Le projet Le Phare a été mis sur la glace la semaine dernière. 

Le Phare: Dallaire résigné à attendre

Le promoteur Michel Dallaire est résigné à ne pas voir son projet Le Phare commencer avant l'an prochain. Plus encore, même les consultations publiques sur le méga complexe immobilier de Sainte-Foy ne seront pas lancées cette année.
«Je le sentais venir un peu», a réagi le président de Groupe Dallaire, Michel Dallaire en entrevue au Soleil vendredi. Quelques heures plus tôt, le maire de Québec Régis Labeaume a révélé que les consultations pour Le Phare ne seront pas avant l'an prochain.
«On n'est pas prêts, a tranché le maire en mêlée de presse. Actuellement, je ne me sens pas prêt à présenter le projet à la population.»
Même s'il souhaite toujours que le projet sur lequel il planche depuis plus de cinq ans se réalise «le plus tôt possible», Michel Dallaire a pris ce nouveau report avec philosophie.
«La Ville m'a informé qu'elle avait besoin de plus de temps pour compléter leur analyse pour tout ce qui touche la circulation et le trafic. Ça va être retardé. C'est correct», a-t-il dit. «C'est sûr qu'on ne construit pas un bungalow sur le coin d'une rue, a illustré M. Dallaire. Dans ces grands projets, il faut prendre le temps de bien faire les choses.»
Le Phare, prévu sur le boulevard Laurier, sera construit en diverses phases échelonnées sur une dizaine d'années. Il comptera plusieurs bâtiments à vocation résidentielle, hôtelière et commerciale, dont une tour de 65 étages. Le complexe évalué à 650 millions $ a fait couler beaucoup d'encre depuis sa première présentation en février 2015. 
Prévisions sur 20 ans
Vendredi, le Régis Labeaume a assuré que le concept, la vocation et l'architecture du projet n'étaient pas en cause. Ce qui chicote est l'impact du complexe sur la fluidité de la circulation dans le secteur, un aspect au coeur des interrogations et d'inquiétudes de plusieurs. Et les solutions actuellement sur la table ne sont tout simplement pas à point aux yeux de Régis Labeaume. «Je ne suis pas sûr de la solution. Quand on sera sûrs de la solution, on sortira», a-t-il tranché.
Vendredi, le maire de Québec a dit en substance qu'il préfère reporter la consultation publique, et ultimement la construction, plutôt que de précipiter un plan de transport qui ne tiendrait pas la route.
«Il faut qu'on soit sûrs qu'une fois tout construit, ça circule bien dans le secteur. Il faut tout prévoir, car les gestes qu'on pose, il faut qu'on les pose pour 20 ans à venir.»
L'abandon du projet de Service rapide par bus (SRB) Québec-Lévis, prévu initialement pour circuler devant Le Phare n'a pas «nécessairement» eu d'impact sur la décision de reporter, a assuré le maire. M. Labeaume est demeuré volontairement vague. 
«Le SRB est derrière nous. Je ne peux pas aller plus loin. Laissez-nous travailler, mais ce n'est pas le SRB», a tranché M. Labeaume. Sur ce point, Michel Dallaire a rappelé en entrevue que le projet Le Phare n'a pas été conçu en fonction du SRB. «Quand j'ai commencé ce projet-là, la Ville nous demandait de faire un projet iconique à l'entrée de la Ville. On ne parlait pas du SRB à ce moment-là. Mon projet n'est pas basé sur le SRB.»
En avril, Michel Dallaire avait déjà confié au Soleil craindre que les consultations n'aient effectivement pas lieu avant l'échéance électorale et que son projet soit retard par le scrutin municipal du 5 novembre.
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«Électoraliste», dit Guérette
La chef de l'opposition Anne Guérette a qualifié vendredi ce report des consultations publiques sur Le Phare de décision «électoraliste». «C'est clair que pour lui, à l'aube de la campagne électorale, se lancer là-dedans est dangereux politiquement», a-t-elle affirmé à propos du projet qui s'est souvent attiré les critiques par sa taille colossale et son éventuel impact sur la circulation. Mme Guérette estime que le projet «ne respecte aucunement les débats qui ont été faits» lors des consultations sur le programme particulier d'urbanisme (PPU) du Plateau centre de Sainte-Foy. Conscient d'une opposition citoyenne, le maire veut «éviter» le dossier avant les élections du 5 novembre, soutient-elle. «Il préfère mettre la poussière sous le tapis dans l'espoir de ressurgir plus tard pour mieux l'enfoncer dans la gorge des citoyens qui ont des revendications», a conclu la chef de Démocratie Québec.