Malgré une nouvelle offre de la Ville de L'Ancienne-Lorette, c'est la Fabrique de la paroisse Notre-Dame-de-L'Annonciation qui décidera si le presbytère sera conservé ou non, et l'échéance d'une décision a été fixée en avril.

Le presbytère de L'Ancienne-Lorette pourrait être conservé

La Ville de L'Ancienne-Lorette a fait une nouvelle offre à la paroisse Notre-Dame-de-L'Annonciation, permettant de conserver le presbytère «à l'italienne» de 1893, qui était menacé de démolition par un projet de construction de centre communautaire.
«On a reçu beaucoup de courriels pour s'apercevoir que les gens tiennent à leur presbytère, qu'ils soient pratiquants ou pas. Ça m'a amené à me creuser les méninges», avoue le maire Émile Loranger, qui a déposé mardi une nouvelle proposition pour la construction du centre communautaire souhaité par son administration.
Cette proposition permet de garder la vocation actuelle du stationnement, qui dessert les usagers de la bibliothèque adjacente, et surtout, de conserver le presbytère. Le maire ne veut pas souffler mot de l'offre, préférant attendre la décision du diocèse de l'accepter ou de la rejeter.
Initialement, la Ville voulait installer son centre communautaire sur le stationnement entre la bibliothèque municipale et l'église, rue Notre-Dame. Ce stationnement, propriété de la Fabrique, est entretenu par la municipalité depuis 25 ans. L'administration Loranger proposait d'en devenir propriétaire ainsi que des terrains autour de l'église, exception faite du cimetière. La valeur de l'ensemble frôle 5 millions $ au rôle d'évaluation. 
Il n'y aurait pas eu d'échange d'argent dans cette transaction, mais le presbytère aurait été démoli aux frais de la Ville de L'Ancienne-Lorette pour être relocalisé sans frais ni loyer dans le futur bâtiment. Un autre stationnement aurait été aménagé sur le site du presbytère. 
À coût nul
Pour M. Loranger, l'offre faite mardi a l'avantage d'être à coût nul pour la Ville. «Notre objectif est de récupérer le stationnement et nous ne voulions pas intégrer le presbytère à notre projet parce que le bâtiment demande beaucoup trop d'investissements pour les besoins de la Ville. C'est hors de prix. Ça n'a pas de bon sens», lance-t-il.
La balle est maintenant dans le camp de la Fabrique. «Je suis confiant que ça sera bien accueilli», soutient M. Loranger. En janvier, le maire faisait valoir que la construction d'un nouveau centre communautaire est incontournable en raison de la désuétude de l'ancien hôtel de ville, où logent actuellement de nombreux organismes communautaires. 
L'échéance d'une décision a été fixée en avril. Une seconde option est de démolir l'édifice actuel pour mieux le reconstruire, à côté du nouvel hôtel de ville. Un budget de 4 millions $ est réservé. Le maire souhaite que la construction commence l'an prochain.
Le curé Pierre Castonguay s'est dit heureux de la nouvelle proposition de la Ville, sans vouloir en dévoiler les détails. Pour lui, l'important est de travailler à un projet ayant comme base la conservation du presbytère. Il rappelle que les marguilliers doivent approuver l'entente. Ultimement, le diocèse devra donner son accord.
Il faudra aussi trouver les 300 000 $ à 400 000 $ estimés en rénovation pour remettre le bâtiment en bon état. Le mystère plane toujours sur sa future vocation. Pour l'instant, un prêtre habite toujours la résidence, aussi occupé par les bureaux administratifs de la Fabrique. Bien que le presbytère, l'église et le cimetière sont inventoriés par le ministère québécois de la Culture, ni l'un ni l'autre n'est cité «immeuble patrimonial». L'aval du ministère de la Culture n'est donc pas nécessaire.