Québec aimerait voir un millier de logements à la place du quartier militaire de Sainte-Foy.
Québec aimerait voir un millier de logements à la place du quartier militaire de Sainte-Foy.

Le quartier militaire de Ste-Foy remplacé par 1000 logements

Pierre-André Normandin
Pierre-André Normandin
Le Soleil
La Ville de Québec compte sur la disparition du quartier militaire de Sainte-Foy pour réinventer complètement ce secteur à l'ombre des centres commerciaux. À terme, la cinquantaine de maisonnettes devrait faire place à 1000 logements répartis dans des édifices de quatre à huit étages, a appris Le Soleil.
Voilà peu, l'armée a approché la Ville pour lui faire part de son intention de se débarrasser de ses 140 logements dédiés aux familles de soldats afin d'y implanter un centre d'entraînement pour réservistes. D'abord froide à l'idée de voir apparaître un manège militaire à cet endroit, Québec y a néanmoins vu l'occasion de donner un coup de jeune à ce secteur datant de la Seconde Guerre mondiale.
«Le ministère de la Défense tient à tout prix à se construire sur Hochelaga et, nous, on souhaite densifier», expose François Picard, vice-président du comité exécutif. «Évidemment, on aurait préféré qu'ils s'installent peut-être ailleurs, mais on dit : "Ok, laissons-les là". On leur demande toutefois de faire une architecture de qualité, intéressante.»
Québec a donc invité les Forces canadiennes à construire de deux à trois «beaux» édifices de quatre étages afin d'éviter de voir apparaître un seul bâtiment plat. «Si on avait une galette d'un étage, ce serait une perte incroyable pour ce secteur», estime M. Picard.
Les négociations vont bon train et le ministre de la Défense envisage de garder seulement de 15 % à 20 % des terrains, soit ceux le long du boulevard Hochelaga à l'angle de la rue Fiemond. Le reste de ces 11 hectares serait vendu d'ici 2013, comme l'indiquait récemment l'armée dans une lettre envoyée à ses familles de militaires.
Bande commerciale
Si l'essentiel des terrains rendus vacants par la disparition des résidences militaires servirait à l'habitation, la Ville prévoit une bande commerciale tout le long d'Hochelaga. Et ce, question de faire tampon entre Laurier Québec et le quartier résidentiel. Ces bâtiments de quatre à huit étages alignés le long du boulevard abriteraient au rez-de-chaussée des commerces de proximité (clini­ques médicales, dentistes) et des bureaux aux étages. À terme, Hochelaga ressemblerait ainsi davantage au boulevard Lebourg­neuf dans l'arrondissement Les Rivières, d'illustrer M. Picard.
Quant au reste des terrains, soit les deux tiers de tout l'espace, Québec vise la construction d'environ 1000 nouveaux logements dans des édifices de quatre à huit étages. Question d'amoindrir le «choc» avec les bungalows voisins, les édifices seraient implantés en escalier, une technique d'urbanisme déjà employée le long de Robert-Bourassa. «Où il y a des habitations existantes, on fait du deux à trois étages. Plus on s'éloigne, plus on peut s'élever et faire de la plus forte densité», d'exposer M. Picard. Le quartier prendrait ainsi en quelque sorte la forme d'une pyramide.
Par ailleurs, le projet prévoit la protection du boisé Saint-Denys, situé au nord du quartier militaire. La Ville qui projetait de le traverser d'une rue a finalement abandonné l'idée. Classé «d'intérêt» en raison de la présence de certaines essences d'arbres, il serait en grande partie préservé tandis que le parc du même nom serait agrandi vers l'ouest.
Effet domino
Tout ce projet risque d'avoir un effet domino sur le secteur, espère M. Picard. La demande pour les espaces à bureaux étant toujours forte, la Ville compte également encourager les promoteurs à construire au-dessus des stationnements des centres commerciaux, à l'instar de Simons qui s'est ainsi agrandi non loin, à Place Sainte-Foy.
«Ça donnerait peut-être l'occasion à Place Laurier de faire des édifices sur son stationnement arrière. Ils ont réussi à l'avant
à faire des édifices comme La Baie. Pourquoi pas des édifices sur le boulevard Hochelaga maintenant? Et là, on aurait un splendide boulevard urbain», s'enthousiasme François Picard.