Les premières pelles mécaniques devraient se mettre en œuvre au début de 2019 pour la construction du Phare.

Le projet Le Phare adopté au conseil

C’est fait. Le conseil municipal a adopté lundi le règlement qui permet à Groupe Dallaire d’aller de l’avant, mais surtout en hauteur, avec son projet Le Phare, composé de quatre tours dont la plus haute fera 65 étages.

Le conseiller indépendant Yvon Bussières a bien tenté une astuce législative de dernière minute pour renvoyer Équipe Labeaume à ses devoirs, mais rien n’y a fait.

Il aurait voulu, comme ses quatre autres collègues de l’opposition, que le programme particulier d’urbanisme (PPU) soit respecté en limitant la hauteur maximale de deux des quatre tours à 30 étages (110 mètres). «Je fais ça par respect de la qualité de vie des gens du secteur. On avait un consensus avec le PPU», a-t-il expliqué.

Des propos secondés par le chef de l’opposition officielle, Jean-François Gosselin. «Les citoyens ne sont pas contre Le Phare, mais contre la hauteur», a-t-il rappelé.

Plus tôt, une citoyenne du secteur s’est présentée au conseil pour déposer une pétition de 2000 noms contre le projet dans sa mouture actuelle.

Ces initiatives ne devaient être que les derniers souffles d’une opposition impuissante à contrer l’adoption du règlement par les membres d’Équipe Labeaume, majoritaires au conseil.

L’administration Labeaume a donc pu, pour un projet «d’exception» comme Le Phare, faire fi des normes imposées par le PPU de Sainte-Foy adopté en 2012. Un pouvoir récemment octroyé par le gouvernement du Québec, connu comme l’article 74.4 de sa charte.

Depuis le début des consultations publiques, les opposants au projet y voient un «détournement de démocratie». Ils auraient souhaité un référendum sur le sujet, ce que permettait d’éviter l’application de l’article controversé.

Comme le désirait le promoteur, Michel Dallaire, les premières pelles mécaniques devraient se mettre en œuvre au début de 2019.

Le projet de 755 millions $ compte quatre tours de 17 à 65 étages. Il comprendra 3 millions de pieds carrés divisés en bureaux, logements, condos et commerces. Le chantier s’échelonnera sur une période de 10 ans.

+

TERRAINS CONVOITÉS PAR WENDAKE: LE MAIRE MANQUE D'INFORMATIONS

Le maire de Québec a avoué lundi avoir été informé par les médias que la nation huronne-wendat convoitait des terrains de Sainte-Foy récemment libérés par la Défense nationale. Radio-Canada révélait au début du mois que le grand chef Konrad Sioui souhaite acquérir les 123 000 mètres carrés de terrain disponibles pour répondre à la demande des 851 Hurons-Wendats inscrits sur une liste d’attente pour s’installer sur le territoire. La réserve de Loretteville est actuellement remplie au maximum de sa capacité. «Je ne sais pas comment réagir, a lancé Régis Labeaume. Et vous comprendrez que je ne veux pas me mêler des relations entre les Autochtones et le gouvernement fédéral.» N’empêche, le maire pourrait avoir une discussion à ce sujet dès mardi avec le ministre fédéral de la Famille, des Enfants et du Développement social, Jean-Yves Duclos, à l’occasion d’une conférence de presse prévue sur un autre sujet. «On est chez nous. C’est un peu fatigant. On va s’informer», a-t-il conclu.  

+

«C'EST COLON»

L’arrivée au conseil municipal du nouvel élu de Québec 21, Patrick Paquet, lundi, a été soulignée de façon bruyante, suffisamment pour déplaire au maire de Québec. Dans un élan d’enthousiasme visiblement orchestré, des partisans du conseiller de Neufchâtel-Lebourgneuf ont applaudi avec des cris de joie. Ils répondaient alors à la demande du chef de Québec 21, Jean-François Gosselin, qui souhaitait la bienvenue à son nouvel allié. Régis Labeaume a été surpris comme bien d’autres de cet appui sonore en provenance de l’assistance. Il a alors laissé échapper à micro ouvert : «C’est colon» au même moment où la présidente de l’assemblée demandait aux citoyens dans la salle de rester neutres. À mettre dans la liste des déclarations intempestives.

+

VOTE SUR LE BUDGET: L'OPPOSITION RÉFLÉCHIT

L’opposition officielle à l’hôtel de ville se donne encore 48 heures avant de faire connaître son vote pour analyser le budget présenté depuis la dernière semaine. «On a encore beaucoup de documentation à examiner», a laissé savoir Jean-François Gosselin, chef de Québec 21. Le vote doit se tenir mercredi matin. «On nous demande de voter sur des sommes considérables et il manque des détails et de vision à long terme», soulève M. Gosselin comme argument qui pourrait faire pencher la balance vers un vote contre. «On vous réserve la surprise pour mercredi», a-t-il tranché, pressé de questions. L’an passé, Québec 21 avait voté contre le budget, notamment en raison de la hausse des taxes commerciales et l’explosion des coûts de construction de la nouvelle centrale de police. Avec ou sans l’appui de Québec 21, le budget sera adopté puisque le parti du maire Labeaume est majoritaire au conseil.  

+

LA DÉGRADATION DE LA MAISON POLLACK SE POURSUIT

Le conseiller Jean Rousseau s’est présenté tout juste avant le conseil municipal avec, en mains, une volute en plâtre (élément architectural) de la maison Pollack qu’il a trouvée par terre.

Le conseiller Jean Rousseau presse la Ville de Québec de procéder à l’expropriation de la maison patrimoniale Pollack, qui a plus que jamais besoin de rénovations. Preuve à l’appui : M. Rousseau s’est présenté tout juste avant le conseil municipal avec, en mains, une volute en plâtre (élément architectural) de la maison centenaire qu’il a trouvée par terre. «Je demande à M. Labeaume de passer à l’acte. La maison a été identifiée à maintes reprises», rappelle le représentant de Démocratie Québec (DQ) dans Cap-aux-Diamants, district où se situe la résidence en décrépitude. Dès 2008, l’ex-chef de DQ, Anne Guérette, se «battait pour la préserver», rappelle-t-il. En 2013, Équipe Labeaume avait fait la promesse d’intervenir. Enfin, la Ville a obtenu de nouveaux pouvoirs du gouvernement du Québec qui lui permet de faire des expropriations avec l’adoption de la loi 155. La Ville a d’ailleurs testé cette loi en cours d’année avec l’expropriation d’un immeuble à logements jugé insalubre de Vanier. «Nous avons la loi et nous attendons encore», regrette M. Rousseau. La maison Pollack est une résidence patrimoniale centenaire située au 1, Grande Allée Est, qui a un urgent besoin de rénovations. Au fil des ans, la Ville a émis pour plus de 15 000 $ en constats d’infraction en raison du piteux état du bâtiment. Le Soleil révélait en 2017 qu’un processus d’expropriation devait être enclenché contre le promoteur montréalais Stevens Coulombe. La Ville n’a jamais concrétisé la menace. Selon la Ville, les projets du promoteur altéreraient de façon trop importante l’allure de la maison, évaluée à 1,2 million $.