Le président-directeur général de l’Administration portuaire de Québec, Mario Girard, et le directeur général du Cégep Limoilou, Louis Grou, ont développé ensemble ce nouveau projet de partenariat «gagnant-gagnant».

Le Port de Québec et le Cégep Limoilou partageront idées et étudiants

Le Port de Québec et le Cégep Limoilou ont dévoilé mardi un partenariat stratégique qui permettra aux étudiants d’avoir un accès privilégié aux installations portuaires pour mener des expériences et faire des stages. Plus concrètement, ils travailleront dès l’automne sur un prototype de fondeuse à neige électrique pour faciliter l’entretien hivernal des quais.

En conférence de presse, mardi, le président-directeur général de l’Administration portuaire de Québec (APQ) a parlé d’un partenariat «gagnant-gagnant» pour les deux organisations. «D’un côté, un environnement concret pour les étudiants qui interpelle plusieurs domaines de formation et, de l’autre, des étudiants qui vont venir nous rendre service aussi, qui mettront leur créativité au service du Port», a détaillé Mario Girard.

Louis Grou, directeur général du Cégep Limoilou, a pour sa part fait ressortir le besoin de «sens» des cégépiens. «Ils viennent travailler sur des choses beaucoup plus concrètes que ce qu’ils sont capables de faire à l’intérieur du collège», a-t-il souligné. Déjà, des étudiants en Technologie de la géomatique ont effectué des relevés sur les bornes géodésiques des terrains portuaires. 

Les programmes de génie (mécanique, électronique, civil, industriel), de mécanique du bâtiment, d’animation 3D, de tourisme et de sciences de la nature seront également mis à contribution. 

Le Port et les entreprises utilisatrices offriront des stages rémunérés aux participants à la formule alternance travail-études (ATE). 

L’APQ soumettra également à la réflexion des professeurs et des étudiants des défis d’innovation qui lui sont propres. Le premier concerne le déneigement. Actuellement, le Port pousse la neige sur ses quais, mais perd ainsi de l’espace précieux. Pour la sortir du site, il faudrait 3000 camions avec ce que cela suppose de trafic et de pollution. «Ça ne va pas avec l’orientation en développement durable du Port de Québec», affirme le grand patron. 

L’idée serait de concevoir une fondeuse à neige fonctionnant à l’électricité plutôt qu’au diesel pour transformer la matière première en eau, puis en disposer proprement. 

Bonnes intentions

Alors que plusieurs citoyens de Limoilou sont engagés dans un recours collectif contre le Port de Québec et critiquent son projet d’agrandissement dans la baie de Beauport, Mario Girard s’est défendu d’être engagé dans une opération de relations publiques. Selon lui, c’est plutôt le résultat d’un déclic entre deux dirigeants d’organisations bien intentionnés. 

«C’est une histoire d’individus. Ça a commencé comme ça. Il n’y a rien d’autre derrière ça. On s’est parlé une première fois et on a trouvé qu’il y avait des belles pistes de solutions qu’on a développées ensemble», a-t-il dit. 

M. Girard a donné l’exemple d’autres ports dans le monde qui collaborent avec des institutions d’enseignement. Il a aussi précisé que des discussions avaient cours avec l’Université Laval pour un partenariat équivalent. 

Le dg du Cégep Limoilou a pour sa part assuré qu’il ne se prononcerait pas sur l’agrandissement du Port et vanté la qualité de vie dans Limoilou, quartier qu’il habite. «Nous, l’intérêt, c’est vraiment de mettre à contribution la créativité et l’engagement des étudiants. Ça donne un sens à leur formation et ce sont eux qui vont vivre avec les conséquences des différents projets urbains qui vont se faire», a-t-il déclaré.