Le Réseau de transport de la Capitale (RTC) attend toujours le versement de subventions totalisant 60 millions $ accordées par le fédéral, mais transitant par le provincial.

Le RTC attend toujours ses 60 M$

Plus d’un an après le dépôt de projets et quatre mois après une annonce officielle avec politiciens et communiqué de presse, le Réseau de transport de la Capitale (RTC) attend toujours le versement de subventions totalisant 60 millions $ accordées par le fédéral, mais transitant par le provincial.

En février, le RTC se voyait forcé d’augmenter la limite de sa marge de crédit de 35 millions $ pour payer à NovaBus 36 autobus hybrides de nouvelle génération qui roulent déjà dans les rues de Québec.

Ce projet et une cinquantaine d’autres totalisant 90 millions $ avaient alors été soumis pour approbation au Fonds pour les infrastructures du transport en commun (FITC) créé par le gouvernement du Canada dans son budget de 2016. Mais l’étude du dossier par le Québec, qui administre le programme, tardait. 

En juillet, déblocage. Le ministre de la Capitale-Nationale d’alors, François Blais, et le député fédéral Joël Lightbound annoncent que 32 projets du RTC, dont l’achat de bus et l’aménagement de stationnements incitatifs, sont retenus et seront financés à hauteur de 60 millions $. 

Rémy Normand, président de la société de transport, a pensé tout naturellement que l’argent serait versé rapidement. Mais quatre mois plus tard, pas un sou n’est parvenu au RTC. «Pour moi, une annonce publique, c’est comme une approbation, une autorisation. On avance dans ces projets-là, mais ce qu’on me dit, c’est que le paiement n’est pas encore rentré.»

Le politicien croit que c’est un problème de «séquence de décaissement» car l’année financière du palier municipal colle à l’année civile tandis que celle du provincial, qui signera le chèque, court d’avril à mars. M. Normand a «bon espoir» que le dossier se règle prochainement. 

En attendant, le RTC a réussi à gérer ses liquidités de façon à libérer sa marge de crédit et limiter ses frais d’intérêts. «On en a eu besoin pour six mois et on ne l’a pas renouvelée», la marge de 35 millions $, indique le président du RTC. Par contre, certains projets ont été retardés en attendant le financement. 

Le FITC hausse le niveau de subvention des projets de transport en commun à 90 % contre 75 % habituellement. 

Québec pointé du doigt

Agnès Maltais, députée du Parti québécois dans Taschereau, pointe du doigt le gouvernement du Québec pour ce retard. «Il faut absolument que le gouvernement verse et il doit rembourser les intérêts payés par la Ville de Québec», par les citoyens de Québec, martèle-t-elle. «Depuis juillet que c’est annoncé et dans le budget, [les libéraux] disaient qu’ils avaient l’argent, donc il n’y a aucune raison qu’ils ne livrent pas.»

Mme Maltais rappelle que seulement le tiers des sommes obtenues du fédéral a été redistribué aux municipalités par le provincial. «Si ce n’est pas fait au mois de mars, on va perdre 67 % de l’argent», déplore la députée de l’opposition. Son chef, Jean-François Lisée, a questionné le premier ministre là-dessus cette semaine, mais Philippe Couillard a profité de son temps de réponse pour mousser son projet de lien rapide entre Québec et Montréal. 

Le Soleil a cogné à la porte du ministère des Transports et du Conseil du Trésor pour avoir des explications, mais n’a pas obtenu de réponse.