Relaxer dans une cabane flottante sur la rivière Cap-Rouge? C'est la proposition de White Arkitekter, de Norvège.

Le plein d'idées pour les rivières

Passerelles de bois ou de béton, cabanes flottantes, sculptures géantes en forme d'orignal, culture de moules d'eau douce, marché public autochtone... Le concours international Rêvons nos rivières a permis à la Ville de Québec de faire le plein d'idées pour aménager et mettre en valeur les rivières qui sillonnent son territoire. Un plan reste à rédiger et à financer.
Engagée dans un marathon d'annonces avant le déclenchement officiel de la campagne électorale, l'administration Labeaume a dévoilé mardi les noms des lauréats du concours international d'idées lancé au mois de mai.
La proposition préférée du jury de Rêvons nos rivières est celle de l'équipe américaine Cadaster, de Brooklyn, qui remporte le premier prix de 100 000 $. «C'est très branché, très ancré sur l'histoire de la ville de Québec. Ces gens-là se sont basés sur les lots seigneuriaux qui étaient à l'origine du lotissement dans la Nouvelle-France», a rapporté Julie Lemieux, vice-présidente du comité exécutif responsable de l'aménagement du territoire. 
«Ils sont repartis de ce concept-là pour suggérer qu'on recrée des lots en long qu'on pourrait aménager avec de l'agriculture urbaine, vélo, promenade... Chacun de ces lots-là mènerait à une rivière, à un cours d'eau. Ça permettrait de rebrancher les quartiers sur la rivière.»
Les idées de cette firme ont aussi le mérite de pouvoir être réalisées «petit à petit et dès demain», a souligné Mme Lemieux. 
White Arkitekter, de Norvège, a mis la main sur le deuxième prix de 60 000 $. Son sens du marketing a été remarqué, l'équipe proposant de créer le «parc national urbain des quatre rivières» (Cap-Rouge, Saint-Charles, Beauport et Montmorency).
L'équipe gagnante Cadaster propose de renaturaliser les berges de la rivière Beauport dans le secteur de l'autoroute Félix-Leclerc, qui serait transformée en boulevard urbain.
Le gagnant du deuxième prix, White Arkitekter, propose de faire la culture de moules d'eau douce dans la rivière Saint-Charles. Les mollusques serviraient d'abord à filtrer l'eau, puis pourraient éventuellement être consommés à mesure que la qualité de l'eau s'améliore.
Un groupe de Glendale, aux États-Unis, dirigé par le Coréen Joo Hyung Oh, reçoit le troisième prix et ses 40 000 $ pour sa proposition audacieuse et à la facture originale. Parmi les idées soumises, on trouve un pont en arches, un monorail, des sentiers flottants, un toit vert pour l'autoroute Montmorency... Mme Lemieux y puise de l'inspiration pour «le long terme». 
Le maire Régis Labeaume a insisté pour dire que le concours d'idées, une première qui a coûté 352 000 $ à organiser, a permis à la Ville d'économiser puisqu'elle peut désormais puiser dans les 21 propositions qui lui ont été faites. «Si on avait fait appel à des firmes privées pour se dessiner un plan directeur des rivières, on aurait payé pas mal plus cher que ça», a renchéri Julie Lemieux.
Dans le secteur du parc Chauveau, l'américaine Cadaster suggère des aménagements minimaux qui font ressortir la beauté naturelle de la rivière Saint-Charles.
Un plan combinant les meilleures idées sera rédigé dans les prochains mois par les fonctionnaires sous la supervision probable de Ken Greenberg, membre du jury et designer urbain qui a déjà accompagné Québec pour la relance du quartier Saint-Roch. 
Le maire sortant n'a pas révélé combien il était prêt à investir dans ce projet qui va dans le sens de sa promesse d'améliorer la qualité de vie à Québec et n'a pas soumis d'échéancier. Il s'est toutefois dit confiant d'obtenir l'adhésion des citoyens. «Il y a suffisamment d'idées-là pour marquer la ville pour les prochaines décennies. S'il y a des sceptiques quant à la volonté de la population de voir ce genre de projet-là réalisé, je vous ramène à [la promenade] Samuel-de-Champlain. Moi je n'ai jamais vu en 10 ans de projet adopté aussi rapidement», a-t-il insisté.