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On n’a toujours pas trouvé une vocation qui garantira la pérennité du monastère des Ursulines-de-Québec.
On n’a toujours pas trouvé une vocation qui garantira la pérennité du monastère des Ursulines-de-Québec.

Le monastère des Ursulines toujours à la recherche d'une vocation

Baptiste Ricard-Châtelain
Baptiste Ricard-Châtelain
Le Soleil
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Difficile de donner une nouvelle vie aux bâtiments religieux patrimoniaux. Dans le Vieux-Québec, par exemple, après 10 ans de remue-méninges et au moins 2 millions $ de fonds publics investis, on n’a toujours pas trouvé une vocation qui garantira la pérennité du monastère des Ursulines-de-Québec.

Il faut dire que le défi est grand. Le complexe immobilier, habité depuis 1642, compte 17 ailes, rappelle au Soleil la supérieure générale de la congrégation, Cécile Dionne. La propriété «totalise une surface de 21 371 mètres carrés», soit un peu plus de 230 000 pieds carrés. Au cœur du quartier classé patrimoine mondial de l’UNESCO.

Voilà 2 ans que la cinquantaine de religieuses toujours actives ont définitivement quitté leur demeure de plus de 375 ans. Mais elles avaient entrepris dès 2010 la quête d’une destinée modernisée pour les vieilles pierres.

«Depuis 10 ans, nous avons travaillé beaucoup», assure Mme Dionne. «Mais nous n’avons jamais trouvé le projet qui s’insère bien là. […] Il n’y a aucun projet qui a connu une issue satisfaite.»

Donc : «En ce qui concerne l’avenir du monastère, actuellement nous n’avons aucun projet en marche qui pourrait justifier qu’on fasse une annonce. […] Je pense que ça va prendre encore quelques années!»

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DÉJÀ DES OCCUPANTS

L’ensemble conventuel n’est toutefois pas entièrement vide. «Nous avons toujours l’école qui est très vivante», observe la religieuse. «Il y a plus de 500 élèves.»

Une des trois installations du CPE Les Petits Murmures loge également rue du Parloir depuis 2017. Quelque 80 bambins y sont accueillis.

Mais c’est loin d’être suffisant pour remplir le monastère. Ni pour payer les factures imposantes.

Plus rémunérateur est le contrat de location signé avec la Ville de Québec. Afin de soutenir l’institution patrimoniale, l’administration municipale a investi pour établir une trentaine d’employés du Service de la culture, du patrimoine et des relations internationales chez les religieuses, nous remémore le porte-parole David O’Brien. De 2015 à 2017, la mairie a dépensé 775 620,36 $ taxes incluses pour l’aménagement des locaux sur quatre niveaux : nouvel escalier; salles de bain; travaux d’architecture, de structure et de mécanique-électricité; télécommunications.

Puis, en septembre 2017, un bail de 10 ans est entré en vigueur. Loyer annuel : 220 000 $.

Le monastère coûte cependant plus cher que cela.

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BEAUCOUP DE FRAIS

On n’a toujours pas trouvé une vocation qui garantira la pérennité du monastère des Ursulines-de-Québec.

Il y a d’autres «résidents» au monastère des Ursulines-de-Québec. «Les 2/3 sont occupés en ce moment», fait d’ailleurs remarquer la supérieure générale, Cécile Dionne.

Un musée, des entrepôts, des archives accaparent bien des mètres carrés. «Il y a une bonne superficie qui est consacrée à la conservation des tableaux des œuvres d’art et des archives.»

«C’est incroyable ce que nous avons dans les réserves», ajoute-t-elle. «Ce sont des biens que nous avons depuis les débuts de la colonie.»

Depuis près de 4 ans, un organisme a été mandaté pour gérer le trésor des religieuses : le Pôle culturel du monastère des Ursulines. «Très vivant, dynamique», dixit Mme Dionne, il a offre jusqu’à des concerts virtuels.

On s’entend cependant que les revenus additionnés jusqu’ici dans l’article ne permettent pas de rembourser les débours.

«Il y a 17 ailes dans ce bâtiment», insiste la supérieure. «C’est quelque chose.»

Les murs anciens ont été entretenus. «Le bâtiment a un carnet de santé très exemplaire.» Mais les travaux annuels de base et le chauffage accaparent des budgets imposants. «Il faut penser qu’il faut investir chaque année des sommes importantes pour l’entretien.»

Comme le souligne Cécile Dionne : quand une aile est terminée, il en reste 16!

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FONDS PUBLICS

Jusqu’à maintenant, la communauté religieuse — l’Union canadienne des Moniales de l’Ordre de Sainte-Ursule — ramasse une part des factures. 

Les gouvernements locaux et nationaux financent aussi une part afin d’aider les Ursulines à trouver la vocation future du monastère du Vieux-Québec. De 2010 à 2018, la Ville et le ministère de la Culture ont versé 700 000 $. Les partenaires viennent de promettre 200 000 $ de plus.

Les fonds servent à payer des experts. David O’Brien, de la Ville, énumère les «actions» subventionnées. «Honoraires professionnels : pour le développement du concept de mise en valeur; pour l’évaluation des biens de la communauté (archives, œuvres d’art et collection ethnologique); pour la coordination du projet de mise en valeur du monastère; pour des consultants en gestion du patrimoine (recherche historique et muséologie); en architecture (mise aux normes); et d’autres actions».

«Tout ce genre de travail qu’on doit faire pour pouvoir maintenir ce monument», mentionne Cécile Dionne.

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2500 MÈTRES CARRÉS À LOUER

Le salut du monastère des Ursulines-de-Québec passe par la location d’une partie des anciens appartements des religieuses à une organisation vigoureuse financièrement. Il faudra dénicher un locataire en mesure de s’intégrer… et de payer le prix du marché. «Ce n’est pas évident», convient Mme Dionne. «Ça va prendre un locataire qui va être capable d’assumer les dépenses de cet immense bâtiment.»

Avis aux intéressés : l’espace locatif disponible fait plus ou moins 2500 mètres carrés, près de 27 000 pieds carrés.   

La supérieure générale explique que tous les espaces vacants du monastère ne sont pas à louer, que «les lieux qui sont très marquants» devraient demeurer accessibles au grand public. Les religieuses rêvent d’un «milieu de vie, de rencontre». Elles n’accepteront pas n’importe qui dans leurs murs. Ce qui explique en partie pourquoi la recherche dure depuis une décennie.

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UN PEU D’HISTOIRE

Bien entendu, le monastère des Ursulines-de-Québec est inscrit au Registre du patrimoine culturel du Québec. Marie de l’Incarnation et ses deux compagnes, fondatrices, sont arrivées au Québec en 1639. La communauté a logé dans le Vieux-Québec de 1642 à 2018.

La Ville de Québec consacre une section de son site Web à l’histoire de la communauté religieuse. «Le terrain possède un fort potentiel archéologique, il comprend des jardins, des arbres matures et un petit cimetière.» C’est ici

Il s'agit d'une carte postale représentant le Monastère des Ursulines. On y voit la ville de Québec en arrière-plan entre 1900 et 1920.