L'hebdomadaire Le Peuple Lévis employait une dizaine de travailleurs.

Le Peuple Lévis ne publiera plus

Transcontinental parvient à trouver un acheteur pour l'hebdomadaire Le Peuple Lotbinière. Il mord cependant la poussière dans le cas du Peuple Lévis qui ferme ses portes sans délai après avoir fait partie du décor médiatique lévisien depuis 80 ans.
Neuf personnes perdent leur gagne-pain. Elles ont appris la mauvaise nouvelle, mardi matin, à leur arrivée au journal. 
Elles ont aussitôt été avisées de ramasser leurs effets personnels et de remettre leur carte d'accès.
La Fédération nationale des communications (FNC-CSN), qui représente les journalistes et les vendeurs, n'hésite pas à parler d'une «fermeture sauvage, signée Transcontinental».
Sous le couvert de l'anonymat, des employés ont mentionné au Soleil que la nouvelle était peu surprenante.
«Nous savions que le journal était à vendre. De toute évidence, notre propriétaire n'a pas réussi à trouver preneur.»
En avril dernier, TC Media, le secteur des médias de Transcontinental, mettait en place un processus visant la vente de ses journaux locaux et régionaux au Québec et en Ontario. Une opération touchant pas moins de 93 publications, dont Le Peuple Lévis et Le Peuple, dans la région de la Chaudière-Appalaches.
L'acquéreur du Peuple Lotbinière est le propriétaire du Journal de Lévis, une coopérative de solidarité et... compétiteur direct du Peuple Lévis!
La direction de Meliormédia n'a pas voulu commenter, mardi, la transaction annoncée plus tôt dans la journée par TC Media.
Selon la directrice principale des communications d'entreprise de TC Media, Katherine Chartrand, Le Peuple Lévis et Le Peuple Lotbinière se trouvaient dans le même portefeuille de vente. 
De l'intérêt d'acheteurs potentiels, il y en avait pour le deuxième. Pas pour le premier qui n'était plus rentable pour TC Media.
«Nous avons donc décidé de fermer Le Peuple Lévis parce que nous n'avons pas de preneur», explique Mme Chartrand. «Ce n'est jamais une décision facile à prendre de fermer un journal. Les employés du Peuple Lévis seront traités avec équité et respect.»
Les trois employés du Peuple Lotbinière intègrent les rangs de Meliormedia.
Non à une coop
«Mes collègues et moi tentons de comprendre et d'encaisser le coup», commente la présidente du Syndicat des travailleuses et des travailleurs des Publications Le Peuple, Caroline Cliche, se disant «sous le choc.»
En collaboration avec la firme MCE Conseils, une société spécialisée en entrepreneuriat collectif, le syndicat souhaitait mettre sur pied une coopérative qui aurait assuré la pérennité de la publication et le maintien des emplois.
«Mais Transcontinental a refusé catégoriquement de discuter la faisabilité du projet», révèle Caroline Cliche. «Cela témoigne d'un profond mépris de l'employeur pour les professionnels de l'information, pour les spécialistes des ventes et pour l'information régionale de façon générale.»
TC Media n'a pas voulu s'avancer sur les affirmations syndicales.
«Nous ne commentons pas les discussions que nous avons avec des acheteurs potentiels», réplique Katherine Chartrand. «Ce que je peux vous dire c'est que nous avons une volonté de vendre à des acquéreurs qui ont un plan d'affaires solide et que nous avons des critères de sélection très rigoureux».
Pour le secrétaire général-trésorier de la FNC-CSN, Pierre Roger, «la succession de fermetures et de compressions majeures dans la presse écrite partout au Québec sont autant de drames qui menacent la liberté de presse et la qualité de l'information en région.»
Fondé en 1937, Le Peuple s'appelait, à l'origine, Le Canadien. Dans les années 1940, il allait devenir l'organe officiel du Parti libéral du Québec. Avant d'aboutir dans la famille Transcontinental, l'hebdo a notammant appartenu à Jean-Paul Cloutier puis à Quebecor.
La dernière Une du <i>Peuple Lévis</i>
Des publications à vendre à Québec
Des 93 publications locales et régionales mises en vente, le printemps dernier, par TC Media, 75 sont encore sur le marché.
«Nous sommes en discussion avec plusieurs acheteurs potentiels dans différentes régions et nous sommes très satisfaits de la réponse des acteurs locaux en vue de la reprise en main des publications», indique Katherine Chartrand, directrice principale des communications d'entreprise chez TC Media.
Dans la région de Québec, huit publications de TC Media, ainsi que le site Web Québec Hebdo, sont à vendre.
Il y a L'Actuel, L'Appel, L'Autre Voix, le Beauport Express, le Charlesbourg Express, Le Québec Express, Le Jacques-Cartier et le Journal de l'Habitation.
L'entreprise médiatique n'a pas établi d'échéancier en ce qui a trait à la vente de ses journaux locaux et régionaux.
En Gaspésie, TC Média a cédé, en juin dernier, La Pharillon, L'Écho de la Baie et Le Havre à Radio du Rocher Percé.
La semaine dernière, TC Media vendait à l'une de ses anciennes dirigeantes, Julie Voyer, six de ses publications en Montérégie.