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Le projet Laurentia
Le projet Laurentia

Le port bonifie son projet Laurentia pour le faire accepter

Jean-François Néron
Jean-François Néron
Le Soleil
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Le Port de Québec ajoute une quarantaine de mesures d’atténuation pendant la phase de construction et d’exploitation de son controversé projet de terminal de conteneurs pour revenir dans les «bonnes grâces» de l’Agence d’évaluation d’impact du Canada (AEIC). À l’automne, l’organisme fédéral en avait sévèrement critiqué les «effets environnementaux négatifs importants».

Hugues Paris, directeur principal de Laurentia, projet estimé à 775 millions $, a dévoilé mardi les grandes lignes des nouvelles mesures de mitigation contenues dans les documents finaux envoyés à l’AEIC. En décembre, après avoir subi les foudres de l’agence dans un rapport préliminaire dévastateur, l’administration portuaire avait demandé un délai pour compléter son dossier. C’est maintenant chose faite.

Principalement, on y apprend que les mesures d’atténuation se feront sentir pendant la phase de construction comme celle d’exploitation. Elles touchent la qualité de l’air, la protection de l’écosystème marin, la circulation routière et ferroviaire et la protection de l’aire récréotouristique de la baie de Beauport. Ce sont les enjeux majeurs qui ressortent des consultations citoyennes faites au fil des derniers mois, explique M. Paris. 

Pendant la phase de construction, le directeur principal ajoute que le port exigera que les soumissionnaires utilisent en grande partie de l’équipement lourd muni de moteurs qui émettent moins de contaminants et de particules et de l’équipement hybride. Arrosage du chantier et épandage d’abat-poussière sont aussi au programme.

Le port s’engage même à diffuser en temps réel sur le web la concentration des émissions émises.

Le trafic terrestre par train comme par camion inquiète énormément les citoyens des quartiers limitrophes du port. 

Au chapitre du trafic ferroviaire qui accapare 90 % de l’ensemble des marchandises transportées, M. Paris précise que «toutes les locomotives qui serviront à transporter les conteneurs entre le nouveau terminal et la cour de triage de Beauport seront d’un type moins polluant, ce qui permettra de diminuer significativement les émissions atmosphériques.

Le CN a aussi confirmé qu’un pourcentage significatif de locomotives intermodales en opération et qui circulent déjà au Québec sont de ce type». 

Il affirme également que le CN, le port et d’autres partenaires travaillent à mettre en place un premier service de trains électriques au Canada. La circulation par rail sera la même qu’actuellement, mais avec plus de wagons chaque fois.

Un travail similaire est en cours pour électrifier une partie de la flotte de camions. À plein régime, en 2036, le terminal de conteneurs générera 180 mouvements de camions par jour. C’est 7 % de tout le transport estimé dans le secteur. Le port souhaite aménager une voie de contournement pour éviter les quartiers centraux et rejoindre directement l’autoroute.

L’ensemble des mesures annoncées donne confiance au port de faire du terminal un projet carboneutre dans ses phases de réalisation et d’exploitation, avance M. Paris. 

«On ne peut présumer de la lecture que l’agence fera de ces mesures, mais on espère que ça va favoriser les conclusions. Il y a 30 experts qui y ont travaillé au cours des derniers mois. C’est une démarche très sérieuse», a conclu le directeur principal.

L’ensemble des nouvelles mesures sont disponibles à l’adresse https://www.portquebec.ca/.