couronne nord de Québec

Transport à la demande, utilisation des voies d’accotement des autoroutes, ajouts de services haute fréquence : Le Réseau de transport de la capitale bonifie son service dans la couronne nord de la Ville et facilitera la connexion avec les MRC voisines.

Le déploiement de ces nouveaux services prévus entre 2021 et 2027 se fait en marge de la construction du réseau structurant de transport en commun (tramway). Il s’adresse aux citoyens «qui pourraient avoir la perception qu’ils ne bénéficient pas suffisamment de l’investissement majeur» de 3 milliards $ consenti par Ottawa et Québec, reconnaît le maire de Québec.

Depuis un an, l’appui de la population au projet de tramway est en baisse. Régis Labeaume avoue que les ajouts au service de transport en commun en périphérie sont «une réponse aux résidents de ces secteurs qui se demandent comment ils profiteront» du projet de tramway.

«La question de ben du monde est de savoir ce que ça va leur donner. C’est légitime. Notre réponse est que s’il n’y a pas de réseau structurant, il n’y a pas d’annonce comme ça aujourd’hui.»

Ainsi, la bonification du service permettra en 2026 à 38 % de la population au nord de l’autoroute Félix-Leclerc d’avoir accès à un parc-0-bus ou à un Métrobus à moins de 800 mètres de leur résidence alors que ce pourcentage est actuellement de 18 %.

Parmi les innovations pour augmenter la rapidité et la fiabilité du service, le plan propose l’ajout de voies réservées sans «enlever un kilomètre de voie aux automobiles» se félicite Régis Labeaume. Pour y arriver, le RTC souhaite notamment utiliser 34 km d’accotement des autoroutes comme ça se fait dans d’autres villes. Des discussions sont en cours pour obtenir l’autorisation du ministère des Transports. 

Projets-pilotes

Dès l’an prochain, le RTC mettra en place les premiers projets-pilotes de transport à la demande, explique le président du RTC, le conseiller Rémy Normand. Il s’agit d’un service de «microtransit pour effectuer de très courts déplacements à l’intérieur d’un secteur donné ou un rabattement vers les services fréquents du RTC» dans un rayon de 15 km. Le service est jugé avantageux pour les secteurs de plus faible densité et offre surtout plus «de flexibilité», se réjouit M. Normand. Les secteurs de Charlesbourg Nord, Val-Bélair, Saint-Émile et Lac-Saint-Charles seront les premiers à en bénéficier.

Ces mesures et d’autres permettront de créer ce que le maire appelle une «véritable toile régionale pour le transport en commun». L’ajout de 250 places dans les Parcs-O-Bus, créera un total de 6000 places disponibles pour les utilisateurs des MRC adjacentes dont des représentants assistent à l’annonce de vendredi.

«C’est historique, a lancé Claude Lebel, maire de Stoneham-et-Tewkesbury et préfet de la MRC de la Jacques-Cartier. J’y vois un symbole d’union des régions. Je n’avais jamais pensé à un projet aussi vaste. Ce sont 140 000 clients supplémentaires affectés (positivement) par l’annonce. Ma fille n’aura pas son auto pour aller au cégep», rigole-t-il pour vanter l’efficacité des ajouts présentés.

Il se réjouit notamment de l’aménagement d’un Parc-O-Bus de 50 places à Lac-Saint-Charles. Un second de 200 places sera construit à Saint-Émile. 

Le budget d’exploitation additionnel requis pour l’ensemble des mesures est de 34,1 M$ par an pour le RTC, soit 10 M$ pour le transport à la demande et 24,1 millions $ pour le projet de bonification de la couronne périphérique. Un montant additionnel de 144 millions $ est requis pour le plan d’infrastructures.