Le réaménagement de la rue Saint-Ambroise fait des mécontents

Le réaménagement de la rue Saint-Ambroise, dans le quartier Saint-Sauveur, ne fait pas que des heureux. Le propriétaire de l'épicerie Bonichoix, implantée depuis bientôt 40 ans, craint pour son commerce et doute de l'argument sécuritaire avancé par l'administration Labeaume.
«J'aime bien les fleurs, j'aime bien les arbres, mais là, c'est impossible», a lancé Denis Tremblay au Soleil lundi.
Celui qui possède l'épicerie de la rue Cardinal-Taschereau au coin de Saint-Ambroise depuis 1977 craint que les travaux de réaménagement qui commenceront ce printemps n'affectent trop la circulation autour de son commerce. Au premier chef, la Ville de Québec rendra plus étroite la rue Cardinal-Taschereau en aménageant une placette publique en forme de triangle avec des arbres et des bancs publics. 
Les voitures qui arrivent par Cardinal-Taschereau ne pourront plus tourner à droite sur Saint-Ambroise, mais devront effectuer une forme de «s» vers la rue Chevrière.
«Les camions de livraison ne pourront pratiquement plus venir dans notre secteur. Et pour les quelques stationnements qu'on a, on va être vraiment pénalisés. On nous en promet, mais on ne le croit pas», a déploré M. Tremblay. 
«Et ils vont détourner la circulation dans un quartier encore plus résidentiel et beaucoup de gens vont être frustrés de ça», a-t-il ajouté, mentionnant notamment la présence de l'école Sacré-Coeur, rue de Jumonville.
Denis Tremblay et son fils Jean-François, aussi copropriétaire de l'épicerie, ont fait part de leurs inquiétudes à la Ville de Québec, notamment lors de la présentation du projet le 29 novembre. Ils ont maintenant le sentiment que «tout est coulé dans le béton». L'administration Labeaume ira de l'avant, déplorent-ils en promettant de plaider leur cause dans leur voisinage.
Il faut dire que des consultations publiques, un sondage en ligne, ne s'adressaient qu'aux résidents de la rue Saint-Ambroise. Sur les 54 répondants, la grande majorité était favorable aux intentions de l'administration Labeaume et 91 % sont pour l'installation d'une aire de repos devant l'épicerie Bonichoix.
Par ce réaménagement de la rue Saint-Ambroise entre Saint-Vallier Ouest et Saint-Mathias, la Ville de Québec souhaite élargir des trottoirs pour améliorer la sécurité et l'accessibilité en plus de revoir le sens de la circulation et verdir le secteur.
Le réaménagement envisagé de la rue Saint-Ambroise, dans le quartier Saint-Sauveur
La conseillère se fait rassurante
La conseillère de Saint-Roch-Saint-Sauveur, Chantal Gilbert, assure que Denis Tremblay n'a pas à craindre pour son commerce. «Les camions vont passer. Toute l'évaluation a été faite», a-t-elle réagi en entrevue téléphonique au Soleil lundi. «Les fonctionnaires sont allés évaluer les largeurs des rues, ce dont il avait besoin pour ses camions. On a évalué avec toute la rigueur nécessaire», a-t-elle poursuivi. En fait, l'élue croit même plutôt que Bonichoix va profiter du réaménagement. 
«Nous, on fait le pari contraire. Les gens vont avoir envie de profiter de la place publique. Si j'étais lui, je sauterais sur l'occasion», a-t-elle dit.
Plus globalement, Chantal Gilbert voit dans la réfection de la rue Saint-Ambroise la suite de ce qui a été entrepris par le projet-pilote de verdissement de la rue Anna. 
«Saint-Ambroise était en plus une opportunité extraordinaire parce qu'il faut l'éventrer», a indiqué la conseillère à propos des travaux aux infrastructures souterraines. 
Cette rue est aussi tout indiquée pour améliorer le lien jusqu'à la rivière Saint-Charles que l'administration actuelle veut valoriser. «Elle est en lien direct avec la passerelle des Trois-Soeurs», a-t-elle ajouté à propos du lien pédestre et cyclable entre les deux rives de la rivière Saint-Charles.